Représentation en justice des communes : la Cour de cassation clarifie les pouvoirs des dirigeants avec l'ordonnance n° 17679/2025

La gestion du contentieux par les collectivités locales est un sujet d'une importance capitale pour l'efficacité de l'administration publique et la protection des intérêts des citoyens. Traditionnellement, le pouvoir de représenter la commune en justice a été associé de manière quasi exclusive à la figure du maire. Cependant, l'évolution normative et le besoin d'une plus grande flexibilité organisationnelle ont soulevé des questions quant à la possibilité de déléguer cette fonction à d'autres responsables de haut niveau.

C'est dans ce contexte que s'inscrit la récente ordonnance de la Cour de cassation n° 17679 du 30 juin 2025, qui apporte des éclaircissements essentiels sur les limites et les conditions dans lesquelles la représentation en justice des communes peut être attribuée à des dirigeants ou à des responsables de haut niveau de la structure bureaucratique. Une décision qui confirme non seulement l'autonomie statutaire des entités, mais souligne également ses implications pratiques pour la gestion du contentieux public.

Le rôle du maire et l'évolution de la représentation légale

L'article 50 du décret législatif n° 267 de 2000, plus connu sous le nom de Texte Unique des Collectivités Locales (TUEL), stipule que le maire est l'organe responsable de la représentation légale de la commune. Cette disposition a historiquement ancré l'idée d'une titularité exclusive du premier citoyen, rendant toute dérogation sujette à une évaluation jurisprudentielle attentive.

Cependant, le même TUEL, dans d'autres de ses parties (comme les articles 97, 107 et 108), reconnaît aux dirigeants un rôle central dans la gestion administrative et technique, leur conférant des pouvoirs autonomes de dépense et d'organisation. La question qui s'est posée à plusieurs reprises est de savoir si cette autonomie de gestion pouvait s'étendre à la représentation en justice, notamment dans une perspective d'efficacité et de spécialisation des fonctions.

La jurisprudence a progressivement esquissé un parcours qui, tout en confirmant le rôle primordial du maire, a ouvert la voie à de possibles délégations, à condition que celles-ci soient expressément prévues et réglementées par les instruments normatifs internes de l'entité.

La clarté de la Cour de cassation : analyse de la maxime

L'ordonnance n° 17679/2025 de la Cour de cassation intervient précisément pour clarifier ce point crucial. La maxime, qui résume le principe de droit affirmé par la Cour suprême, est particulièrement éclairante :

Dans le système institutionnel et constitutionnel des collectivités locales, le statut de la commune – et également le règlement de la commune, mais seulement si le statut contient un renvoi exprès, en la matière, à la réglementation – peut légitimement confier la représentation en justice aux dirigeants, dans le cadre de leurs secteurs de compétence respectifs, en tant qu'expression du pouvoir de gestion qui leur est propre, ou à des responsables de haut niveau de la structure bureaucratique-administrative de la commune, étant entendu que, si une disposition statutaire spécifique (ou, aux conditions susmentionnées, réglementaire) n'existe pas, le maire conserve la titularité exclusive du pouvoir de représentation en justice de la commune, conformément à l'article 50 du décret législatif n° 267 de 2000 ; en particulier, si le statut (ou, dans les limites déjà indiquées, le règlement) confie la représentation en justice pour l'ensemble du contentieux au dirigeant du service juridique, celui-ci, s'il en a les qualifications, peut se constituer sans avoir besoin d'une procuration ou attribuer la mission à un professionnel du droit interne ou du barreau (sauf les cas, légalement typifiés, dans lesquels la collectivité locale peut se présenter en justice sans le ministère d'un avocat) et, s'il est habilité à défendre devant les juridictions supérieures, il peut également exercer personnellement une activité de défense dans le cadre d'un pourvoi en cassation.

Ce passage de la Cour de cassation est d'une importance fondamentale car il cristallise un principe : la représentation en justice n'est pas nécessairement et exclusivement la prérogative du maire. La Cour reconnaît la pleine légitimité de l'attribution de ce pouvoir aux dirigeants, ou à d'autres responsables de haut niveau, à condition que cette possibilité soit expressément envisagée par le statut communal ou par un règlement auquel le statut lui-même renvoie. C'est une valorisation claire de l'autonomie organisationnelle des collectivités locales.

L'arrêt souligne un aspect crucial : l'attribution de ce pouvoir aux dirigeants s'inscrit dans le cadre de leur

Cabinet d'Avocats Bianucci