TVA et Consortiums : La Cour de Cassation redéfinit le mandat sans représentation avec l'Ordonnance n° 16654 de 2025

Le paysage fiscal italien est constamment sujet à des interprétations et des clarifications jurisprudentielles qui peuvent avoir un impact significatif sur les pratiques commerciales. Une intervention récente de la Cour de Cassation, avec l'Ordonnance n° 16654 du 22 juin 2025, s'inscrit précisément dans ce contexte, fournissant d'importantes précisions concernant le traitement de la TVA dans les relations entre consortiums et consortiumnés, notamment lorsque le mécanisme du mandat sans représentation est en jeu. Cette décision, qui a vu s'opposer C. (représenté par D. A.) contre A. (Avvocatura Generale dello Stato), en rejetant le recours contre la décision de la Cour de Justice Fiscale de II degré de Toscane, établit des principes fondamentaux qui méritent une analyse attentive pour les entreprises et les professionnels.

Le Mandat sans Représentation dans le Contexte Consortium : Un Cadre Normatif

Avant d'entrer dans le vif de la décision, il est utile de rappeler brièvement le cadre normatif. Les consortiums sont des formes de collaboration entre entreprises, régies par les articles 2602 et suivants du Code Civil (en particulier l'art. 2615 ter pour les consortiums avec activité externe), visant à organiser ou à réaliser des phases des activités respectives des entreprises. Souvent, le consortium agit pour le compte des consortiumnés mais en son propre nom, configurant un mandat sans représentation (art. 1705 c.c.). Cela signifie que le consortium conclut des affaires avec des tiers, acquérant des droits et assumant des obligations, mais il est tenu de transférer les résultats de ces opérations aux consortiumnés.

Traditionnellement, en matière de TVA, les relations entre mandant et mandataire sans représentation ont bénéficié d'une certaine « neutralité » fiscale, reproduisant l'opération principale aux fins de l'impôt. Cependant, la Cour Suprême a souhaité apporter des éclaircissements sur la manière dont cette neutralité doit être interprétée et appliquée, surtout dans un contexte complexe comme celui des consortiums.

L'Arrêt de la Cassation : Fin de la Neutralité Fiscale dans les Relations Consortium

L'Ordonnance n° 16654/2025, avec pour rapporteur le Dr P. G. et pour président la Dr T. H., aborde directement la question de la pertinence fiscale des relations internes entre consortium et consortiumnés en régime de mandat sans représentation. La maxime extraite de l'arrêt est d'une importance fondamentale :

En matière de TVA, en cas de mandat sans représentation entre un consortium et une société consortiumnée, les relations entre le mandataire et le mandant perdent leur neutralité et deviennent des faits générateurs de l'impôt, dont la base imposable correspond au prix du service rendu ou reçu par le mandataire sans représentation, diminué dans un cas et augmenté dans l'autre de la commission, de sorte que, d'un point de vue fiscal, aucune différence n'est légitime entre ce qui est facturé par la société consortium au tiers donneur d'ordre et ce qui est facturé par le consortiumné à la société consortium, à l'exception de celle correspondant à l'importance des commissions ou au coût de services spécifiques rendus par le consortium au tiers donneur d'ordre.

Cette décision marque un point d'ancrage : les relations entre le consortium (mandataire) et le consortiumné (mandant) ne sont plus automatiquement neutres aux fins de la TVA. Elles deviennent elles-mêmes des opérations imposables. La base imposable pour ces opérations internes doit correspondre au prix du service rendu ou reçu par le mandataire sans représentation, avec l'ajout ou la diminution de la commission. Cela implique que, sauf les commissions revenant au consortium ou le coût de services spécifiques rendus par celui-ci au tiers donneur d'ordre, aucune différence de prix n'est admissible entre ce qui est facturé par le consortium au client final et ce qui est facturé par le consortiumné au consortium lui-même.

Ce principe est conforme à l'interprétation de l'article 3, alinéa 3, du DPR n° 633/1972, qui assimile les prestations de services rendues ou reçues par le mandataire sans représentation à celles rendues ou reçues par le mandant. La Cour rappelle, en outre, la maxime conforme antérieure n° 21860 de 2016, à preuve d'un orientation consolidée mais qui nécessite d'être pleinement comprise dans son application pratique.

Répercussions Pratiques pour les Entreprises et les Professionnels

Les implications de cette ordonnance sont significatives pour toutes les sociétés consortium et leurs consortiumnés qui opèrent avec un mandat sans représentation. Voici quelques points clés à considérer :

  • Recalcul de la Base Imposable : Il est essentiel de s'assurer que la base imposable des opérations internes reflète correctement le prix et les commissions, sans différences indues par rapport aux facturations externes.
  • Révision des Modèles de Facturation : Les entreprises devront revoir leurs procédures de facturation pour garantir la conformité avec le principe établi par la Cassation, en évitant que le
Cabinet d'Avocats Bianucci