Reconnaissance de l'enfant de la mère intentionnelle : l'impact de l'arrêt n° 15075 de 2025 sur la PMA à l'étranger

Le droit de la famille est en constante évolution, surtout lorsqu'il est confronté aux nouvelles frontières de la médecine. La procréation médicalement assistée (PMA), en particulier l'hétérologue et réalisée à l'étranger, a posé et continue de poser des défis importants à notre système juridique, notamment pour la reconnaissance du statut d'enfant dans les couples non traditionnels. L'arrêt de la Cour de cassation n° 15075 du 05/06/2025 offre une lecture importante de l'évolution de la jurisprudence, confirmant une orientation de protection de l'intérêt supérieur de l'enfant.

La loi 40/2004 et ses évolutions

La loi n° 40 de 2004 sur la procréation médicalement assistée a fait, dès son introduction, l'objet de larges débats et de nombreux interventions de la Cour constitutionnelle. Née pour réguler une matière complexe, elle a montré avec le temps certaines rigidités, notamment en relation avec l'accès aux techniques de PMA hétérologue et la reconnaissance de la parentalité dans des contextes familiaux divers. L'article 8 de la L. 40/2004, en particulier, a été au centre de multiples questions de légitimité constitutionnelle.

Originellement, la loi présentait des limites strictes qui empêchaient la reconnaissance de la parentalité dans les cas de PMA hétérologue, spécialement pour les couples homoparentaux. Cependant, la jurisprudence, et en particulier la Cour constitutionnelle, a progressivement démantelé ces barrières, reconnaissant l'exigence d'adapter la normative à la réalité sociale et, surtout, de garantir la pleine protection des droits des enfants nés de ces parcours.

L'arrêt n° 15075/2025 : un point fixe sur la mère intentionnelle

La décision de la Cour de cassation, arrêt n° 15075 de 2025, aborde un cas emblématique : celui d'un enfant né en Italie de mère italienne, conçu à l'étranger par PMA de type hétérologue, au sein d'un couple homosexuel féminin. La question centrale était la reconnaissance du statut d'enfant également à l'égard de la "mère intentionnelle", celle qui, tout en n'étant pas la mère biologique, avait donné son consentement à la pratique de fécondation avec la mère porteuse.

La Cour de cassation, présidée et rapportée par le Dr A. G., tout en rejetant le recours, a corrigé la motivation de la Cour d'appel de Brescia, qui avait interprété de manière évolutive l'art. 8 de la L. 40/2004. Ceci parce que, avant la déclaration spécifique d'illégitimité constitutionnelle, une interprétation aussi extensive n'était pas possible pour le juge commun, en raison de la teneur littérale de la norme. La Cour a donc réaffirmé l'importance du rôle de la Cour constitutionnelle pour combler les lacunes normatives et adapter le droit aux principes constitutionnels.

En cas de conception à l'étranger par l'emploi de techniques de procréation médicalement assistée de type hétérologue, voulue par un couple homosexuel féminin, l'enfant né en Italie a le statut d'enfant reconnu également à l'égard de la mère intentionnelle qui, avec la mère biologique, a donné son consentement à la pratique de fécondation, en conséquence de la déclaration d'illégitimité constitutionnelle de l'art. 8 de la l. n° 40 de 2004, avec l'arrêt n° 68 de 2025, le juge commun ne pouvant, avant cette décision, reconnaître la parentalité de la mère intentionnelle par voie d'interprétation évolutive, précluse par la teneur littérale de l'art. 8 de la citée l. 40.

Cette maxime cristallise un principe fondamental : la reconnaissance de la parentalité de la mère intentionnelle n'est pas le fruit d'une libre interprétation du juge ordinaire, mais découle directement de la déclaration d'illégitimité constitutionnelle de l'article 8 de la Loi n° 40 de 2004, survenue avec l'Arrêt n° 68 de 2025 de la Cour constitutionnelle. C'est la Consulta qui a ouvert la voie, en levant un obstacle normatif qui empêchait la pleine reconnaissance du lien parental. Cela souligne comment la protection du "best interest of the child" est devenue le phare orientant la jurisprudence, garantissant à l'enfant le droit d'avoir un lien juridique avec les deux parents qui l'ont voulu et l'ont élevé, indépendamment de leur orientation sexuelle ou des modalités de conception, pourvu qu'elles soient licites dans le lieu de pratique.

Les implications pour les familles et la protection du mineur

Les conséquences de cette orientation jurisprudentielle sont de grande portée. Elles touchent directement la vie de nombreuses familles et, surtout, garantissent la pleine protection des droits des mineurs impliqués. Les points saillants incluent :

  • Reconnaissance du statut d'enfant : L'enfant né de PMA hétérologue à l'étranger, dans un couple homosexuel féminin, a droit à la reconnaissance des deux mères, la biologique et l'intentionnelle.
  • Intérêt supérieur du mineur : La jurisprudence réaffirme que l'intérêt du mineur à avoir un statut juridique certain et complet prévaut sur les restrictions normatives. Ce principe est également consacré au niveau constitutionnel (art. 2 Cost.) et par des conventions internationales, comme l'art. 8 de la CEDH, qui protège le droit au respect de la vie privée et familiale.
  • Non-discrimination : L'orientation contribue à surmonter des formes de discrimination basées sur l'orientation sexuelle des parents, en assurant que tous les enfants aient des droits égaux, indépendamment de la composition de leur famille.

La Cour de cassation, tout en rejetant le recours, a corrigé la motivation de la Cour d'appel de Brescia, soulignant que la reconnaissance de la parentalité de la mère intentionnelle ne peut découler d'une interprétation "créative" du juge ordinaire, mais doit se fonder sur un présupposé juridique solide, comme la déclaration d'illégitimité constitutionnelle. Ceci réaffirme la hiérarchie des sources et la nécessité d'un intervention législative ou constitutionnelle pour des modifications aussi profondes.

Conclusions et perspectives futures

L'arrêt n° 15075 de 2025 représente une pièce importante dans la mosaïque de la filiation et du droit de la famille. Il confirme l'engagement de la jurisprudence italienne à protéger les droits des mineurs et à reconnaître la pluralité des formations familiales qui émergent dans la société contemporaine. L'évolution normative, souvent guidée par les interventions de la Cour constitutionnelle, vise à garantir qu'aucun enfant ne soit privé de son droit à avoir un lien juridique avec ceux qui l'ont voulu et l'élèvent, en surmontant les anciennes conceptions et en s'adaptant aux nouvelles réalités. Pour les couples qui entreprennent des parcours de PMA à l'étranger, cette décision offre une plus grande clarté et sécurité juridique, tout en soulignant la complexité d'un système qui requiert encore une pleine harmonisation entre le droit et le progrès scientifique et social. Il est fondamental, dans ces cas, de s'adjoindre une consultation juridique spécialisée pour naviguer les complexités du droit international privé et du droit de la famille.

Cabinet d'Avocats Bianucci