Contrebande Douanière et TVA à l'Importation : La Cassation Confirme la Continuité Normative (Arrêt n° 24595/2025)

Le droit douanier et fiscal est en constante évolution, générant des incertitudes. La Cour de Cassation, par son Arrêt n° 24595 du 4 juillet 2025, a clarifié la continuité normative entre les anciennes et les nouvelles dispositions relatives à la contrebande douanière et à la TVA à l'importation. Une décision pertinente pour les opérateurs et les professionnels.

La Continuité Normative : Un Principe Fondamental

En droit pénal, le principe de "succession des lois dans le temps" est essentiel : si une nouvelle loi abroge une infraction, les faits antérieurs ne sont plus punissables. La "continuité normative" survient lorsque la nouvelle loi, tout en abrogeant la précédente, en maintient intacte la qualification de l'infraction. Dans ce cas, il n'y a pas d'abolition. La Cassation a examiné cet aspect lors du passage du D.P.R. 23 janvier 1973, n° 43 au D.Lgs. 26 septembre 2024, n° 141, pour les infractions de contrebande.

En matière de contrebande douanière, il existe une continuité normative, relativement à la TVA à l'importation, entre les articles abrogés 34, alinéa 2, 292 et 295, alinéa 2, lettre c), du d.P.R. 23 janvier 1973, n° 43, abrogés par l'article 8, alinéa 1, lettre f), du d.lgs. 26 septembre 2024, n° 141, et les articles en vigueur 27, alinéa 2, 79, 88 alinéa 2, lettre c), et 96, alinéa 1, lettre a), introduits par le d.lgs. susmentionné (Cas survenu antérieurement à l'entrée en vigueur de l'article 17, alinéa 1, lettre b), du d.lgs. 12 juin 2025, n° 81, qui a modifié l'article 96, alinéa 1, du d.lgs. n° 141 de 2024, relatif à une déclaration douanière attestant faussement la qualité d'exportateur habituel avec pour conséquence l'omission du paiement de la TVA à l'importation, liée au délit de faux en écriture dont à l'article 483 du code pénal).

La Cour Suprême a précisé que, malgré l'abrogation formelle des anciennes normes, la substance de l'infraction de contrebande douanière pour la TVA à l'importation est restée inchangée. Les conduites illicites auparavant punies par le D.P.R. 43/1973 sont désormais sanctionnées par le D.Lgs. 141/2024. Il n'y a pas eu de "dépénalisation" et celui qui a commis une infraction reste poursuivable. L'affaire concernait une fausse déclaration d'"exportateur habituel" pour éluder la TVA, liée au faux idéologique (art. 483 c.p.).

Implications Pratiques : Diligence et Conformité

L'affaire de Monsieur M. V. met en évidence les graves conséquences des conduites illicites. La Cassation souligne la diligence requise dans les déclarations douanières. Ceux qui opèrent dans le commerce international doivent être conscients que :

  • Les fausses déclarations pour éluder les droits de douane constituent une infraction.
  • La continuité normative assure la poursuite même après des modifications législatives.
  • L'omission du paiement de la TVA à l'importation est sévèrement sanctionnée.
  • La conduite peut constituer des infractions contre la foi publique, comme le faux idéologique.

Le principe de continuité protège le Trésor public et l'égalité des conditions sur le marché.

Conclusions : L'Indispensable Conformité Fiscale et Douanière

L'Arrêt n° 24595 de 2025 confirme la stabilité du droit pénal douanier. Il réaffirme que les réformes législatives n'altèrent pas la responsabilité pour les conduites illicites passées. Pour les entreprises et les professionnels, l'exactitude et la conformité aux réglementations douanières et fiscales sont indispensables. Notre Cabinet d'Avocats offre assistance et conseil spécialisés pour prévenir les risques juridiques.

Cabinet d'Avocats Bianucci