Définition facilitée et double succombance du Fisc : analyse de l'ordonnance n° 30454 de 2025

Le panorama du contentieux fiscal italien est souvent caractérisé par des incertitudes qui nécessitent l'intervention de la Cour suprême de cassation afin de garantir une interprétation uniforme des normes. L'un des instruments les plus pertinents pour la réduction de la charge judiciaire a été la « paix fiscale », introduite par le décret-loi n° 119 de 2018. L'ordonnance n° 30454 du 18/11/2025 aborde spécifiquement les conditions d'accès à la définition facilitée des litiges pendants devant la Cour de cassation, en se concentrant sur le montant du paiement dû par le contribuable.

Le mécanisme de la définition facilitée dans le D.L. 119/2018

L'article 6 du D.L. n° 119 de 2018 permet de clore les litiges fiscaux dans lesquels l'Agence du revenu (Agenzia delle Entrate) est partie, en payant des montants réduits en fonction de l'état de la procédure et de l'issue des phases précédentes. L'objectif du législateur est d'encaisser rapidement des sommes pour le Trésor public et, simultanément, de désengorger les tribunaux de procédures qui pourraient durer des années. Dans l'affaire examinée par la Cour suprême, le litige opposait l'Administration financière, représentée par l'Avocature générale de l'État (A.), et le contribuable G., dans une affaire née d'une décision de la Commission fiscale régionale (CTR) de Vénétie.

Les conditions requises pour le paiement réduit à 5 % et la maxime de la Cour

Le point nodal de la décision concerne l'interprétation du paragraphe 2-ter de l'art. 6. La norme permet d'éteindre la dette fiscale en versant seulement 5 % de la valeur du litige, mais exige une condition rigoureuse : l'Administration doit avoir été déboutée dans les deux degrés de juridiction sur le fond. Voici comment la Cour suprême a synthétisé le principe de droit applicable :

En matière de définition facilitée ex art. 6 du d.l. n° 119 de 2018, converti avec modifications par la loi n° 136 de 2018, les litiges fiscaux pendants devant la Cour de cassation peuvent être définis, conformément au paragraphe 2-ter dudit article, par le paiement d'un montant égal à 5 % de la valeur du litige si l'Administration, avec une référence spécifique au redressement encore sub iudice, a succombé dans les deux degrés de la procédure au fond.

Cette maxime clarifie que la double succombance du Fisc est la condition sine qua non pour la réduction de la dette à 5 %. Si l'Administration avait gagné ne serait-ce qu'à un seul degré, le pourcentage de paiement aurait été significativement supérieur. Le mécanisme récompense donc la cohérence des décisions favorables au contribuable obtenues lors des phases au fond, rendant la prétention fiscale moins solide aux yeux de la loi.

Les implications pratiques pour les contribuables

Pour ceux qui ont un recours pendant devant la Cour de cassation, l'ordonnance n° 30454 de 2025 confirme une issue extrêmement avantageuse si certains éléments sont réunis :

  • La pendance du recours à la date prévue par la réglementation de référence.
  • La victoire du contribuable tant en première instance qu'en appel (double succombance de l'administration).
  • Le paiement ponctuel du montant réduit calculé sur la valeur du litige encore sub iudice.

Dans l'affaire traitée, la Cour a déclaré l'instance éteinte précisément en raison de la définition facilitée effectuée par le contribuable G., confirmant la légitimité de la clôture du litige pendant contre la CTR de Vénétie.

Conclusions

L'ordonnance n° 30454 de 2025 réaffirme un principe d'équité : si le Fisc a perdu deux fois, la prétention fiscale est considérée comme tellement fragile qu'elle justifie une clôture définitive moyennant un versement de 5 %. Suivre ces orientations jurisprudentielles est essentiel pour tout cabinet juridique et pour les entreprises, afin d'évaluer s'il est plus avantageux de poursuivre un jugement incertain ou d'adhérer aux instruments de paix fiscale pour garantir économies et sécurité juridique.

Cabinet d'Avocats Bianucci