La question de la rétention administrative des personnes étrangères est un sujet de grande importance dans le paysage juridique italien, qui croise le droit administratif, la sécurité publique et les droits fondamentaux de l'individu. Dans ce contexte, le récent Arrêt n° 23934, déposé le 26 juin 2025 par la Cour de Cassation (Président D. M. G., Rapporteur T. G.), apporte des éclaircissements importants concernant la charge de la preuve en cas de contestation de la légalité d'une mesure de prolongation de rétention.
La rétention administrative des étrangers est une mesure restrictive de la liberté personnelle, prévue par l'ordonnancement italien à des fins spécifiques, telles que l'identification ou l'expulsion, et régie principalement par le Décret Législatif du 25 juillet 1998, n° 286 (Texte Unique sur l'Immigration), en particulier par l'article 14. Cette mesure a fait l'objet de récentes modifications législatives, notamment avec le Décret-Loi du 11 octobre 2024, n° 145, converti avec modifications par la Loi du 9 décembre 2024, n° 187. L'exécution de ces mesures, y compris leur prolongation, relève de la compétence des Questures, souvent par l'intermédiaire de fonctionnaires délégués.
La décision de la Cassation découle d'une affaire dans laquelle le défenseur d'un sujet retenu, R. P.M. C. F., avait soulevé l'illégitimité de la mesure de prolongation de rétention en raison de l'absence de délégation en faveur du fonctionnaire (un substitut commissaire) qui avait signé la demande de prolongation, différent du Questore. Le Juge de Paix de Trapani, le 30 mai 2025, avait omis de se prononcer sur cette exception, ce qui a conduit à l'annulation avec renvoi de la décision par la Cassation. La question centrale portait donc sur qui devait prouver l'existence ou l'absence de cette délégation, se configurant comme la preuve d'un soi-disant « fait négatif ».
En matière de rétention administrative des personnes étrangères dans le régime procédural consécutif au d.l. 11 octobre 2024, n° 145, converti, avec modifications, par la loi 9 décembre 2024, n° 187, le sujet retenu qui allègue l'illégitimité de la mesure de prolongation ex art. 14, alinéa 5, d.lgs. 25 juillet 1998, n° 286, pour insussistance de la délégation en faveur du fonctionnaire signataire différent du questore, a la charge de prouver ledit fait négatif, de sorte que, dans le cas où il ne parvient pas à obtenir l'attestation pertinente de la part de l'administration, il est tenu de toute façon de solliciter le juge pour acquérir des informations ou de se prévaloir des pouvoirs d'instruction auprès de ladite administration, laquelle ne peut se soustraire à la réponse correspondante. (Cas d'espèce relatif à l'annulation avec renvoi du décret de prolongation de rétention qui avait omis de se prononcer sur l'exception par laquelle le défenseur avait allégué l'absence dans les actes de la délégation questorile en faveur du substitut commissaire qui avait signé la demande de prolongation).
La maxime de l'arrêt clarifie un principe fondamental de la charge de la preuve, rappelé également par l'article 2697 du Code Civil, bien que dans un contexte administratif et avec de profondes implications pour la liberté personnelle, protégée par les articles 13 de la Constitution et 5 de la Convention Européenne des Droits de l'Homme. La Cassation établit qu'il appartient au sujet retenu, ou à son défenseur, de prouver l'absence de la délégation. Cependant, reconnaissant la difficulté de prouver un