Lorsqu'un animal domestique cause un dommage à des tiers, la question se pose naturellement de savoir qui doit effectivement indemniser la victime. On a souvent tendance à penser que la responsabilité incombe à celui qui, à ce moment précis, avait la garde physique de l'animal. Toutefois, la Cour de cassation, par l'importante ordonnance n° 28839 du 31 octobre 2025, a redéfini et clarifié les contours de la responsabilité civile prévue par l'article 2052 du Code civil italien, en mettant l'accent sur le concept d'« utilisation » plutôt que sur celui de simple « garde ».
L'affaire trouve son origine dans le recours présenté par G. (assisté par l'avocat V. F.) contre M., à la suite de dommages causés par un chien à un troupeau. Le chien était gardé à l'intérieur d'une villa par un employé du propriétaire, chargé de s'occuper de l'animal durant les fréquentes absences de ce dernier. La Cour d'appel de Florence avait déjà exclu la responsabilité de l'employé-gardien, faisant peser l'intégralité de l'indemnisation sur le propriétaire de l'animal. La Cour suprême a confirmé cette orientation, rejetant le recours et statuant sur un principe fondamental en matière de responsabilité civile.
La décision examinée s'attarde sur l'interprétation littérale et systématique de l'art. 2052 du Code civil. Selon la Cour de cassation, la responsabilité pour les dommages causés par des animaux ne repose pas sur le devoir de surveillance ou sur la garde de fait, mais sur le fait de tirer une utilité de l'animal lui-même. Voici la maxime officielle exprimée par les juges :
En matière de dommage causé par des animaux, le critère d'imputation de la responsabilité prévu par l'art. 2052 du Code civil ne se fonde pas sur la notion de garde (dont la pertinence est expressément exclue par la norme) mais sur celle d'utilisation, entendue comme exploitation économique ou fonctionnelle de l'animal pour en tirer une utilité propre, avec pour conséquence que du dommage répond, alternativement, le propriétaire ou le sujet qui se sert de l'animal pour satisfaire un intérêt propre.
Cela signifie que pour être exonéré de responsabilité, il ne suffit pas de démontrer avoir confié l'animal à un tiers (comme un dog-sitter ou un gardien de la propriété), si ce confiage a eu lieu dans l'intérêt exclusif du propriétaire. Le gardien, en effet, agit comme un simple exécutant des directives du propriétaire, sans tirer une utilité autonome (économique ou affective) de l'animal.
L'art. 2052 du Code civil prévoit une responsabilité alternative entre le propriétaire et celui qui se sert de l'animal. Pour comprendre quand ce transfert de responsabilité se réalise, il convient de vérifier qui est le sujet qui tire un bénéfice effectif de l'animal à ce moment précis. Par exemple :
L'ordonnance n° 28839/2025 de la Cour de cassation offre un guide clair pour la gestion des risques liés à la propriété des animaux. Quiconque possède un animal domestique doit être conscient que la responsabilité civile lui incombe même lorsqu'il délègue temporairement le soin de l'animal à des collaborateurs domestiques ou à des gardiens. Cette décision souligne l'importance de souscrire des polices d'assurance adéquates pour la responsabilité civile, afin de se protéger contre des événements imprévus et potentiellement très onéreux.