Lorsqu'une affaire judiciaire est engagée, la détermination des dépens représente un moment crucial qui exige précision, transparence et rigueur méthodologique. La Cour de cassation, par sa récente ordonnance n° 28631 du 29 octobre 2025, est revenue clarifier un principe fondamental pour la protection des parties et pour la régularité de l'action des juges du fond : l'obligation de liquider les honoraires professionnels en distinguant analytiquement chaque phase de la procédure, en évitant les cumuls forfaitaires qui empêchent la vérification des paramètres légaux.
Le litige trouve son origine dans une controverse en matière de sécurité sociale opposant I. (représentée par C. P.) et F. Le Tribunal de Catane, en première instance, avait procédé à une liquidation globale et cumulative des dépens, en regroupant la phase de l'expertise technique préventive (a.t.p.) prévue par l'art. 445-bis du code de procédure civile italien (c.p.c.) et la phase ultérieure de la procédure d'opposition. Ce mode de calcul a entraîné une liquidation globale supérieure aux plafonds tarifaires autorisés, sans permettre un contrôle analytique sur les différents postes de dépenses.
La Chambre sociale de la Cour suprême a accueilli le pourvoi, cassant l'arrêt avec renvoi et réaffirmant que la détermination des dépens ne peut faire abstraction d'une décomposition par phases procédurales distinctes, tel que prévu par le décret ministériel (d.m.) n° 55 de 2014.
Le décret ministériel n° 55 de 2014 établit des paramètres précis pour la détermination des honoraires des avocats, en les structurant en fonction des différentes phases qui composent le procès. Selon la Cour, la détermination cumulative est inadmissible car elle empêche le contrôle de légalité sur les tarifs appliqués. La liquidation doit donc être distinguée et spécifiée pour les phases suivantes :
Dans le cas de l'expertise technique préventive (a.t.p.) en matière de sécurité sociale, la phase d'instruction préventive et l'éventuelle procédure d'opposition ultérieure constituent des moments procéduraux autonomes qui exigent une liquidation distincte des dépens, afin d'éviter des décisions arbitraires ou des violations des limites tarifaires légales.
En matière de dépens, la liquidation des honoraires conformément au d.m. n° 55 de 2014 doit être effectuée pour chaque phase de la procédure, de manière à permettre la vérification de l'exactitude des paramètres utilisés et le respect des tableaux correspondants.
Ce principe, exprimé clairement dans l'ordonnance n° 28631/2025, s'inscrit dans la lignée des orientations précédentes de la Cour (telles que l'arrêt n° 19482 de 2018). Le commentaire de cette maxime souligne que le droit à la transparence dans la liquidation des dépens n'est pas une simple formalité, mais une garantie substantielle pour le citoyen et pour les professionnels concernés. Seule une décomposition analytique permet de vérifier si le juge a respecté les minima et les maxima tarifaires prévus par la loi.
La décision de la Cour de cassation réaffirme l'importance de la rigueur méthodologique dans la liquidation des dépens. Pour les citoyens et les praticiens du droit, cette ordonnance constitue une protection importante contre les décisions cumulatives qui risquent de se traduire par une liquidation disproportionnée ou invérifiable. La transparence tarifaire demeure, par conséquent, un pilier incontournable du procès équitable.