Recalcul de la pension et déchéance triennale : la décision de la Cour de cassation dans l'ordonnance 27116/2025

Obtenir une pension est une étape fondamentale, mais que se passe-t-il si l'on s'aperçoit que le montant liquidé par l'organisme de prévoyance est incorrect ? La possibilité de demander un recalcul ou une reliquidation des sommes n'est pas exempte de limites temporelles. La Cour de cassation, avec l'ordonnance n° 27116 du 09/10/2025, s'est à nouveau prononcée sur un thème très délicat : l'applicabilité de la déchéance triennale aux demandes de recalcul des prestations de retraite déjà en cours. Il s'agit d'une décision cruciale pour des milliers de retraités qui entendent faire valoir leurs droits vis-à-vis de l'INPS.

Le contexte normatif et le litige entre V. et I.

L'affaire naît du recours présenté par V. (assisté par S. E.) contre I. (représenté par P. S.) concernant la reliquidation de prestations d'assistance. La Cour d'appel de Pérouse avait précédemment statué sur la question, mais la Cour de cassation a cassé et annulé l'arrêt avec renvoi. Le cœur du débat juridique réside dans l'application de l'article 47 du d.P.R. n° 639 de 1970, tel que modifié par le Décret-loi n° 98 de 2011. Cette norme introduit un délai de déchéance de trois ans pour engager l'action judiciaire visant à obtenir le recalcul des prestations de retraite déjà partiellement liquidées.

La maxime de la Cour suprême

Pour comprendre pleinement la portée de cette décision, il est utile d'analyser la maxime officielle exprimée par les juges :

La déchéance triennale prévue par l'art. 47 du d.P.R. n° 639 de 1970, tel que modifié par l'art. 38, alinéa 1, lettre d, du d.l. n° 98 de 2011 (converti avec modifications par la loi n° 111 de 2011), s'applique également à la reliquidation des prestations de retraite déjà en cours, avec effet à compter de la date d'entrée en vigueur du d.l. cité (6 juillet 2011).

La Cour de cassation a confirmé une orientation déjà tracée par le passé (voir l'arrêt conforme n° 11909 de 2021). Le principe cardinal est que la déchéance triennale ne s'applique pas seulement aux nouvelles pensions, mais aussi à celles déjà en cours au moment de l'entrée en vigueur de la réforme de 2011. Toutefois, pour protéger la confiance légitime des citoyens, le délai de trois ans pour les prestations déjà actives ne peut courir rétroactivement, mais commence à courir exactement à partir du 6 juillet 2011, date d'entrée en vigueur du décret-loi.

Les règles d'or pour éviter la déchéance

Pour les retraités et les professionnels du secteur, cet arrêt représente un avertissement fondamental. Pour ne pas perdre le droit d'obtenir les sommes dues au titre du recalcul, il convient de prêter attention à des échéances précises :

  • Vérification opportune : Il est essentiel de contrôler l'exactitude des calculs de la pension dès qu'elle est liquidée.
  • Délai de trois ans : À partir du rejet éventuel de la demande administrative de recalcul ou de l'expiration des délais pour la décision de celle-ci, le délai triennal pour déposer le recours au tribunal commence à courir.
  • Prestations antérieures : Pour les pensions déjà perçues avant 2011, le délai a commencé à courir à partir du 6 juillet 2011, rendant désormais largement prescrites les actions non entreprises en temps utile pour cette période.

Conclusions

L'ordonnance n° 27116/2025 de la Cour de cassation réaffirme l'importance de la sécurité juridique et de la stabilité des comptes publics, en posant une limite temporelle infranchissable aux prétentions des retraités. Si, d'un côté, cette interprétation stricte limite la possibilité d'agir après de nombreuses années, de l'autre, elle offre un cadre de règles clair. Quiconque estime recevoir une pension inférieure à ce qui lui est dû doit agir immédiatement, en consultant un avocat ou un organisme de conseil (patronato) pour éviter que l'écoulement du temps n'efface définitivement son droit au recalcul.

Cabinet d'Avocats Bianucci