Maltraitance Familiale : La Cassation Distingue Querelle et Délit (Arrêt n° 21289/2025)

Les dynamiques familiales peuvent engendrer des tensions, mais il est crucial de distinguer une simple querelle du grave délit de maltraitance familiale (art. 572 c.p.). La Cour suprême de cassation, par son arrêt n° 21289, déposé le 06/06/2025, offre une clarification fondamentale. Cette décision, qui a vu P. comme prévenu et Mme V. M. S. comme rapporteur, annulant avec renvoi l'arrêt de la Cour d'appel de Pérouse du 16/02/2024, revêt une importance capitale pour la protection des victimes.

Quand la Querelle Devient Délit : Les Critères de la Cassation

Le défi consiste à discerner quand un conflit, même âpre, se transforme en abus. La Cassation a fourni une orientation précieuse, soulignant que toute discussion animée ne constitue pas un délit. La clé réside dans la parité de la confrontation.

En matière de maltraitance familiale, peuvent être considérées comme l'expression d'une "querelle familiale" et pénalement sans incidence les conduites entre parties qui s'affrontent sur un pied d'égalité, même véhémentement, mais se reconnaissant mutuellement le droit d'exprimer leur point de vue, tandis que le délit est constitué lorsque qu'un sujet empêche l'autre, par des actions violentes ou offensantes répétées, d'exprimer même sa pensée autonome. (Dans sa motivation, la Cour a identifié, parmi les critères distinctifs des maltraitances dans un contexte familial de querelle vive, l'absence d'écoute de la volonté ou du jugement d'autrui, le déséquilibre structurel de la relation en faveur d'une des parties en raison de l'identité sexuelle, le différentiel de pouvoir lié aux rôles de genre, avec l'adoption de modèles de comportement de prévarication constamment unilatérale, l'exploitation des conditions subjectives spécifiques d'autrui – âge, grossesse, santé ou handicap – pour exercer un contrôle coercitif, tels que, par des offenses, humiliations ou chantage, la soumission toujours de la même partie).

La Cour précise que la différence réside dans la parité de la relation. Si les parties s'affrontent en se reconnaissant mutuellement le droit d'exprimer leur pensée, il s'agit de querelle. Au contraire, le délit est constitué lorsque qu'un sujet empêche l'autre, par des actions répétées et offensantes, d'exprimer sa pensée, instaurant un régime de prévarication constante. Ce n'est pas l'épisode isolé, mais la répétition et la finalité de domination qui définissent la maltraitance.

Reconnaître les Signes d'Abus : Les Indices Révélateurs

Pour mieux identifier la frontière, la Cassation a énuméré des critères spécifiques qui dénotent une relation déséquilibrée et abusive :

  • Absence d'écoute : Imposition de sa propre volonté.
  • Déséquilibre structurel : Disparité de pouvoir intrinsèque.
  • Prévarication unilatérale : Comportements visant à dominer constamment.
  • Exploitation de vulnérabilités : Tirer parti de conditions telles que l'âge, la grossesse, la santé ou le handicap.

Ces éléments, s'ils sont présents, dessinent un "climat" de sujétion et d'humiliation, où la victime est systématiquement contrainte de succomber en raison d'offenses, d'humiliations ou de chantage.

Conclusions : Plus de Clarté et de Protection

L'arrêt n° 21289 de 2025 de la Cassation représente un pas en avant significatif dans la jurisprudence sur les maltraitances. En fournissant des critères distinctifs clairs, la Cour facilite l'identification des situations d'abus, en les distinguant de la conflictualité normale. Cela renforce la protection des victimes, permettant aux professionnels du droit d'intervenir avec une plus grande précision. En présence de signes de prévarication constante, il est fondamental de rechercher le soutien de professionnels du droit experts en droit pénal et en droit de la famille pour une protection adéquate.

Cabinet d'Avocats Bianucci