Dans le paysage juridique italien complexe, la question de l'utilisabilité des preuves recueillies dans des contextes non strictement procéduraux est toujours d'actualité. L'arrêt récent n° 25749 de 2025 de la Cour de Cassation intervient sur un point crucial : la nature et l'admissibilité des enquêtes menées par les compagnies d'assurance avant le début d'une procédure pénale. Cette décision offre des perspectives importantes aux professionnels du droit et à toute personne impliquée dans des affaires combinant des aspects d'assurance et pénaux, en définissant des frontières plus claires entre les différentes activités d'enquête.
La Cour suprême, examinant le recours de l'accusé G. Z., a annulé sans renvoi la décision de la Cour d'appel de Lecce du 18 septembre 2024. Le nœud central était la validité et l'utilisabilité, dans une procédure pénale, des enquêtes menées par une compagnie d'assurance. En cas de sinistre, l'assurance mène ses propres vérifications pour établir la dynamique des faits et le bien-fondé de la demande d'indemnisation. La question était de savoir si ces activités devaient être considérées comme des "investigations défensives préventives" (art. 391-novies c.p.p.), et donc soumises à des garanties procédurales strictes.
L'art. 391-novies c.p.p. régit les "investigations défensives préventives", activités de recherche et d'acquisition d'éléments de preuve que le défenseur peut mener avant l'instauration d'une procédure pénale, afin de préparer une défense. Ces investigations sont entourées de garanties précises de loyauté et de correction.
En matière de preuve, l'enquête menée par la compagnie d'assurance, avant le début de la procédure pénale, afin de vérifier le bien-fondé de la demande d'indemnisation, ne peut être considérée comme une activité d'investigation défensive préventive, au sens de l'art. 391-novies cod. proc. pen., étant un simple approfondissement technique visant à reconstituer la dynamique du sinistre dénoncé, en phase d'exécution du contrat d'assurance, de sorte que ses résultats sont utilisables dans la procédure pénale, malgré le non-respect de la discipline prévue pour le déroulement des investigations défensives.
Cette maxime est d'une importance fondamentale, traçant une ligne de démarcation nette. La Cour, avec le Président E. A. et le Rapporteur P. D. N. T., a précisé que l'activité de l'assurance est un "simple approfondissement technique", non destiné à préparer une défense dans un procès pénal, mais à vérifier l'étendue du dommage à des fins contractuelles. Cela signifie que les résultats de ces enquêtes – comme les expertises ou les inspections – peuvent être légitimement acquis et utilisés dans la procédure pénale, même s'ils n'ont pas suivi les formalités prévues pour les investigations défensives (art. 391-novies c.p.p. ou art. 327-bis c.p.p.).
Les retombées pratiques sont significatives. Si une enquête d'assurance produisait des éléments utiles à la reconstitution d'une infraction (par exemple, fraude à l'assurance ou blessures graves), ces éléments pourraient être introduits dans le procès pénal sans que la défense puisse invoquer leur inutilisabilité pour vices de procédure. Ceci est pertinent compte tenu du fait que les compagnies d'assurance, comme prévu par l'art. 148 du Code des Assurances Privées (D.Lgs. n° 209/2005), ont des obligations précises d'enquête sur les sinistres.
La décision de la Cassation s'aligne sur des jurisprudences antérieures (arrêts n° 1731/2018 et n° 13110/2019) qui ont défini la distinction entre activité d'investigation défensive et autres formes d'enquête technique. La différence essentielle réside dans la finalité : l'investigation défensive recherche des éléments en faveur de l'inculpé/accusé, tandis que l'enquête d'assurance est instrumentale à la gestion du contrat et à la liquidation du dommage. Cette distinction est cruciale pour l'utilisation des preuves en justice.
En résumé, l'arrêt 25749/2025 nous offre quelques points fermes :
L'arrêt n° 25749 de 2025 de la Cour de Cassation représente une clarification importante dans une matière complexe. Il offre un guide clair aux opérateurs du droit, distinguant les finalités et les modalités d'acquisition des preuves dans des contextes différents. Pour les compagnies d'assurance, il confirme la validité de leurs enquêtes techniques, en gardant un œil attentif sur leur potentielle utilisabilité en matière pénale. Pour les citoyens et les avocats, savoir que ces éléments peuvent entrer dans le procès pénal est crucial pour une évaluation correcte du cadre probatoire et pour des stratégies de défense efficaces. La clarté de la Cour suprême rend le parcours judiciaire plus transparent et prévisible, garantissant la recherche de la vérité procédurale sans formalismes inutiles.