La protection des mineurs est une priorité en droit de la famille. L'Ordonnance de la Cour de Cassation n° 11622 du 3 mai 2025 clarifie un aspect crucial : la compétence territoriale du juge lorsque la résidence d'un enfant change. La décision analyse l'article 473-bis.11 du Code de Procédure Civile, introduit par la Réforme Cartabia, définissant les limites du transfert de résidence et ses implications juridictionnelles.
La loi italienne stipule que la compétence territoriale pour les procédures relatives aux mineurs appartient au tribunal dans le ressort duquel le mineur a sa "résidence habituelle". L'article 473-bis.11 c.p.c. introduit une dérogation pour prévenir les transferts "illégaux", c'est-à-dire les déplacements effectués sans le consentement de l'un des parents. L'objectif est d'empêcher qu'un parent ne modifie unilatéralement la juridiction, entravant ainsi les relations avec l'autre.
Dans les procédures en matière de mineurs, le tribunal dans le ressort duquel le mineur a sa résidence habituelle est territorialement compétent, sauf si celle-ci a été transférée illégalement, c'est-à-dire sans le consentement de l'un des parents, car, conformément à l'article 473-bis.11 c.p.c., même si un nouvel habitat est établi avec toutes les caractéristiques d'une résidence habituelle, si la demande est formulée dans l'année suivant le transfert, la compétence territoriale du juge du lieu de la précédente résidence habituelle reste valable. (Dans le cas présent, la S.C. a exclu l'application de la disposition de l'article 473-bis.11, alinéa 1, deuxième partie c.p.c., car, face à une relation sentimentale gravement compromise, le centre de la vie du mineur s'était ancré chez les grands-parents maternels, à Syracuse, plutôt qu'au lieu de travail du père, à Milan, et tous les déplacements de la mère en Sicile avaient été effectués de manière consensuelle).
La Cour Suprême, par l'Ordonnance n° 11622/2025, confirme que, même si un mineur consolide une nouvelle résidence habituelle, si le transfert a eu lieu sans le consentement de l'un des parents et que la question est soulevée dans l'année, la compétence reste celle du juge de la précédente résidence. Ce mécanisme protège le parent non consentant.
Le cas examiné par la Cassation est éclairant. Le mineur s'était établi chez ses grands-parents maternels à Syracuse, tandis que le père, S., travaillait à Milan. La mère, B., avait effectué des déplacements en Sicile. La Cour a dû déterminer si ce transfert était "illégal" au sens de l'art. 473-bis.11 c.p.c.
La Cour Suprême a exclu l'application de la dérogation pour transfert illégal. Bien que la relation entre les parents ait été "gravement compromise", la Cour a constaté que tous les déplacements de la mère en Sicile avaient eu lieu de manière consensuelle. C'est le cœur de la décision : l'existence du consentement de l'autre parent a empêché la qualification de "transfert illégal", ancrant la compétence dans le lieu de la nouvelle résidence habituelle du mineur (Syracuse). La décision souligne comment le consentement est l'élément discriminant, marquant l'importance d'un accord partagé entre les parents pour les décisions concernant la vie des enfants.
L'Ordonnance n° 11622/2025 offre des indications fondamentales :
L'Ordonnance de la Cassation n° 11622 de 2025 clarifie un principe cardinal : la compétence territoriale dans les procédures relatives aux mineurs est liée à leur résidence habituelle, mais elle est tempérée par un mécanisme de protection pour les transferts non consensuels. Seule l'absence de consentement parental qualifie un transfert d'"illégal", maintenant la compétence du juge de la précédente résidence. Cela renforce la nécessité d'un accord entre les parents ou d'une autorisation judiciaire pour les décisions qui affectent la vie des enfants, en plaçant toujours au centre l'intérêt supérieur du mineur.