Double Imposition Internationale et Prévalence des Conventions : L'Ordonnance de la Cour de Cassation n° 16699/2025

Le phénomène de la double imposition internationale représente une difficulté pour les contribuables ayant des revenus étrangers. Les Conventions internationales visent à prévenir cette charge, mais que se passe-t-il si une norme interne semble limiter ces droits, peut-être en raison d'une erreur déclarative ? L'Ordonnance de la Cour de Cassation n° 16699 du 23 juin 2025 apporte une réponse décisive, réaffirmant la prévalence du droit international conventionnel et offrant une protection significative.

Le Contexte et le Conflit Normatif

En Italie, le crédit d'impôt pour les revenus étrangers (art. 165 d.P.R. n° 917/1986, TUIR) est l'outil pour éviter la double imposition. Cependant, l'art. 165, alinéa 8, TUIR semblait conditionner cette déduction à l'indication correcte du revenu étranger dans la déclaration. Cette limitation entrait en conflit avec les Conventions internationales, comme celle Italie-Suisse du 9 mars 1976, qui prévoient une obligation inconditionnelle de déduire les impôts étrangers.

La Décision de la Cassation : Prévalence Constitutionnelle des Conventions

La Cour de Cassation, dans l'affaire S. contre A., a résolu le conflit en réaffirmant la prévalence des normes internationales conventionnelles plus favorables au contribuable. Ce principe repose sur l'article 117, alinéa 1, de la Constitution Italienne, qui lie la législation étatique aux obligations internationales.

Le cœur de la décision est la maxime suivante :

En matière d'interdiction de la double imposition internationale, l'obligation inconditionnelle prévue par les Conventions internationales, telle que la Convention Italie-Suisse du 9 mars 1976, de déduire, dans certaines limites, de l'impôt à verser au fisc italien celui versé au fisc étranger s'applique également en cas d'omission de présentation de la déclaration ou d'omission d'indication, dans la déclaration présentée, des revenus produits à l'étranger, car la norme interne visée à l'art. 165, alinéa 8, du d.P.R. n° 917 de 1986, interprétée à la lumière des art. 117, alinéa 1, Cost., 75 d.P.R. n° 600 de 1973 et 169 du d.P.R. n° 917 de 1986, ne peut limiter l'efficacité prescriptive de ces conventions internationales ou s'opposer à elles, celles-ci devant se voir attribuer la prévalence, lorsqu'elles sont plus favorables au contribuable.

La Cassation précise que le droit à la déduction des impôts étrangers, garanti par les Conventions, ne peut être refusé pour une simple omission ou une indication erronée des revenus étrangers. L'obligation d'éviter la double imposition est inconditionnelle et prévaut sur la rigidité formelle de la norme interne. L'art. 165, alinéa 8, TUIR et les normes connexes doivent être interprétés en harmonie avec l'art. 117, alinéa 1, Cost., reconnaissant la supériorité des Conventions internationales lorsqu'elles offrent une plus grande protection.

Implications Pratiques pour les Contribuables

Cette décision a des répercussions importantes :

  • Protection Renforcée : Le droit à la déduction des impôts étrangers est plus robuste, moins lié aux formalités déclaratives.
  • Prévalence du Droit International : La supériorité des Conventions fiscales internationales sur les lois internes est réaffirmée.
  • Possibilité de Rectification : Même en cas d'omissions, le contribuable peut obtenir une déduction ou un remboursement, en prouvant le paiement effectif des impôts à l'étranger et la reconductibilité du revenu aux prévisions conventionnelles.

Il est crucial de documenter le paiement effectif des impôts dans le pays étranger. L'arrêt protège contre les conséquences disproportionnées d'une erreur formelle, privilégiant la substance du droit à ne pas être imposé deux fois.

Conclusions : Équité et Cohérence Fiscale

L'Ordonnance n° 16699 de 2025 de la Cassation consolide la jurisprudence sur la fiscalité internationale. Elle réaffirme le rôle primordial des Conventions et garantit une plus grande équité et protection pour les contribuables transnationaux. Un signal clair de l'engagement italien envers un système fiscal cohérent avec les obligations internationales et attentif aux besoins des contribuables. Pour une gestion optimale, l'assistance de professionnels expérimentés est toujours conseillée.

Cabinet d'Avocats Bianucci