Frais de l'expertise technique préventive : les clarifications de l'Ordonnance n° 30366/2025

Dans le labyrinthe du contentieux de la sécurité sociale et de l'assistance en Italie, l'expertise technique préventive (ATP) prévue par l'art. 445-bis du code de procédure civile (c.p.c.) constitue une étape cruciale pour obtenir la reconnaissance de conditions sanitaires, telles que l'invalidité civile. Souvent, l'issue de cette phase s'entremêle avec des questions économiques non négligeables, en particulier la liquidation des dépens et l'application de l'exonération prévue par l'art. 152 des dispositions d'application du c.p.c. pour les revenus inférieurs à un certain seuil. Avec la récente ordonnance n° 30366 du 18 novembre 2025, la Cour de cassation a abordé un profil procédural délicat, en établissant d'importantes limites à l'exercice des recours contre les décisions relatives aux dépens.

L'affaire et la décision de la Cour suprême

L'affaire trouve son origine dans une procédure engagée par D. (F. M. E.) contre I. (C. S.), ayant abouti à une déclaration d'irrecevabilité par le Tribunal de Rome. Au cœur du débat se trouvait la contestation d'une ordonnance de liquidation des dépens émise dans le cadre d'une ATP en matière de sécurité sociale. La partie requérante, bien qu'ayant formulé la déclaration d'exonération de revenus, s'était vu mettre à charge les frais de la procédure, malgré la pendance d'une opposition formée en temps utile. La Cour de cassation a saisi l'occasion pour réaffirmer le principe de subsidiarité et la séquence correcte des recours procéduraux.

La maxime de la Cour de cassation et sa portée pratique

Pour comprendre pleinement la portée de cette décision, il est fondamental d'analyser la maxime officielle exprimée par la Cour :

En matière d'expertise technique préventive prévue par l'art. 445-bis du c.p.c., lorsqu'une opposition est formée en temps utile, le recours en cassation ultérieur contre l'ordonnance qui, dans l'intervalle, a mis les frais de l'ATP à la charge de la partie ayant formulé la déclaration d'exonération prévue par l'art. 152 des disp. d'app. du c.p.c. est irrecevable, car les griefs concernant une décision irrégulière sur les dépens relatifs à ladite phase doivent être soulevés à l'encontre de la liquidation adoptée par le juge à l'issue de la procédure d'opposition, sans qu'il soit pertinent que, par ladite ordonnance, le juge ait déclaré éteinte la procédure d'ATP susmentionnée.

La Cour explique clairement que, lorsqu'une opposition est formée contre l'expertise technique, le jugement se poursuit au fond. Par conséquent, l'éventuelle ordonnance sur les dépens émise « dans l'intervalle » (c'est-à-dire entre-temps) n'a pas de caractère définitif. Toute contestation concernant la mise à charge erronée des dépens – même lorsqu'on estime que le droit à l'exonération pour des raisons de revenus a été violé – doit être invoquée dans le cadre de la procédure d'opposition et contre le jugement final qui y met fin. Le recours extraordinaire en cassation est donc une voie impraticable à ce stade intermédiaire.

Les implications pour les requérants

Cette décision offre un guide clair pour les avocats et les citoyens confrontés à des litiges en matière de sécurité sociale. Les aspects clés à considérer sont :

  • La non-définitivité de l'ordonnance intermédiaire : L'ordonnance qui liquide les dépens en cas d'opposition pendante ne clôt pas définitivement la question, laquelle demeure sub iudice.
  • La concentration des moyens de défense : Toutes les contestations, y compris celles relatives à la violation de l'art. 152 des disp. d'app. du c.p.c., doivent être intégrées dans la procédure d'opposition.
  • Le risque d'irrecevabilité : Tenter la voie du recours immédiat en cassation entraîne une déclaration d'irrecevabilité inévitable, avec pour conséquence une aggravation des frais et une perte de temps.

Conclusions

L'ordonnance n° 30366/2025 de la Cour de cassation s'inscrit dans une ligne jurisprudentielle consolidée, visant à éviter la fragmentation des jugements et l'abus des voies de recours. Pour les citoyens qui agissent en justice pour la reconnaissance de leurs droits en matière de sécurité sociale, l'arrêt représente un avertissement à suivre rigoureusement les étapes de la procédure ordinaire, en attendant l'issue du jugement d'opposition avant de saisir la Cour suprême. Une stratégie de défense correcte s'avère, une fois de plus, l'instrument principal pour protéger ses droits sans se heurter à des obstacles procéduraux.

Cabinet d'Avocats Bianucci