Définition facilitée et avis de liquidation : les éclaircissements de la Cour de cassation dans l'ordonnance n° 29320/2025

Le paysage du contentieux fiscal italien est souvent caractérisé par des tentatives de définition facilitée visant à clore les litiges avec le Trésor de manière rapide et moins coûteuse. Cependant, tous les actes émis par l'Administration financière ne permettent pas l'accès à ces avantages. Une récente décision de la Cour suprême de cassation, l'ordonnance n° 29320 du 5 novembre 2025, a abordé un thème crucial : l'admissibilité de la définition facilitée prévue par l'art. 6 du D.L. n° 119 de 2018 en relation avec les avis de liquidation qui se limitent à demander le paiement de sommes déjà constatées précédemment.

L'affaire judiciaire met en scène le contribuable M. M. contre l'A. (Avvocatura Generale dello Stato), dans un recours qui trouve son origine dans l'appel d'une décision de la Commission Tributaire Régionale de Campanie. Le point central du litige concerne la possibilité de régulariser une controverse au moyen du soi-disant pardon fiscal lorsque l'acte contesté n'introduit pas une nouvelle prétention fiscale, mais se limite à liquider ce qui a déjà été établi dans un acte d'imposition précédent. La Cour de cassation, en rejetant le recours, a fourni un guide interprétatif fondamental pour distinguer les actes contestables aux fins de la définition facilitée.

La distinction entre acte d'imposition et acte de simple liquidation

Pour comprendre la portée de la décision, il est nécessaire de distinguer entre les actes qui exercent pour la première fois la prétention fiscale et ceux qui en sont une simple exécution technique. La Cour a réaffirmé que la définition facilitée est réservée exclusivement aux litiges ayant pour objet des actes de nature impositive. Si l'avis de liquidation ne contient aucune nouvelle évaluation sur le fond de l'impôt, mais représente seulement une étape formelle pour le recouvrement de sommes déjà faisant l'objet d'un redressement, le présupposé du pardon disparaît.

  • L'acte doit être le premier et unique par lequel la prétention est exercée à l'égard du contribuable.
  • Il ne doit pas s'agir d'une simple répétition de calculs basés sur des actes précédents non contestés ou déjà confirmés en justice.
  • Le litige doit concerner le fond de l'impôt (l'existence et le montant), et non la simple modalité technique de recouvrement ou le récapitulatif des sommes dues.
En matière de définition facilitée, l'avis de liquidation de l'impôt, s'il constitue une simple demande de paiement de la somme objet d'un précédent acte de redressement, est dépourvu de nature et de finalité impositives, de sorte que son contestation ne donne pas lieu à un litige définissable ex art. 6 du d.l. n° 119 de 2018 (conv. avec modif. par la l. n° 136 de 2018), n'étant pas le premier et unique acte par lequel la prétention fiscale est exercée à l'égard du contribuable.

Le principe de droit exprimé par la Cour suprême

Le commentaire de la maxime ci-dessus permet de souligner comment la Cour de cassation entend limiter l'accès aux avantages du pardon à ces cas où il existe une incertitude effective sur la prétention fiscale. Si le fisc a déjà émis un redressement et que celui-ci est resté incontesté ou a déjà fait l'objet d'un jugement, l'avis de liquidation subséquent est un acte purement servile. Permettre la définition facilitée sur un acte purement exécutif signifierait, de fait, permettre au contribuable de rouvrir des délais désormais expirés pour contester des dettes fiscales déjà consolidées, éludant la raison d'être de la norme qui vise à désengorger le contentieux sur des prétentions encore sub judice et réellement contestables.

Cet orientement s'inscrit dans la lignée de précédents illustres, comme l'arrêt des Sections Unies n° 18298 de 2021, confirmant une tendance jurisprudentielle rigoureuse dans l'interprétation des normes de faveur pour le contribuable. L'art. 6 du D.L. 119/2018, converti par la Loi 136/2018, doit donc être appliqué avec une extrême prudence : la contestation doit porter sur un acte qui manifeste pour la première fois la volonté impositive de l'État. Dans le cas contraire, la demande de définition facilitée est irrecevable, car l'objet même du litige définissable fait défaut.

Conclusions sur la portée de l'ordonnance n° 29320/2025

En conclusion, l'ordonnance n° 29320/2025 représente un important avertissement pour les contribuables et les conseillers juridiques. Avant d'entreprendre la voie de la définition facilitée, il est fondamental d'analyser minutieusement la nature de l'acte contesté. Si l'on se trouve face à une simple demande de paiement découlant d'actes d'imposition précédents, le risque est de voir son recours rejeté avec une perte de temps et de ressources procédurales conséquente. La clarté de la Cour dans la définition du périmètre d'application du pardon fiscal aide à mieux délimiter les stratégies de défense, en évitant des recours instrumentaux qui n'ont aucune chance de succès à la lumière du cadre normatif en vigueur.

Cabinet d'Avocats Bianucci