Indemnisation des médecins spécialistes : la Cour de cassation et la preuve de l'équivalence des cours (ordonnance 16407/2025)

L'indemnisation du préjudice subi par les médecins spécialistes, causé par la transposition tardive des directives communautaires par l'État italien, est une question de longue date et un contentieux de grande ampleur. Dans ce contexte, l'ordonnance de la Cour de cassation n° 16407 du 18 juin 2025 intervient pour clarifier les exigences probatoires rigoureuses pour cette indemnisation, en fixant un point sur la démonstration de l'équivalence des cours.

Le Contexte : Des Directives Européennes au Droit à Indemnisation

L'origine de cette affaire réside dans les directives communautaires n° 75/362/CEE et 75/363/CEE, qui imposaient aux États membres une formation spécialisée adéquatement rémunérée. L'Italie, en transposant ces normes avec un retard significatif, a lésé les droits de milliers de médecins, les privant de la juste rémunération pendant leur parcours de formation. Cet manquement a conduit à de nombreuses décisions de la Cour de justice de l'UE et de la Cour constitutionnelle, qui ont reconnu le droit des médecins à indemnisation. Cependant, pour accéder à ce droit, il a toujours été nécessaire de prouver que le cours de spécialisation suivi en Italie était équivalent à ceux reconnus dans au moins deux autres États membres de l'UE. Sur cet aspect probatoire crucial, la Cour de cassation a apporté une interprétation décisive.

L'Ordonnance 16407/2025 : La Preuve de l'Équivalence en Détail

L'ordonnance n° 16407/2025, rendue par la troisième chambre civile de la Cour de cassation, dans l'affaire opposant l'Avvocatura Generale dello Stato (pour le compte de M.) à T., a cassé la décision précédente de la Cour d'appel de Rome, soulignant la nécessité d'un contrôle plus strict sur la preuve de l'équivalence. La Cour suprême a formulé un principe clair :

En matière de droit à indemnisation du préjudice résultant de la transposition tardive des directives communautaires n° 75/362/CEE et 75/363/CEE, et de leurs modifications ultérieures, concernant la rémunération des médecins spécialistes, aux fins de la preuve de l'équivalence du cours de spécialisation suivi à ceux reconnus dans au moins deux États membres, laquelle représente l'un des faits constitutifs du droit, la simple similitude terminologique des appellations des cours en comparaison n'est pas suffisante. Un examen concret impliquant des vérifications factuelles du contenu et des modalités de déroulement de ceux-ci est nécessaire, et il incombe au demandeur de l'alléguer et de le prouver.

La décision est fondamentale. La Cour de cassation exclut catégoriquement que la simple ressemblance dans le nom d'un cours de spécialisation entre l'Italie et d'autres pays de l'UE suffise à prouver son équivalence. Une simple

Cabinet d'Avocats Bianucci