DASPO urbain : la Cour de cassation sur les conditions de validation de l'obligation de présentation – Arrêt n° 23723/2025

La Cour de cassation, par l'arrêt n° 23723 du 20 juin 2025, a fourni une interprétation cruciale des exigences que le Juge d'instruction (GIP) doit évaluer pour valider le DASPO urbain, en particulier l'obligation de se présenter à un bureau de police. Cette décision est fondamentale pour équilibrer la sécurité publique avec la protection de la liberté personnelle, en établissant des limites précises à l'application de mesures restrictives.

Le DASPO urbain : prévention et limites

Le DASPO urbain, introduit par le décret-loi n° 14 de 2017 (dit « Décret Minniti »), est un instrument préventif qui permet au Questore d'imposer des interdictions d'accès à des zones ou locaux publics spécifiques et, dans des cas particuliers, l'obligation de se présenter aux forces de l'ordre. Affectant la liberté personnelle, cette mesure nécessite la validation par l'autorité judiciaire (le GIP), comme le prévoit l'article 13 de la Constitution.

Les critères de validation établis par la Cour de cassation

L'arrêt 23723/2025, présidé par le Dr G. S. et rapporté par le Dr S. A., découle du recours contre le rejet partiel par le GIP du Tribunal de Trieste d'une demande de validation. La Cour suprême a clairement défini les conditions que le GIP doit vérifier scrupuleusement pour valider l'obligation de présentation, garantissant la légitimité et la proportionnalité de la mesure :

  • Nécessité et urgence : Raisons concrètes et actuelles justifiant l'adoption immédiate de la mesure.
  • Dangerosité concrète et actuelle du sujet : La personne visée doit représenter une menace réelle pour la sécurité publique, étayée par des comportements spécifiques.
  • Attribuabilité des comportements et leur rattachement à l'art. 13-bis D.L. 14/2017 : Les actions imputées doivent avoir été commises par le sujet et relever des hypothèses normatives.
  • Adéquation de la durée de la mesure : La durée de l'obligation ou de l'interdiction doit être proportionnée à la gravité des faits et à la dangerosité.
En matière de dispositions visant à prévenir les désordres dans les établissements publics et les lieux de divertissement (dit DASPO urbain), la validation de la mesure du questore, imposant l'obligation de se présenter à un bureau ou un poste de police, présuppose l'évaluation de toutes les conditions de légitimité de la mesure, qui sont : a) les raisons de nécessité et d'urgence qui ont conduit le questore à adopter la mesure ; b) la dangerosité concrète et actuelle du sujet ; c) l'attribution au même des comportements imputés, et leur rattachement aux hypothèses prévues par l'art. 13-bis d.l. 20 février 2017, n° 14, converti, avec modifications, par la loi 18 avril 2017, n° 48 ; d) l'adéquation de la durée de la mesure. (Cas relatif au refus de validation de la mesure du questore dans la seule partie où, outre l'interdiction de fréquenter de 18h à 6h chaque jour les établissements publics de restauration, il imposait l'obligation de se présenter hebdomadairement à un bureau de police judiciaire, obligation jugée par le juge d'instruction disproportionnée et non justifiée par les comportements évocateurs de dangerosité sociale reprochés au sujet).

L'arrêt de la Cour de cassation précise que le GIP doit procéder à un contrôle approfondi. Dans le cas spécifique, le GIP de Trieste avait rejeté la validation de l'obligation de se présenter hebdomadairement, la jugeant « disproportionnée et non justifiée » par rapport aux comportements de H. S. Cela démontre comment, même en présence d'une interdiction justifiée, une obligation accessoire peut être considérée comme excessive si elle n'est pas strictement nécessaire et proportionnée à la dangerosité réelle.

Conclusions : garantie et proportionnalité

La décision n° 23723 de 2025 renforce le principe de proportionnalité et le rôle de garantie du juge dans l'application des mesures préventives. Elle souligne que la sécurité publique doit être poursuivie dans le respect des droits fondamentaux, avec un contrôle juridictionnel effectif qui empêche les abus ou les excès. Pour les citoyens, cet arrêt est une assurance : toute limitation de la liberté personnelle doit toujours être justifiée et proportionnée aux faits, garantissant un équilibre entre les exigences collectives et la protection de l'individu.

Cabinet d'Avocats Bianucci