Preuve testimoniale dans le procès civil : l'importance de la spécificité des faits selon l'Ordonnance n° 29799 de 2025

Dans le panorama du droit procédural civil italien, la preuve testimoniale représente l'un des instruments d'instruction les plus répandus mais, en même temps, les plus rigoureusement encadrés par le législateur. La formulation correcte des chapitres de preuve n'est pas un simple formalisme bureaucratique, mais une exigence essentielle pour garantir le droit à la défense et l'efficacité même du procès. La Cour de cassation est intervenue sur ce thème délicat avec l'Ordonnance n° 29799 du 12 novembre 2025, confirmant une orientation rigoureuse qui attribue au juge un pouvoir étendu de contrôle d'office sur la régularité des demandes d'instruction.

L'affaire et la décision de la Cour suprême

L'affaire trouve son origine dans un litige opposant Monsieur M. D. P. à la partie adverse F. Devant la Cour d'appel de Salerne, les demandes d'instruction de la partie appelante avaient été rejetées en raison de la généralité des chapitres de preuve testimoniale formulés. Un pourvoi en cassation ayant été formé, la Troisième Chambre civile, présidée par L. R. et avec le conseiller rapporteur S. G. G., a rejeté le pourvoi, confirmant la décision de fond. Les juges de la Cour suprême ont saisi l'occasion pour réaffirmer un principe fondamental en matière de déduction des preuves, formalisé dans la maxime suivante :

Le défaut d'indication spécifique des circonstances de fait faisant l'objet de la preuve testimoniale, en tant que condition de recevabilité de celle-ci, est relevable d'office par le juge et en détermine l'irrecevabilité.

Cette maxime souligne que la spécificité des faits n'est pas une simple exception de partie, c'est-à-dire une objection que la partie adverse doit soulever pour sa propre défense, mais une condition de recevabilité intrinsèque à la preuve elle-même. Par conséquent, le juge a le devoir de relever cette carence d'office, en excluant les témoins si les circonstances déduites s'avèrent génériques ou indéterminées. Ce principe s'aligne sur la jurisprudence antérieure (voir par exemple l'arrêt n° 1294 de 2018), consolidant une orientation qui vise à décharger le procès des activités d'instruction inutiles ou purement exploratoires.

Les exigences de l'article 244 du c.p.c. et les conséquences pratiques

L'article 244 du Code de procédure civile établit clairement que la preuve testimoniale doit être déduite par l'indication spécifique des personnes à interroger et des faits, formulés en articles séparés. La rigueur exigée par la Cour suprême répond à une double exigence : d'une part, garantir que le témoin rapporte des faits historiques perçus directement et non de simples évaluations personnelles ; d'autre part, permettre à la partie adverse d'exercer pleinement son droit à la défense. Pour éviter la sanction de l'irrecevabilité, les chapitres de preuve doivent présenter certaines caractéristiques :

  • Détermination temporelle et spatiale : les faits doivent être situés dans un contexte de temps et de lieu bien précis, afin de pouvoir être vérifiés.
  • Formulation objective : les chapitres doivent porter sur des faits historiques et non sur des évaluations, des opinions ou des jugements juridiques du témoin.
  • Clarté expositive : la formulation doit permettre à la partie adverse de préparer une contre-preuve adéquate et au magistrat d'en évaluer la pertinence aux fins de la décision.

Si les chapitres ne respectent pas ces normes, le juge ne peut admettre la preuve, car un examen portant sur des faits génériques violerait le principe du contradictoire et ralentirait inutilement le cours du procès.

Conclusions : la nécessité d'une défense technique qualifiée

En conclusion, l'Ordonnance n° 29799 de 2025 réaffirme la nécessité d'une rédaction extrêmement précise des actes de défense dès les premières phases du procès. Pour les professionnels du droit et pour les citoyens confrontés à un procès civil, il apparaît avec une clarté absolue que l'improvisation lors de la phase d'instruction peut compromettre irrémédiablement l'issue de tout le litige. Se fier à une défense technique méticuleuse et compétente est la seule voie pour garantir que ses arguments soient adéquatement représentés et accueillis lors du jugement.

Cabinet d'Avocats Bianucci