Le système pénal italien fait l'objet d'évolutions et d'interprétations jurisprudentielles constantes qui en affinent les contours, rendant la matière complexe mais fascinante. Un aspect d'une importance cruciale, tant pour les professionnels du droit que pour les citoyens, est celui de la prescription de l'infraction, c'est-à-dire le délai maximum dans lequel l'État peut poursuivre un fait criminel. Sur ce sujet délicat, la Cour suprême de cassation est intervenue avec une décision d'un intérêt particulier, l'arrêt n° 28468 du 08/05/2025, déposé le 04/08/2025, qui mérite une analyse approfondie pour ses implications pratiques et sa clarté interprétative.
La décision, rendue par la Cinquième Chambre Pénale sous la présidence de Mme C. R. et avec M. F. G. comme rapporteur, aborde un nœud gordien lié à la discipline de la prescription introduite par la loi du 23 juin 2017, n° 103, applicable aux infractions commises dans une période bien définie : du 3 août 2017 au 31 décembre 2019. Le cas spécifique concernait l'accusé G. M., pour lequel la Cour d'appel de Bologne avait initialement déclaré l'appel irrecevable. Cette ordonnance a ensuite été annulée, soulevant la question de la manière dont la période de prescription devait être calculée, en particulier en ce qui concerne la suspension prévue par l'art. 159, alinéa 2, du Code pénal.
La prescription n'est pas un mécanisme linéaire ; son cours peut être interrompu ou suspendu en cas de certains événements procéduraux. L'article 159 du Code pénal, en particulier l'alinéa 2 dans sa formulation en vigueur « ratione temporis » (c'est-à-dire celle applicable à la période des faits), prévoit des périodes de suspension spécifiques. La question décisive abordée par la Cour de cassation était de savoir si, en cas d'annulation d'une ordonnance déclarant un appel irrecevable pour défaut de spécificité des motifs, la période de suspension courant à compter de la prononciation de la condamnation de première instance devait être prise en compte aux fins de la détermination du délai de prescription.
La Cour suprême a apporté une réponse claire et argumentée, condensée dans la maxime suivante :
En matière de prescription, concernant les infractions commises entre le 3 août 2017 et le 31 décembre 2019 – auxquelles s'applique la discipline de la prescription introduite par la loi du 23 juin 2017, n° 103 –, aux fins de la détermination du délai nécessaire à la prescription, ne peut être prise en compte la période de suspension visée à l'art. 159, alinéa second, cod. pen. dans la formulation en vigueur « ratione temporis », courant à compter de la prononciation de la condamnation de première instance, dans le cas où l'ordonnance déclarant l'appel irrecevable pour défaut de spécificité des motifs est annulée, compte tenu de la discipline de l'art. 159, troisième alinéa, cod. pen. et de l'assimilation de l'ordonnance déclarant l'irrecevabilité de l'appel à une confirmation de la sentence de condamnation.
Cette affirmation est d'une importance fondamentale. En termes plus simples, la Cour de cassation établit que, bien que l'ordonnance d'irrecevabilité de l'appel ait été ultérieurement annulée, la période de suspension de la prescription qui commencerait normalement avec la condamnation de première instance, ne doit pas être comptabilisée pour prolonger les délais de prescription. La raison réside dans l'assimilation de l'ordonnance d'irrecevabilité de l'appel à une véritable confirmation de la sentence de condamnation de première instance. En d'autres termes, la Cour estime que l'irrecevabilité de l'appel, même si elle est ensuite annulée pour vices de procédure, a eu un effet équivalent à une sentence de confirmation, et par conséquent, la suspension ne peut être appliquée de manière à pénaliser l'accusé en allongeant les délais de prescription.
La décision de la Cour de cassation repose sur une lecture combinée de l'art. 159, alinéa 2 et alinéa 3, du Code pénal, et s'inscrit dans la lignée de la discipline de la prescription telle que réformée par la loi n° 103 de 2017. Cette loi avait introduit des modifications significatives, dont précisément la suspension du cours de la prescription après la sentence de condamnation de première instance ou après la sentence d'acquittement ou de non-lieu lorsqu'elles sont suivies d'un recours du ministère public.
L'arrêt commenté renforce certains principes cardinaux du droit pénal :
Il est intéressant de noter comment la jurisprudence antérieure, rappelée par l'arrêt lui-même (comme les Sections Unies N. 20989 de 2025 et d'autres maximes), a déjà abordé des thèmes similaires, consolidant l'orientation de la Cour de cassation vers une application rigoureuse des délais de prescription, en particulier lorsque des vices de procédure sont en jeu et pourraient altérer le cours correct du temps.
L'arrêt n° 28468 de 2025 de la Cour de cassation représente un point fixe dans l'interprétation de la discipline de la prescription pénale. Il réaffirme l'importance d'une application attentive et non automatique des causes de suspension, surtout en présence d'événements procéduraux complexes comme l'annulation d'une ordonnance d'irrecevabilité de l'appel. Pour les infractions commises dans la période transitoire post-Loi 103/2017, la Cour suprême a clarifié que l'irrecevabilité de l'appel équivaut, aux fins du calcul de la prescription, à une confirmation de la sentence de première instance, empêchant ainsi le calcul de la période de suspension. Cette décision offre non seulement une plus grande clarté interprétative, mais souligne également l'attention constante de la jurisprudence à équilibrer l'exigence punitive de l'État avec le droit de l'accusé à une définition des délais procéduraux certaine et non excessivement dilatée.