Remboursement des accises sur l'énergie électrique et intérêts majorés : l'Ordonnance n° 29757 de 2025

La question du remboursement des accises sur l'énergie électrique indûment versées par les consommateurs continue d'être au cœur du débat juridique italien. Récemment, la Cour de cassation s'est à nouveau prononcée sur un aspect crucial de ce contentieux : le taux des intérêts applicables aux sommes à restituer. Avec l'ordonnance n° 29757 du 11 novembre 2025, les juges de légitimité ont clarifié un principe fondamental qui renforce considérablement la protection des consommateurs finaux vis-à-vis des fournisseurs.

Le contexte du litige et le droit au remboursement

L'affaire trouve son origine dans l'illégitimité des taxes additionnelles provinciales aux accises sur l'énergie électrique, appliquées en Italie en violation des directives de l'Union européenne. Par conséquent, de nombreux consommateurs ont engagé des actions en répétition de l'indu conformément à l'art. 2033 du Code civil (c.c.) pour obtenir la restitution des sommes versées au titre de la répercussion à leurs fournisseurs. Dans le cas d'espèce, le litige opposait C., représentée par D. Z. P., et V., représenté par C. D., en se focalisant précisément sur le droit aux intérêts légaux et leur taux à calculer sur la somme faisant l'objet de la restitution.

La décision de la Cassation et la portée des intérêts majorés

La Cour suprême, confirmant la décision de la Cour d'appel de Turin, a établi qu'au crédit du consommateur s'appliquent les intérêts légaux au taux majoré prévu par l'art. 1284, alinéa 4, du Code civil. Cette disposition prévoit un taux d'intérêt égal à celui prévu par la législation spéciale pour les retards de paiement dans les transactions commerciales, généralement beaucoup plus élevé que le taux légal ordinaire, à compter de la date de l'introduction de la demande en justice.

Au crédit réclamé par le consommateur final pour la répétition de la taxe additionnelle provinciale à l'accise sur l'énergie électrique, indûment versée au fournisseur, au titre de la répercussion, en contradiction avec le droit de l'U.E., sont applicables les intérêts légaux au taux prévu par l'art. 1284, alinéa 4, c.c., étant donné que la disposition qui y est contenue, en laissant aux parties la possibilité d'en déterminer le taux, sert à exclure son caractère impératif et dérogatoire et non à en délimiter le champ d'application.

Cette maxime clarifie que le taux d'intérêt majoré n'est pas limité aux seuls rapports contractuels dans lesquels les parties auraient omis de convenir des intérêts, mais s'étend également aux obligations restitutoires découlant d'un paiement indu (art. 2033 c.c.). Le fait que la norme permette aux parties de convenir d'un taux différent démontre que la disposition n'a pas un caractère impératif et irréfragable, élargissant ainsi son applicabilité à la protection du créancier qui se trouve contraint d'agir en justice pour le recouvrement de ses sommes.

Les conséquences pratiques pour les consommateurs et les entreprises

La décision de la Cassation dessine un cadre très favorable pour ceux qui ont payé des impôts indus, en soulignant les points clés suivants :

  • Meilleure réparation économique : L'application du taux ex art. 1284, alinéa 4, c.c. garantit au consommateur une indemnisation du préjudice lié au retard nettement plus substantielle que le taux légal ordinaire.
  • Dissuasion pour les fournisseurs : Le taux d'intérêt élevé décourage les comportements dilatoires de la part des fournisseurs d'énergie dans la restitution des sommes indûment perçues.
  • Alignement sur le droit UE : Le principe d'effectivité de la protection du consommateur face à des prélèvements fiscaux déclarés incompatibles avec l'ordre juridique européen est réaffirmé.

Conclusions

L'ordonnance n° 29757 de 2025 représente une pierre angulaire dans la jurisprudence relative au remboursement des accises énergétiques. En reconnaissant l'applicabilité des intérêts commerciaux également aux actions en répétition de l'indu, la Cour de cassation assure non seulement une protection pleine et effective au consommateur final, mais lance également un signal clair de rigueur contre les retards dans l'exécution des obligations restitutoires.

Cabinet d'Avocats Bianucci