La déclaration de revenus n'est pas un acte de confession extrajudiciaire, mais une déclaration de science et de jugement. Par conséquent, elle doit pouvoir être rectifiée si le contribuable, en raison d'une erreur de fait ou de droit, a indiqué des éléments ne correspondant pas à la réalité, entraînant une charge fiscale supérieure à celle prévue par la loi. Toutefois, la correction de telles erreurs doit tenir compte de limites temporelles et procédurales précises. Sur ce sujet délicat, la Cour de cassation est intervenue avec l'ordonnance n° 28398 du 27/10/2025, offrant un cadre clair et synthétique des protections à la disposition du citoyen.
La décision examinée, rendue par la Section fiscale sous la présidence de C. R. et le rapport de F. M. M., traite du litige opposant la contribuable M. R. à l'Avocature générale de l'État. Les juges de légitimité ont réaffirmé la distinction fondamentale entre les deux types de déclaration rectificative, selon que l'erreur commise profite ou nuit au Trésor public. Si l'erreur a entraîné un moindre versement d'impôts (préjudice pour l'Administration publique), la déclaration peut être complétée dans les délais de prescription établis pour le contrôle fiscal. Au contraire, si l'erreur a pénalisé le contribuable, la voie de la rectification ordinaire avec compensation immédiate est plus restreinte, mais n'exclut pas d'autres moyens de recouvrement.
En cas d'erreurs ou d'omissions dans la déclaration de revenus, la déclaration rectificative peut être présentée au plus tard dans les délais prévus par l'art. 43 du d.P.R. n° 600 de 1973, si elle vise à éviter un préjudice pour l'Administration publique (art. 2, alinéa 8, du d.P.R. n° 322 de 1998), tandis que, si elle est destinée, conformément à l'alinéa 8-bis suivant, à corriger des erreurs ou omissions au détriment du contribuable, elle est soumise au délai de présentation de la déclaration pour la période d'imposition suivante, avec compensation du crédit éventuellement résultant, étant entendu que le contribuable peut demander le remboursement dans les quarante-huit mois suivant le versement et, en tout état de cause, s'opposer, dans le cadre d'un contentieux, à la prétention fiscale accrue de l'Administration financière.
Comme souligné dans la maxime citée ci-dessus, le contribuable ayant commis une erreur à son détriment ne perd pas le droit de récupérer les sommes versées en excédent si le délai de présentation de la déclaration rectificative relative à la période d'imposition suivante est expiré. La Cour suprême souligne la coexistence de trois voies de recours distinctes :
L'ordonnance n° 28398 de 2025 s'inscrit dans une parfaite continuité avec l'orientation exprimée par les Chambres réunies de la Cour de cassation (arrêt n° 13378 de 2016), réaffirmant le principe de capacité contributive consacré par l'article 53 de la Constitution. Le prélèvement fiscal doit toujours être juste et correspondre à la situation économique réelle du contribuable. La décision représente une garantie fondamentale pour les citoyens, confirmant que la rigueur des délais procéduraux ne peut jamais se traduire par un enrichissement injuste de l'État au détriment du contribuable de bonne foi.