Le récent Arrêt n° 23344 du 12/03/2025 (déposé le 23/06/2025) de la Cour de Cassation fournit une interprétation fondamentale en matière de responsabilité administrative des sociétés, conformément au Décret Législatif 8 juin 2001, n° 231. Annulant avec renvoi une décision du Tribunal de la Révision de Gênes, la Cour Suprême réaffirme l'importance cruciale d'une motivation spécifique et approfondie pour les mesures de saisie probatoire impliquant les personnes morales. Cette décision revêt une grande importance pour la protection des entreprises et pour l'application correcte du droit pénal des affaires.
Le D.Lgs. 231/2001 a introduit dans le système juridique italien la responsabilité "parapénale" des entreprises pour les infractions commises dans leur intérêt ou à leur avantage par des personnes internes. Cette responsabilité se configure si, outre l'"infraction présupposée" de la personne physique, l'"intérêt ou avantage" pour la société et le "rôle de l'agent" sont démontrés. La saisie probatoire est un outil d'enquête clé, mais sa légitimité dépend d'un équilibre entre l'exigence de preuve et les garanties légales de la société.
L'arrêt analysé se concentre sur la nécessité d'une motivation détaillée pour la saisie probatoire dans le cadre du 231. La Cassation a censuré la décision du Tribunal de la Révision qui avait confirmé la saisie de documents et de boîtes de messagerie électronique utilisés par les employés de la C. I. N. S.p.A., car la motivation s'était basée uniquement sur les infractions de faux et de corruption contestées aux personnes physiques, négligeant l'illicite administratif spécifique de la société. La maxime est claire :
En matière de moyens de recherche de la preuve, la saisie probatoire visant à constater la responsabilité administrative de la société doit être motivée en tenant compte de la situation complexe qui intègre le "fumus" de l'illicite, comprenant, outre l'infraction présupposée, l'intérêt ou l'avantage de la société et le rôle de l'agent, selon les modèles d'imputation prévus par les art. 6 et 7 du d.lgs. 8 juin 2001, n° 231, en explicitant en outre le lien de pertinence avec les biens objet de la saisie et leur fonction probatoire quant à l'établissement de la responsabilité de la société elle-même.
La Cour souligne que le "fumus" de l'illicite pour la société ne peut être générique. La motivation de la saisie doit expliciter le lien entre l'infraction de la personne physique, l'intérêt/avantage de la société et le rôle de l'agent. Il est crucial d'indiquer la pertinence des biens saisis (documents, e-mails) et leur fonction probatoire spécifique pour la responsabilité de la société, pas seulement celle de l'individu. Rappelant les art. 6 et 7 du D.Lgs. 231/2001 sur les Modèles d'Organisation, de Gestion et de Contrôle (MOGC), l'arrêt implique que la motivation doive considérer la "faute d'organisation" de la société. Une motivation déficiente rend la saisie illégitime.
Cette décision a des répercussions significatives :
Le cas de la C. I. N. S.p.A., lié à des infractions de faux (art. 24 D.Lgs. 231/2001), met en évidence la nécessité d'un lien spécifique entre les biens saisis et l'illicite administratif de la société.
L'Arrêt n° 23344/2025 de la Cassation est un point de référence crucial pour la responsabilité des sociétés. Il réaffirme la nécessité de rigueur méthodologique dans l'application des mesures cautélaires réelles. Une motivation correcte n'est pas un simple formalisme, mais un pilier de légalité et de garantie, essentiel pour assurer des enquêtes respectueuses des droits des entreprises et focalisées sur la configurabilité réelle de l'illicite organisationnel. Pour les entreprises, cela se traduit par une attention accrue à la conformité ; pour les professionnels, par l'opportunité de défendre efficacement leurs clients.