Le rapport entre l'activité didactique et scientifique des enseignants universitaires du secteur médical et les besoins d'assistance des entreprises sanitaires locales (ASL) a toujours été source de questions juridiques délicates. Avec l'arrêt n° 30660 du 21 novembre 2025, la section travail de la Cour de cassation s'est à nouveau prononcée sur un thème crucial : l'attribution des postes de direction d'unité opérationnelle aux professeurs de deuxième rang en médecine et chirurgie. Le litige, qui a opposé l'enseignante M. (A. B.) et l'entreprise sanitaire A., offre l'occasion de délimiter les contours du pouvoir discrétionnaire administratif dans l'organisation du Service Sanitaire National (SSN).
La décision de la Cour suprême s'inscrit dans une jurisprudence consolidée, en rappelant l'art. 5 du décret législatif n° 517 de 1999 et la loi n° 240 de 2010 ultérieure. Les juges de légitimité ont souligné que l'intégration entre universités et structures sanitaires ne constitue pas un droit automatique de l'enseignant à obtenir la direction d'une structure complexe ou simple. Au contraire, cette attribution répond à des logiques de programmation complexes qui exigent une évaluation conjointe.
En particulier, la Cour de cassation identifie certains préalables fondamentaux qui doivent guider l'action administrative :
Pour comprendre pleinement la portée de cette décision, il est utile d'analyser la maxime officielle formulée par les juges de légitimité :
L'attribution de la fonction de direction d'unité opérationnelle aux professeurs de deuxième rang en médecine et chirurgie a un caractère facultatif, pouvant être conférée, par acte du directeur général de l'ASL de référence, en accord avec le recteur de l'Université, conformément à l'art. 5, alinéa 4, du décret législatif n° 517 de 1999, après vérification de l'existence de toutes les conditions organisationnelles pour la mise en œuvre concrète des conventions stipulées conformément à l'alinéa 2 précédent, tant sur le plan de la nécessité d'une activité d'assistance de l'enseignant universitaire par rapport aux objectifs programmés du Service Sanitaire National, que sur celui de la compatibilité organisationnelle et financière.
Comme on peut le déduire du texte de la maxime, la Cour de cassation réaffirme avec force la « nature facultative » de la fonction. Il n'existe donc pas de prétention indemnitaire ou de droit subjectif parfait en faveur du professeur universitaire de deuxième rang. Le pouvoir discrétionnaire du Directeur général, bien qu'il doive s'exercer en accord avec le Recteur, est lié exclusivement à la poursuite de l'efficacité du service sanitaire et au respect des budgets publics. Cela signifie que, même en présence de compétences scientifiques élevées, l'administration peut légitimement décider de ne pas conférer la fonction en cas d'absence de couverture financière ou de besoins d'assistance.
En conclusion, l'arrêt n° 30660/2025 de la Cour de cassation réaffirme un principe de sain réalisme organisationnel au sein du SSN. La coordination entre le monde académique et le monde sanitaire ne peut se traduire par un automatisme de carrière pour les enseignants. Les ASL conservent leur autonomie de gestion, devant donner la priorité absolue à la protection de la santé publique et à la stabilité des comptes. Cette décision représente un guide précieux pour les directeurs généraux et les recteurs, appelés à collaborer pour garantir une assistance médicale d'excellence sans compromettre l'équilibre économique des structures.