Justice Réparatrice et Pourvoi en Cassation : L'Importante Arrêt n° 25192 de 2025

La Cour de Cassation, par son arrêt n° 25192 de 2025 (déposé le 09/07/2025), a rendu une décision d'une importance particulière qui éclaire la relation entre la justice réparatrice et le déroulement du procès pénal, notamment lorsque les résultats réparateurs émergent à des stades avancés de la procédure. Cette décision, présidée par le Dr E. A. et dont le rapporteur est le Dr M. S. V., représente un point d'ancrage sur l'obligation du juge du fond d'évaluer les bénéfices découlant d'un parcours de justice réparatrice, même s'il a été initié et conclu après l'arrêt d'appel, mais avant la décision définitive de la Cour Suprême.

La Justice Réparatrice dans le Système Pénal Italien : Une Nouvelle Perspective

L'introduction de la justice réparatrice dans notre système juridique, notamment avec la Réforme Cartabia (D.Lgs. 150/2022), a marqué un changement paradigmatique. L'article 129-bis du Code de Procédure Pénale est devenu le pivot de cette innovation, définissant la justice réparatrice comme tout programme, mis en œuvre sur une base volontaire, qui vise à recomposer le conflit entre la victime et l'auteur de l'infraction, en favorisant la réparation du préjudice et la réconciliation. Cette approche complémentaire à la justice traditionnelle ne se limite pas à la punition, mais cherche à rétablir, dans la mesure du possible, l'équilibre social et personnel perturbé par l'infraction, en promouvant la responsabilisation de l'auteur et la reconnaissance de la victime.

Les programmes de justice réparatrice peuvent prendre diverses formes, de la médiation pénale directe entre victime et coupable, à des rencontres de groupe, en passant par des formes indirectes de réparation. L'objectif principal est d'atteindre un "résultat réparateur", qui n'est pas nécessairement un accord économique, mais peut se concrétiser par des excuses, des engagements de conduite future, ou des actes symboliques de réparation.

Le Cas à l'Examen : L'Arrêt n° 25192 de 2025 de la Cassation

L'affaire judiciaire qui a conduit à l'arrêt n° 25192 de 2025 concernait l'accusé D. P.M. L. P. Le point crucial est que le programme de justice réparatrice a été initié et a atteint un résultat positif à un moment particulier : après l'arrêt de la Cour d'Appel de Bari (rendu le 11/05/2023), mais dans l'attente du jugement de légitimité devant la Cour de Cassation. En d'autres termes, lorsque la Cassation a eu à se prononcer, le résultat réparateur avait déjà été atteint, mais il n'avait pas été évalué par les juges du fond, simplement parce qu'il n'existait pas encore au moment de leur décision.

Face à cette situation, la Cour Suprême a annulé l'arrêt attaqué avec renvoi, ordonnant à la Cour d'Appel de réévaluer l'affaire à la lumière du résultat réparateur survenu. Cette décision est d'une importance fondamentale car elle établit un principe clair : l'efficacité de la justice réparatrice ne peut être exclue par le calendrier procédural, pourvu que le résultat soit atteint avant la décision définitive.

La Cour de cassation doit ordonner l'annulation avec renvoi de l'arrêt attaqué dans le cas où le juge d'appel, après avoir rendu cette décision, aurait accueilli la demande de l'accusé d'initier un programme de justice réparatrice conformément à l'art. 129-bis du code de procédure pénale et, dans l'attente du jugement de légitimité, la relation conclusive sur le résultat réparateur atteint serait parvenue, le juge du fond devant vérifier la présence des conditions pour l'octroi de la circonstance atténuante visée à l'art. 62, premier alinéa, n° 6, du code pénal et des autres bénéfices demandés en temps utile par la défense lors de la proposition du recours.

Cette maxime de l'arrêt met en évidence un principe cardinal de notre système juridique : la nécessité d'une application substantielle de la justice. En pratique, si un accusé entreprend un parcours de justice réparatrice et obtient un résultat positif, cela ne peut être ignoré simplement parce que cela est intervenu après une certaine phase procédurale. La Cassation impose au juge du fond de "vérifier la présence des conditions pour l'octroi de la circonstance atténuante visée à l'art. 62, premier alinéa, n° 6, du code pénal et des autres bénéfices demandés en temps utile". Cela signifie que le résultat réparateur peut avoir une incidence significative sur la quantification de la peine ou sur l'application d'autres mesures moins afflictives. L'atténuante visée à l'art. 62, n° 6, du code pénal, qui prévoit une réduction de peine pour celui qui s'est efforcé d'éliminer ou d'atténuer les conséquences dommageables ou dangereuses de l'infraction ou a intégralement réparé le préjudice, trouve ici une application directe dans le contexte de la justice réparatrice, qui, par sa nature, vise précisément cette réparation ou cette atténuation des conséquences.

L'Impact de la Décision : Bénéfices et Principes Juridiques

La décision de la Cassation a un impact significatif tant pour les accusés que pour l'interprétation du droit pénal. Elle renforce le principe selon lequel le juge doit considérer toutes les circonstances pertinentes aux fins de la détermination de la peine et de l'octroi de bénéfices, y compris celles survenues ultérieurement. Parmi les bénéfices que le juge du fond devra évaluer, en vertu du résultat réparateur, figurent :

  • L'octroi de la circonstance atténuante générique visée à l'art. 62, premier alinéa, n° 6, du Code Pénal, relative à la réparation du préjudice ou à l'élimination des conséquences de l'infraction.
  • L'évaluation conformément à l'art. 133 du Code Pénal, qui régit les critères de calcul de la peine, en tenant compte de la gravité de l'infraction, de la capacité de délinquance du coupable et des modalités de sa conduite après l'infraction, parmi lesquelles figure certainement l'adhésion et le succès dans un parcours réparateur.
  • La possibilité d'accéder à des peines substitutives ou à des mesures alternatives à la détention, lorsque les conditions légales le permettent et que le résultat réparateur contribue à un pronostic favorable de non-récidive.

Il est crucial de souligner que la demande d'initiation du programme de justice réparatrice doit avoir été "demandée en temps utile par la défense lors de la proposition du recours". Cet aspect est fondamental pour éviter les abus et pour garantir que l'initiative réparatrice fasse partie d'une stratégie de défense légitime et non d'un simple expédient dilatoire. L'arrêt souligne l'importance pour le juge du fond de vérifier l'effectivité du résultat réparateur et sa sincérité, et pas seulement son existence formelle.

Conclusions : Un Signal Important pour la Justice Italienne

L'arrêt n° 25192 de 2025 de la Cour de Cassation n'est pas seulement une décision sur un cas individuel, mais un signal clair de la direction que prend le système judiciaire italien. Il réaffirme la centralité de la justice réparatrice comme instrument d'une justice plus complète et efficace, capable d'aller au-delà de la simple répression pour embrasser la réparation et la réconciliation. Pour les professionnels du droit, cette décision est un avertissement à considérer toujours l'opportunité de parcours réparateurs, même lorsque le procès semble s'acheminer vers ses phases finales. Pour les citoyens, c'est la confirmation que le système pénal est de plus en plus orienté à valoriser la volonté de réparer et de se réconcilier, offrant de nouvelles opportunités à ceux qui sont appelés à répondre de leurs actes. En définitive, un pas en avant vers une justice plus humaine et attentive aux dynamiques relationnelles sous-jacentes au conflit pénal.

Cabinet d'Avocats Bianucci