Actes de persécution et poursuites d'office : La clarté de la Cour de cassation dans l'arrêt 25761/2025

Le délit d'actes de persécution, communément appelé stalking, représente l'une des formes de violence les plus insidieuses et répandues, capable de miner profondément la sérénité et la liberté des victimes. Sa poursuite, c'est-à-dire la condition pour que l'État puisse poursuivre le responsable, est un sujet d'une importance fondamentale, souvent objet de débats et de clarifications jurisprudentielles. Dans ce contexte, le récent arrêt n° 25761 du 14 mai 2025 de la Cour de cassation (déposé le 14 juillet 2025) apporte une contribution significative, en définissant avec plus de précision les cas dans lesquels le délit de stalking peut être poursuivi d'office, même sans la plainte de la personne lésée.

La décision, présidée par le Dr G. De Amicis et rapportée par le Dr M. Ianniciello, a dû rejeter un recours, confirmant une décision du Tribunal de la liberté de Catanzaro. Au centre de la question, la position d'une prévenue, C. P.M. M. C., et l'interprétation de l'article 612-bis, quatrième alinéa, du Code pénal, qui prévoit la poursuite d'office pour les actes de persécution lorsqu'ils sont liés à un autre délit pour lequel il faut procéder d'office. Mais que signifie exactement "connexion" dans ce contexte ?

La nature de la poursuite : plainte ou d'office ?

Normalement, le délit d'actes de persécution (art. 612-bis c.p.) est poursuivable sur plainte de la personne lésée. Cela signifie que, sauf exceptions, l'action pénale ne peut être engagée que si la victime dépose une demande formelle auprès des autorités. Ce choix législatif répond à la volonté de respecter l'autonomie de la victime, lui permettant de décider d'entreprendre ou non un parcours judiciaire, souvent lourd et délicat.

Cependant, le même article 612-bis c.p. prévoit des exceptions à cette règle générale, parmi lesquelles se distingue la poursuite d'office lorsque le délit est commis à l'encontre d'un mineur, d'une personne handicapée, ou lorsqu'il est lié à un autre délit pour lequel il faut procéder d'office. Et c'est précisément sur cette dernière hypothèse que l'arrêt de la Cour de cassation offre d'importantes clarifications.

En matière d'actes de persécution, la connexion qui rend le délit poursuivable d'office, aux termes de l'art. 612-bis, quatrième alinéa, cod. pen., n'est pas seulement la connexion procédurale ex art. 12 cod. proc. pen., mais aussi la connexion matérielle, qui intervient lorsque l'enquête sur le délit poursuivable d'office implique nécessairement l'établissement de celui punissable sur plainte, en présence des conditions de lien probatoire visées à l'art. 371, alinéa 2, cod. proc. pen., pourvu que les enquêtes relatives au délit poursuivable d'office aient été effectivement engagées. (Cas dans lequel la Cour a estimé correctement établie la poursuite d'office du délit d'actes de persécution, lié à celui de mauvais traitements familiaux en raison de l'identité ontologique des conduites, perpétrées à l'encontre de la même personne lésée).

Cette maxime est le cœur de la décision et mérite une analyse attentive. La Cour distingue deux types de connexion : la "procédurale" et la "matérielle".

  • La **connexion procédurale** (régie par l'art. 12 c.p.p.) se produit lorsque, entre deux ou plusieurs délits, il existe un lien tel qu'il justifie leur traitement conjoint dans une seule procédure (par exemple, plusieurs personnes concourent au même délit, ou un délit est commis pour en exécuter ou en dissimuler un autre).
  • La **connexion matérielle**, en revanche, est plus subtile et se manifeste lorsque l'établissement d'un délit poursuivable d'office implique nécessairement l'enquête et la découverte d'un délit poursuissable sur plainte. Il ne s'agit pas d'une simple proximité temporelle ou contextuelle, mais d'un véritable lien probatoire, tel que celui prévu par l'art. 371, alinéa 2, c.p.p. pour les enquêtes du Procureur de la République. En d'autres termes, on ne peut enquêter sur un délit sans tomber sur l'autre.

Une exigence fondamentale est que les enquêtes pour le délit poursuissable d'office aient été "effectivement engagées". Cela évite que la simple possibilité théorique d'une connexion puisse contourner la nécessité de la plainte en l'absence d'un réel élan investigatif.

Le cas spécifique : Actes de persécution et mauvais traitements familiaux

L'arrêt en question fournit un exemple concret et particulièrement pertinent : la connexion entre le délit d'actes de persécution et celui de mauvais traitements familiaux (art. 572 c.p.). Ce dernier est un délit poursuissable d'office et s'entremêle souvent avec des conduites de stalking au sein de relations familiales ou affectives. La Cour de cassation a estimé "correctement établie la poursuite d'office du délit d'actes de persécution, lié à celui de mauvais traitements familiaux en raison de l'identité ontologique des conduites, perpétrées à l'encontre de la même personne lésée".

Ce passage est crucial. L'"identité ontologique des conduites" signifie que les actions qui constituent les actes de persécution sont intrinsèquement liées et, dans de nombreux cas, indiscernables de celles qui caractérisent les mauvais traitements. Pensons à un partenaire qui, après avoir abusé physiquement ou psychologiquement de son conjoint (mauvais traitements), continue de le persécuter par des appels, des messages ou des filatures (actes de persécution). Souvent, ces conduites sont l'expression d'un unique dessein criminel et visent à maintenir un contrôle sur la victime. La même personne lésée renforce encore ce lien, soulignant comment la victime subit une série continue d'agressions à sa liberté et à son intégrité, tant physique que psychologique.

La jurisprudence reconnaît depuis longtemps que dans ces contextes, la poursuite d'office est essentielle pour garantir une protection pleine et effective aux victimes, qui se trouvent souvent dans une condition de vulnérabilité telle qu'il est difficile ou impossible de déposer une plainte.

Conclusions

L'arrêt 25761/2025 de la Cour de cassation représente une pièce importante dans la mosaïque de la protection des victimes de violence. Il clarifie que la connexion entre les actes de persécution et d'autres délits poursuivables d'office n'est pas limitée à la seule connexion procédurale, mais s'étend à la connexion matérielle, basée sur un lien probatoire indissoluble. Cette orientation jurisprudentielle, en ligne avec des arrêts conformes (tels que les arrêts 55807/2017 et 32787/2014), renforce le filet de protection pour ceux qui subissent du stalking, en particulier lorsqu'il s'inscrit dans des contextes de violence domestique, où la poursuite d'office pour mauvais traitements devient le moteur pour poursuivre également les conduites de persécution. C'est un pas en avant significatif vers une justice plus sensible et réactive aux dynamiques complexes de la violence de genre et intrafamiliale, garantissant que l'absence de plainte ne devienne pas un obstacle insurmontable à l'établissement de la vérité et à la punition des coupables, au profit de la liberté et de la dignité de la personne lésée.

Cabinet d'Avocats Bianucci