Dans le labyrinthe du droit de la sécurité sociale et de l'assistance italien, la phase de constatation de l'état d'invalidité ou de handicap représente souvent le premier et le plus délicat obstacle pour les citoyens. Une récente décision de la Cour de cassation, l'Ordonnance n° 28659 du 29 octobre 2025, est intervenue pour clarifier les limites et la portée réelle de la mesure émise en vertu de l'article 445-bis, dernier alinéa, du Code de procédure civile. La Cour suprême a délimité avec précision les frontières entre l'évaluation médicale et l'attribution effective de la prestation économique, mettant fin à de fréquents malentendus interprétatifs.
L'affaire trouve son origine dans un litige opposant P. C. et E. F. M., parvenu devant les juges de la légitimité après la décision du Tribunal de Frosinone. Au cœur du débat se trouve la nature du décret d'homologation ou de l'arrêt qui conclut la procédure d'Expertise Technique Préventive Obligatoire (ATPO). De nombreux requérants estiment en effet, à tort, que la reconnaissance de l'état d'invalidité par l'expert judiciaire (CTU) équivaut automatiquement à l'attribution de la pension ou de l'allocation d'assistance.
La Cour de cassation a au contraire réaffirmé que la procédure spéciale prévue par l'art. 445-bis c.p.c. a une finalité exclusivement instrumentale et déflatoire, visant uniquement à cristalliser la condition médicale du demandeur. Pour le versement effectif de la prestation, l'organisme de prévoyance devra ultérieurement vérifier les conditions dites extra-sanitaires, telles que :
Pour comprendre pleinement la portée de cette décision, il est fondamental d'analyser la maxime exprimée par les juges de la légitimité :
La décision visée à l'art. 445-bis, dernier alinéa, c.p.c., a pour objet unique la constatation de la condition sanitaire nécessaire pour bénéficier d'une prestation de sécurité sociale ou d'assistance, de sorte que la décision correspondante ne peut avoir d'effet déclaratif quant au droit à la prestation elle-même, lequel ne peut être établi qu'à l'issue des vérifications ultérieures relatives aux conditions extra-sanitaires.
Cette maxime clarifie de manière univoque que le juge, lors de la phase de l'ATPO, ne peut et ne doit pas déclarer le droit du citoyen à recevoir la prestation économique. Sa mission se limite à valider ou non les conclusions du médecin légiste. Si la condition sanitaire est constatée, la balle passe à l'INPS (ou à l'organisme compétent) qui devra procéder à la vérification des conditions socio-économiques avant de liquider les sommes dues.
La décision de la Cour, en ligne avec les précédents conformes (comme l'arrêt n° 17787 de 2020), souligne l'importance d'une assistance juridique correcte dès les premiers stades du contentieux de la sécurité sociale. Obtenir une issue favorable sur l'expertise médicale est une étape fondamentale, mais ne représente pas la fin du parcours. Si l'organisme de prévoyance devait refuser le paiement en invoquant l'absence de conditions de revenus, le citoyen devra engager une procédure judiciaire ordinaire autonome pour faire valoir son droit subjectif à la prestation.
En conclusion, l'Ordonnance n° 28659 de 2025 de la Cour de cassation réaffirme un principe d'une importance fondamentale pour l'efficacité et la répartition correcte des compétences dans le système de sécurité sociale. La constatation sanitaire reste une condition indispensable, mais non suffisante. Pour les citoyens et les professionnels du droit, cette décision représente un avertissement à ne pas confondre la santé avec le portefeuille, rappelant que la protection sociale de l'État se fonde toujours sur un équilibre délicat entre besoins médicaux et protections sociales et économiques.