Cession de créance et preuve du paiement : la Cour de cassation, par l'ordonnance n° 15589/2025, clarifie l'article 2704 du Code civil

Dans le paysage complexe du droit des obligations, la cession de créance représente un instrument d'une importance fondamentale pour la circulation de la richesse et la gestion des positions débitrices et créditrices. Cependant, elle peut générer de nombreuses complexités, surtout lorsque les intérêts du débiteur cédé et ceux du cessionnaire se heurtent, en particulier en ce qui concerne la preuve du paiement effectué. C'est dans ce contexte que s'inscrit l'ordonnance significative de la Cour de cassation n° 15589 du 11 juin 2025, une décision qui offre des éclaircissements importants sur les limites de la force probante des actes sous seing privé et sur la charge de la preuve en cas de contestation.

Le contexte de la cession de créance et l'exception de paiement

La cession de créance, régie par les articles 1260 et suivants du Code civil, permet au créancier (cédant) de transférer son droit à un tiers (cessionnaire). Une fois que la cession a été notifiée au débiteur cédé, ou acceptée par celui-ci, le paiement doit être effectué au nouveau créancier. Mais que se passe-t-il si le débiteur allègue avoir déjà payé le cédant avant d'avoir connaissance de la cession ? C'est la question centrale abordée dans l'affaire qui a opposé F. N. à S., et qui a conduit la Cour suprême à casser et renvoyer une décision antérieure de la Cour d'appel de Milan.

Souvent, le débiteur cédé, pour opposer l'extinction de l'obligation, produit une quittance de paiement signée par le cédant, portant une date antérieure à la connaissance de la cession. La question cruciale devient alors de déterminer si et comment le cessionnaire peut contester cette quittance, et quelle est la charge de la preuve incombant aux parties. Traditionnellement, les actes sous seing privé, s'ils sont contestés par la partie contre laquelle ils sont produits, nécessitent une procédure de vérification conformément aux articles 214 et suivants du Code de procédure civile. Mais cela s'applique-t-il également au cessionnaire, qui est un tiers par rapport à l'acte de paiement entre le cédant et le cédé ?

L'arrêt de la Cour de cassation : le cessionnaire comme tiers et l'article 2704 du Code civil

La Cour de cassation, par l'ordonnance n° 15589/2025, a apporté une réponse claire et précise, en soulignant la position du cessionnaire en tant que

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