Inutilisabilité des déclarations : la Cour de cassation, par l'arrêt n° 25390/2025, renforce les garanties de la défense

Dans le paysage complexe du droit pénal italien, la protection des garanties de la défense constitue un pilier fondamental d'un État de droit. Chaque citoyen, quelle que soit sa position procédurale, a le droit d'être informé et assisté à chaque étape de l'enquête et du procès. C'est sur ce principe que s'inscrit la récente et significative décision de la Cour de cassation, l'arrêt n° 25390, déposé le 9 juillet 2025, qui a apporté des éclaircissements essentiels concernant l'inutilisabilité des déclarations faites sans les garanties requises.

Le Contexte de l'Arrêt : La Protection des Garanties de la Défense

La décision de la Cour suprême s'inscrit dans un cadre normatif bien défini, axé sur la protection des droits de la personne mise en examen et de l'accusé. Le Code de procédure pénale, notamment aux articles 63 et 64, définit les modalités selon lesquelles doivent être recueillies les déclarations d'une personne à l'encontre de laquelle des indices de culpabilité sont apparus. L'article 63, alinéa 2, du Code de procédure pénale, établit un principe cardinal : les déclarations faites par celui qui aurait dû être entendu dès le début avec les garanties de la défense prévues pour la personne mise en examen ou l'accusé, mais qui ne l'a pas été, sont inutilisables. Cette inutilisabilité n'est pas une simple formalité, mais une sanction procédurale de portée absolue, visant à préserver l'intégrité du contradictoire et le droit de défense. La Cour de cassation, présidée par C. F. et dont le rapporteur est T. G., a fermement réaffirmé ce principe, annulant avec renvoi l'arrêt de la Cour d'appel de Trieste du 26 septembre 2024, dans l'affaire impliquant l'accusé J. H.

L'inutilisabilité prévue par l'art. 63, alinéa 2, du Code de procédure pénale s'applique également en cas de déclarations faites dans la phase des enquêtes par celui qui, dès le début de l'audition ou après l'apparition d'indices à sa charge au cours de cet acte, sans que celui-ci ne soit interrompu, aurait dû être entendu en qualité de personne mise en examen ou d'accusé pour un délit connexe ou un délit lié conformément à l'art. 371, alinéa 2, lettre b), du Code de procédure pénale (Cas relatif à un délit visé à l'art. 12, alinéa 3, du décret législatif 25 juillet 1998, n° 286, dans lequel la Cour a jugé inutilisables dans la procédure abrégée les déclarations faites sans garanties de la défense par des ressortissants étrangers conduits auprès des autorités frontalières pour entrée illégale sur le territoire national, pour lesquels des indices du délit visé à l'art. 10-bis du décret législatif susmentionné étaient donc déjà apparus).

Cette affirmation est d'une importance fondamentale car elle étend le champ d'application de l'inutilisabilité. Il ne s'agit pas seulement du cas où une personne, dès le début de l'interrogatoire, aurait dû être traitée comme une personne mise en examen. La Cour précise que la même sanction s'applique également lorsque les indices de culpabilité apparaissent *au cours* de l'acte lui-même et que l'audition n'est pas promptement interrompue pour permettre l'application des garanties prévues. Cela signifie que les autorités d'enquête ont le devoir de surveiller constamment la position de la personne interrogée et, dès que des éléments la reliant à un délit apparaissent, elles doivent interrompre l'acte et procéder aux formalités typiques de l'interrogatoire d'une personne mise en examen ou accusée, y compris l'avis de la faculté de ne pas répondre et la présence d'un avocat. L'exemple fourni par l'arrêt, relatif à des ressortissants étrangers conduits aux autorités frontalières pour entrée illégale, pour lesquels des indices du délit visé à l'art. 10-bis du décret législatif 286/1998 étaient déjà apparus, est emblématique. Leurs déclarations, faites sans assistance juridique, ont été jugées inutilisables dans la procédure abrégée, indépendamment du fait qu'elles aient été acquises dans un contexte apparemment "administratif" ou de simple identification.

Les Implications Pratiques et la "Connexion" entre Délits

La décision de la Cour de cassation est cruciale pour plusieurs raisons pratiques. Premièrement, elle souligne l'importance du principe de loyauté procédurale : les enquêtes doivent se dérouler dans le plein respect des droits fondamentaux de l'individu. L'inutilisabilité des déclarations non garanties est, en effet, une mesure extrême mais nécessaire pour éviter que l'accusation ne repose sur des éléments viciés dès l'origine. Deuxièmement, l'arrêt se concentre sur la notion de "délit connexe ou lié" au sens de l'art. 371, alinéa 2, lettre b), du Code de procédure pénale. Cet article définit quand plusieurs délits peuvent être considérés comme liés, par exemple, s'ils ont été commis pour exécuter ou dissimuler un autre délit, ou s'ils ont été commis par plusieurs personnes en concours. L'extension des garanties également à ceux qui sont mis en examen ou accusés pour un délit connexe ou lié assure qu'il n'y ait pas de échappatoires pour éluder la protection de la défense.

Les conséquences pour les enquêtes sont claires :

  • Attention Constante : Les officiers de police judiciaire et les procureurs doivent porter la plus grande attention à la position de la personne interrogée, en évaluant l'éventuelle apparition d'indices à sa charge.
  • Interruption de l'Audition : En cas d'apparition d'indices, l'audition doit être immédiatement interrompue.
  • Formalités Garanties : La personne doit être entendue avec toutes les garanties prévues pour la personne mise en examen, y compris la nomination d'un défenseur et l'avis de la faculté de ne pas répondre.

La Cour de cassation, dans ce cas, a examiné une situation spécifique liée à l'immigration clandestine, dans laquelle des ressortissants étrangers, initialement identifiés, se sont retrouvés dans une position où ils auraient dû être considérés comme mis en examen pour le délit visé à l'art. 10-bis du décret législatif 286/1998 (entrée et séjour illégal sur le territoire de l'État). Leurs déclarations, acquises sans les garanties prévues, ont été déclarées inutilisables dans la procédure abrégée, démontrant la rigueur avec laquelle le droit pénal de procédure traite ces violations.

Conclusions : Un Rempart pour une Justice Équitable

L'arrêt n° 25390/2025 de la Cour de cassation se dresse comme un important rempart pour la protection d'une justice équitable et du droit de défense. Il réaffirme avec force que les garanties procédurales ne sont pas de simples formalités, mais des instruments indispensables pour assurer la correction de l'établissement des faits pénaux et la protection des droits fondamentaux de l'individu. La décision invite tous les acteurs du procès pénal à une observation scrupuleuse des normes qui régissent l'acquisition des déclarations, rappelant que toute violation, même apparemment mineure, peut compromettre irrémédiablement la validité des éléments de preuve acquis. Pour un système judiciaire qui se veut juste et efficace, le respect de ces garanties n'est pas seulement une obligation légale, mais un impératif éthique.

Cabinet d'Avocats Bianucci