Abolitio Criminis et Acquittement Immédiat : L'Interprétation de la Cour de Cassation avec l'Arrêt 29184/2025

L'abolitio criminis, la cessation de la pertinence pénale d'un fait, est un principe fondamental de notre système juridique. Lorsqu'un comportement n'est plus considéré comme une infraction, les implications pour les personnes impliquées dans une procédure pénale sont immédiates. La Cour de Cassation, par son arrêt n° 29184 du 15 juillet 2025 (déposé le 6 août 2025), a apporté des éclaircissements cruciaux sur le rôle du juge d'appel dans ces scénarios, définissant les limites de l'acquittement immédiat conformément à l'article 129 du Code de Procédure Pénale.

Le Principe de Non-Punissabilité : Art. 2 c.p. et Abolitio Criminis

Le principe est consacré par l'article 2, alinéa 2, du Code Pénal : "Nul ne peut être puni pour un fait qui, selon une loi postérieure, ne constitue pas une infraction". Cette norme garantit la rétroactivité de la loi pénale plus favorable, annulant les condamnations pour des faits qui ne sont plus illicites. Son application est vitale lorsque l'abolition intervient après une condamnation de première instance mais avant que le jugement ne devienne définitif, plaçant le système judiciaire face à la nécessité de concilier la garantie pour l'accusé et l'efficacité procédurale.

L'Arrêt 29184/2025 : L'Obligation d'Acquittement Immédiat

La décision de la Cour de Cassation, Sixième Chambre Pénale (Président Dr. M. R., Rapporteur Dr. P. D. G.), aborde directement cette question. En rejetant un recours contre une décision de la Cour d'Appel de Cagliari du 19 novembre 2024, la Cour Suprême a établi les conditions précises de l'acquittement immédiat de l'accusé, dans le cas spécifique de M. G. V., en présence d'une abolitio criminis. La maxime de l'arrêt est claire :

Dans le cas où le fait pour lequel une condamnation a été prononcée en première instance ne serait plus prévu par la loi comme une infraction, le juge d'appel, conformément à l'art. 129 du code de procédure pénale, est tenu à l'acquittement immédiat de l'accusé, sans avoir à poursuivre le jugement afin d'établir l'inexistence du fait ou la non-imputabilité de celui-ci à l'accusé, à moins que ces hypothèses d'acquittement ne requièrent une simple constatation et, par conséquent, ne garantissent également l'immédiateté de la décision. (Cas concernant l'abus de fonction).

Cela implique qu'en cas d'abolitio criminis, le juge d'appel doit acquitter l'accusé sans autres vérifications sur la subsistance du fait ou son attribution. L'objectif est la plus grande célérité dans l'application du principe de non-punissabilité pour un fait qui n'est plus illicite.

Exceptions : La "Simple Constatation" d'Autres Causes d'Acquittement

L'arrêt introduit une exception importante : l'acquittement immédiat n'est pas obligatoire si d'autres causes d'acquittement (telles que l'inexistence du fait ou la non-imputabilité) "ne requièrent pas une simple constatation et, par conséquent, ne garantissent pas également l'immédiateté de la décision". Cela signifie que, si l'une de ces causes ressort de manière évidente et non équivoque des actes, sans nécessiter d'enquêtes complexes, le juge peut acquitter pour ces raisons, tout en maintenant l'immédiateté. Le cas spécifique concernait l'abus de fonction, une infraction souvent sujette à des modifications législatives. La décision de la Cassation :

  • Renforce la non-punissabilité pour les faits qui ne sont plus des infractions.
  • Impose un acquittement rapide en cas d'abolitio criminis.
  • Permet un acquittement pour d'autres causes, si elles sont immédiatement constatables.

Conclusions et Impacts Pratiques

L'arrêt n° 29184/2025 de la Cour de Cassation est un guide essentiel pour les professionnels du droit. Il concilie l'exigence d'une justice rapide et conforme aux changements législatifs avec la garantie d'une constatation, même sommaire, des autres causes d'acquittement. Cette décision est fondamentale pour assurer la cohérence du système pénal italien et pour protéger les droits des accusés face à l'évolution des normes.

Cabinet d'Avocats Bianucci