Dans le scénario complexe de la coopération judiciaire internationale, la Cour suprême de cassation est appelée à résoudre des questions cruciales qui touchent aux principes fondamentaux du droit. Un exemple significatif est la récente décision n° 32241, déposée le 29 septembre 2025, qui a abordé un sujet de grande importance : l'application du principe du "bis in idem" en relation avec un Mandat d'Arrêt International (MAI) émis par le Royaume-Uni post-Brexit. Cet arrêt offre des clarifications importantes sur les rapports juridictionnels avec les autorités étrangères et sur les garanties individuelles, notamment lorsqu'un prévenu se soustrait à une mesure de sûreté déjà ordonnée dans un autre État.
La sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne a redessiné le cadre des relations juridiques, y compris la coopération en matière pénale. Le Mandat d'Arrêt Européen (MAE) n'est plus applicable, mais l'Accord de Partenariat entre l'UE et le Royaume-Uni (24 décembre 2020), en particulier les articles 600 et 601, a établi de nouvelles modalités pour la remise de personnes. L'arrêt de la Cassation s'inscrit précisément dans ce contexte, examinant le cas de M. K. D. K., destinataire d'un MAI britannique. La particularité était qu'une mesure de sûreté avait déjà été ordonnée en Pologne en vertu du même mandat, mais le prévenu s'y était soustrait, rendant nécessaire une nouvelle application en Italie.
Le principe du "bis in idem", consacré par des normes internationales comme l'article 50 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, vise à empêcher qu'une personne soit jugée ou punie deux fois pour le même délit. Dans le contexte du MAI, la question devient complexe lorsque le même ordre de capture est exécuté dans des États différents ou à des moments différents.
La Cour suprême, avec l'arrêt n° 32241/2025 (Prés. D. A. G., Rapp. T. F.), a rejeté le recours, affirmant un principe fondamental :
L'application en Italie d'une mesure de sûreté en vue de l'exécution d'un mandat d'arrêt international émis, sur la base de l'Accord de partenariat signé le 24 décembre 2020, par le Royaume-Uni, pour une procédure pénale en cours devant ses autorités judiciaires, ne constitue pas une violation de l'interdiction du "bis in idem", dans le cas où, en vertu du même mandat, une mesure de sûreté a déjà été ordonnée par un autre État – en l'espèce, la Pologne – mais que le destinataire s'en est "entre-temps" soustrait, étant donné que, même face à deux décisions d'exécution du même ordre de capture, un seul procédure pénale est pendante à l'encontre du requérant dans l'État d'émission.
Cette décision est d'une importance cruciale. La Cour a clarifié que l'interdiction du "bis in idem" se réfère à l'unicité de la procédure pénale et de la condamnation définitive pour le même fait, et non à l'unicité des mesures de sûreté adoptées pour assurer l'exécution d'un unique mandat d'arrêt. Bien que M. K. D. K. ait été soumis à une mesure de sûreté en Pologne puis en Italie, toutes deux découlaient du même et unique MAI britannique. La soustraction à la première mesure a légitimé une nouvelle activation de la coopération judiciaire, sans que cela ne constitue une double persécution pour le même délit. La raison d'être est de garantir que la procédure pénale dans l'État requérant puisse aboutir, empêchant le prévenu d'éluder la justice. L'arrêt s'aligne sur des orientations antérieures de la Cassation (comme l'arrêt n° 34466 de 2021) qui distinguent l'acte de persécution pénale et les mesures visant à en garantir l'efficacité.
La décision de la Cour suprême offre des pistes de réflexion pour les opérateurs du droit et pour les citoyens impliqués dans des procédures transnationales :
L'arrêt n° 32241 de 2025 de la Cour de cassation représente une pièce importante dans la jurisprudence italienne sur les rapports juridictionnels internationaux. En soulignant la distinction entre l'unicité de la procédure pénale et la pluralité de mesures de sûreté possibles nécessaires à son exécution, la Cour a fourni une clé de lecture claire et pragmatique. Cette décision renforce la capacité des États à coopérer efficacement dans la lutte contre la criminalité transnationale, tout en garantissant que les principes fondamentaux comme le "bis in idem" soient interprétés correctement, sans se transformer en échappatoires pour éluder la justice. Pour ceux qui sont confrontés à un mandat d'arrêt international, la compréhension de ces mécanismes est fondamentale, et l'assistance d'un avocat expert en droit pénal international devient indispensable.