Violation de la consigne militaire : l'arrêt 24919/2025 et l'extension des prescriptions

Dans le domaine délicat du droit militaire, le respect des règles est fondamental. Chaque militaire est tenu de respecter des prescriptions précises, dont la violation peut constituer de graves infractions. La récente décision n° 24919, déposée le 7 juillet 2025, de la Cour de cassation (Prés. M. Boni, Rapp. S. Aprile), offre une clarification cruciale sur le délit de violation de consigne, régi par l'article 120 du Code de procédure pénale militaire de paix (CPMP).

La consigne militaire : au-delà de l'ordre spécifique

Le délit de violation de consigne sanctionne le militaire qui n'observe pas les dispositions imparties pour un service. On se demande souvent si ces prescriptions doivent être explicitement rappelées dans l'ordre spécifique. La décision en question, rejetant le recours de l'accusé S. Vergara, aborde précisément ce point. L'affaire concernait un militaire qui avait violé des directives sur la garde des armes (contenues dans une circulaire interne), bien que cette circulaire n'ait pas été mentionnée dans l'ordre de service qui lui assignait une tâche en civil avec armement ordinaire.

Le principe fondamental de la décision 24919/2025

La Cour suprême a réaffirmé un principe cardinal : la "consigne" ne se limite pas aux instructions données au moment présent, mais englobe un corpus plus large de règles. Voici la maxime :

Aux fins de la constitution du délit de violation de consigne, visé à l'art. 120 c.p.p. mil. paix, entrent en ligne de compte toutes les prescriptions impératives, générales ou particulières, permanentes ou temporaires, écrites ou verbales, imparties pour l'accomplissement d'un service déterminé afin d'en régler les modalités d'exécution, indépendamment de leur rappel spécifique et direct dans l'ordre particulier. (Cas relatif à la violation de ce qui est prescrit par une circulaire en matière de garde des armes, dans lequel il a été jugé sans importance que ladite circulaire n'ait pas été rappelée dans l'ordre spécifique par lequel il avait été disposé que l'accusé accomplisse un service en civil en portant l'armement ordinaire, car elle contenait des dispositions intégratives quant au comportement à observer dans l'exécution de ce type de service).

Ce passage est crucial : le militaire est tenu de connaître et de respecter toutes les dispositions qui intègrent et précisent les modalités d'exécution d'un service, même si elles ne sont pas textuellement rappelées dans l'ordre spécifique. L'absence d'importance du rappel direct met en évidence que la consigne est composée de règles :

  • Impératives et claires ;
  • Générales ou particulières ;
  • Permanentes ou temporaires ;
  • Écrites ou verbales.

Dans le cas spécifique, la circulaire sur la garde des armes était une disposition intégrative essentielle, dont l'inobservation constituait le délit, indépendamment de son rappel dans l'ordre.

Conclusions et implications pratiques

Cette décision a un impact significatif sur la responsabilité du personnel militaire. Il ne suffit pas d'exécuter l'ordre direct ; il est fondamental de connaître et d'appliquer toutes les réglementations, les règlements et les circulaires qui, même non mentionnés dans l'ordre, font partie intégrante de la "consigne". Cela vaut particulièrement pour des aspects critiques tels que la sécurité et la gestion des armements. La jurisprudence renforce l'idée que la responsabilité du militaire exige une participation active et consciente à la connaissance et à l'application des règles.

La décision n° 24919 de 2025 représente un point de référence important. Elle souligne que la diligence et le professionnalisme du militaire se manifestent également dans la connaissance proactive et l'application des dispositions intégratives, garantissant le respect de la loi, l'efficacité opérationnelle et la sécurité au sein des Forces Armées.

Cabinet d'Avocats Bianucci