Dans le panorama du droit fiscal italien, la frontière entre la possession d'un bien et la génération d'un revenu effectif fait souvent l'objet de contentieux complexes. Une question particulièrement sensible concerne le secteur des jeux et des divertissements, où la gestion des appareils de divertissement est soumise à des régimes fiscaux spécifiques. Récemment, la Cour de cassation est intervenue avec l'ordonnance n° 28909 du 02/11/2025 pour clarifier le rapport entre l'Impôt sur les Divertissements (ISI) et l'évaluation de revenus présumés non déclarés, renversant des interprétations qui pénalisaient excessivement le contribuable.
L'affaire analysée par la Cour suprême implique le contribuable P. R. contre l'Avocature Générale de l'État. Au cœur du litige se trouve la nature même de l'ISI, régie par le D.P.R. n° 640 de 1972. Cet impôt n'est pas calculé sur les recettes réelles générées par chaque partie ou utilisation, mais est déterminé de manière forfaitaire sur la base du type et du nombre d'appareils possédés par le titulaire. En d'autres termes, l'impôt est dû du simple fait que l'appareil est présent et potentiellement utilisable, indépendamment du fait que les clients l'utilisent effectivement.
Les juges de légitimité ont souligné que c'est précisément cette caractéristique qui fait de l'ISI un impôt « déconnecté » de la rentabilité réelle. Pour mieux comprendre la portée de cette décision, il convient d'analyser certains points clés :
L'aspect le plus pertinent de l'ordonnance concerne l'application de l'article 2729 du Code civil. L'Administration fiscale tente souvent de remonter à un « fait inconnu » (les revenus effectifs) en partant d'un « fait connu » (le paiement de l'impôt ISI). Toutefois, la Cour de cassation a clarifié que cet automatisme n'est pas juridiquement soutenable. Pour pouvoir parler de présomption légale, les indices doivent être graves, précis et concordants.
L'impôt sur les divertissements (ISI) est un impôt forfaitaire déterminé sur la base du nombre et du type d'appareils de divertissement possédés, qui fait abstraction de la rentabilité réelle de ces derniers, étant dû même en l'absence d'utilisation ou de recettes, avec pour conséquence que le versement relatif ne peut constituer en soi une présomption grave, précise et concordante de l'existence de revenus, au sens de l'art. 2729 du Code civil, faute de remplir l'exigence de corrélation directe entre le fait connu (le paiement de l'impôt) et le fait inconnu (la perception effective de revenus).
En commentant cette maxime, il apparaît clairement que la Cour souhaite protéger le contribuable contre des redressements basés sur de simples calculs théoriques qui ne tiennent pas compte de la réalité économique. Si l'impôt est dû indépendamment du gain, son paiement ne peut constituer la preuve qu'un gain a été réalisé.
L'ordonnance n° 28909/2025 représente un précédent important pour tous les opérateurs du secteur du jeu et du divertissement. Elle réaffirme le principe selon lequel la charge de la preuve incombant au Fisc ne peut être satisfaite par de simples automatismes lorsqu'il s'agit d'impôts forfaitaires. Pour les gestionnaires, cela signifie que l'Agence du Revenu (Agenzia delle Entrate) ne pourra plus exiger d'impôts supplémentaires sur les revenus en se basant exclusivement sur le nombre d'appareils installés et sur l'ISI versé, devant au contraire rechercher des preuves concrètes et directes de la richesse effectivement produite.