Rétention des étrangers et protection internationale : la Cour de cassation sur les délais (Arrêt n° 23931/2025)

La gestion des flux migratoires exige un équilibre délicat entre les impératifs de sécurité et la protection des droits fondamentaux. L'arrêt n° 23931, déposé le 26 juin 2025 par la Cour de cassation, apporte une contribution significative en matière de rétention administrative des personnes étrangères et de demandes de protection internationale jugées "instrumentales".

Le Contexte Normatif et la Demande "Instrumentale"

La rétention administrative, qui porte atteinte à la liberté individuelle (art. 13 de la Constitution, art. 5 de la CEDH), s'applique aux personnes en attente de retour après une mesure d'expulsion ou de rejet. Le cadre normatif a été mis à jour par le décret-loi du 11 octobre 2024, n° 145, converti par la loi du 9 décembre 2024, n° 187. L'arrêt examine le cas où, pendant la rétention, l'étranger présente une demande de protection internationale que l'administration peut considérer comme "instrumentale" pour retarder le renvoi.

La Décision de l'Arrêt et ses Effets

La portée de la décision est bien résumée dans la maxime, qui clarifie les délais de détention et le rôle du contrôle juridictionnel :

En matière de rétention des personnes étrangères, dans le régime procédural résultant du décret-loi du 11 octobre 2024, n° 145, converti, avec modifications, par la loi du 9 décembre 2024, n° 187, lorsqu'un sujet visé par une mesure d'expulsion ou de rejet, retenu en attente de retour, présente une demande de protection internationale et que l'administration en estime le caractère instrumental, ordonnant une nouvelle rétention conformément à l'art. 6 du décret législatif du 18 août 2015, n° 142, les délais maximums de cette mesure sont ceux prévus par le même art. 6, tandis que l'art. 28-bis du décret législatif du 28 janvier 2008, n° 25, fixe les délais des procédures accélérées, dont le dépassement n'entraîne pas la caducité de la rétention, mais le rétablissement de l'effet suspensif automatique de la mesure contestée, sous réserve du contrôle juridictionnel du dépassement des délais prévus aux paragraphes 1 et 2 de l'art. 28-bis du décret législatif n° 25 de 2008, en cas de dénonciation de l'écoulement inutile du temps ou de l'inertie fautive, afin d'activer une évaluation concrète de la nécessité de dépasser la limite légale, non péremptoire, en fonction de l'adéquation de l'examen à réaliser.

En résumé, la Cour établit que les délais maximums pour la "nouvelle rétention" après une demande de protection instrumentale sont ceux de l'art. 6 du D.Lgs. 142/2015. Le dépassement des délais de l'art. 28-bis du D.Lgs. 25/2008 (procédures accélérées) n'entraîne pas la caducité de la rétention, mais rétablit l'effet suspensif de la mesure d'expulsion. La "sindicabilité giurisdizionale" (contrôle juridictionnel) des retards est fondamentale, permettant au juge d'intervenir pour garantir un examen adéquat de la demande et protéger les droits du demandeur.

Points Clés :

  • Délais maximums de nouvelle rétention : art. 6 D.Lgs. 142/2015.
  • Dépassement des délais de l'art. 28-bis D.Lgs. 25/2008 : rétablissement de la suspension de l'expulsion.
  • Contrôle juridictionnel : le juge évalue les retards pour garantir un examen adéquat.

Conclusions

L'arrêt n° 23931/2025 constitue un point de référence essentiel pour l'équilibre entre le contrôle migratoire et les droits fondamentaux. Il souligne l'importance du respect des délais procéduraux et réaffirme le rôle irremplaçable du contrôle juridictionnel comme garantie de légalité et de protection des personnes étrangères.

Cabinet d'Avocats Bianucci