Le Mandat d'Arrêt Européen (MAE) est un instrument crucial pour la coopération judiciaire pénale au sein de l'Union Européenne, visant à accélérer les procédures de remise entre États membres. Cependant, son application peut présenter des complexités, notamment dans l'équilibre entre l'exécution de la peine et les garanties pour le condamné. Une récente décision de la Cour de Cassation, l'Arrêt n° 30618 du 08/09/2025, a apporté des éclaircissements fondamentaux sur un aspect délicat : la nécessité du consentement de l'État d'émission pour le refus de remise basé sur les besoins de réinsertion sociale.
Institué par la Décision-cadre 2002/584/JAI et mis en œuvre en Italie par la Loi n° 69 du 22 avril 2005, le MAE prévoit des motifs de refus de remise. Parmi ceux facultatifs, l'article 18-bis de la Loi n° 69/2005 permet à la Cour d'Appel de refuser la remise si la prise en charge de la peine en Italie favorise la réinsertion sociale du condamné. Cette disposition vise à protéger le parcours éducatif, en accord avec les principes constitutionnels et les directives européennes. L'application de cette faculté a cependant soulevé des interrogations sur sa compatibilité avec le principe de reconnaissance mutuelle et la nécessité de coordination avec l'État d'émission.
Un moment décisif a été l'arrêt de la Grande Chambre de la Cour de Justice de l'Union Européenne du 4 septembre 2025, affaire C-305/22. Cette décision a eu un impact significatif sur l'interprétation de l'article 18-bis, soulignant l'importance du dialogue entre les autorités judiciaires pour une application harmonisée du MAE. C'est dans ce cadre que s'inscrit l'Arrêt n° 30618 du 08/09/2025 de la Cour de Cassation, qui a cassé et renvoyé une décision de la Cour d'Appel de Milan. La Cour Suprême, présidée par le Dr DE AMICIS G. et dont le rapporteur était le Dr CALVANESE E., a précisé que la Cour d'Appel, avant de pouvoir invoquer le motif de refus facultatif lié à la réinsertion sociale et de prendre en charge l'exécution de la peine, doit impérativement obtenir le consentement de l'État d'émission. En l'absence de ce consentement, la Cour italienne est tenue de prononcer la remise de la personne recherchée.
En matière de mandat d'arrêt européen exécutif, suite à l'arrêt de la Grande Chambre de la Cour de justice de l'Union européenne du 4 septembre 2025, C305/22, la Cour d'appel, avant d'opposer le motif de refus facultatif de remise lié aux besoins de réinsertion sociale du condamné, transposé à l'art. 18-bis loi du 22 avril 2005, n° 69, et de prendre en charge l'exécution de la peine, est tenue d'acquérir le consentement de l'État d'émission, qui s'exprime par la transmission de la condamnation accompagnée du certificat pertinent conformément aux articles 4 et 5 de la Décision-cadre 2008/909/JAI, étant, en son absence, tenue de prononcer la remise de la personne recherchée.
Cette maxime est d'une importance fondamentale. Elle établit que la faculté de refuser la remise pour des raisons de réinsertion sociale n'est pas une décision unilatérale de l'État d'exécution. Elle requiert une approbation explicite de l'État qui a émis le MAE. Le consentement se manifeste par la transmission de la condamnation accompagnée du certificat prévu par les articles 4 et 5 de la Décision-cadre 2008/909/JAI. Sans cette étape, l'autorité judiciaire italienne ne peut pas décider de manière autonome de retenir le condamné pour l'exécution de la peine en Italie, mais est obligée de procéder à la remise.
L'arrêt de la Cassation précise les modalités d'acquisition du consentement, en se référant à la Décision-cadre 2008/909/JAI, qui facilite la reconnaissance et l'exécution transfrontalière des jugements pénaux. Les articles 4 et 5 de cette Décision prévoient la transmission d'un certificat standardisé qui accompagne la condamnation, fournissant les informations nécessaires à l'exécution de la peine dans l'autre État membre.
Les implications pratiques pour les Cours d'Appel italiennes sont claires :
Ce mécanisme renforce la coopération judiciaire, garantissant que les décisions sur le lieu d'exécution de la peine résultent d'un accord entre les États, dans le respect à la fois des exigences de justice et des besoins éducatifs.
L'Arrêt n° 30618 du 08/09/2025 de la Cour de Cassation est une pièce fondamentale dans le complexe puzzle du Mandat d'Arrêt Européen. Réaffirmant les principes de la Cour de Justice de l'UE, il clarifie l'indispensabilité d'une action coordonnée et consensuelle entre les États membres pour le refus de remise d'un condamné pour des motifs de réinsertion sociale. Cette décision apporte une sécurité juridique et souligne l'importance d'une approche harmonisée dans l'application des instruments de coopération pénale européenne, équilibrant efficacité et protection des droits. Pour les professionnels du droit et pour les citoyens, comprendre ces dynamiques est essentiel pour une justice efficace et respectueuse des principes européens.