Dans le paysage complexe du droit de la sécurité sociale et de l'aide sociale, la question de la restitution des prestations perçues indûment représente souvent un terrain glissant, susceptible de générer incertitudes et litiges. Dans ce contexte, l'Ordonnance de la Cour de Cassation n° 17396 du 28 juin 2025 (Rapporteur : A. Gnani) s'impose comme un phare de clarté, réaffirmant un principe fondamental : la protection de la confiance du citoyen. Cette décision, qui a opposé M. (DEL BIGIO G.) et I. (PULLI C.), casse avec renvoi la décision de la Cour d'Appel d'Ancône, offrant des pistes précieuses pour comprendre les limites du droit à la répétition de l'indu par les organismes de sécurité sociale.
Le concept d'« indu de secours » se réfère à la situation dans laquelle un sujet a perçu des prestations économiques de nature d'aide sociale (telles que des allocations ou des pensions) sans en avoir le droit, ou en l'ayant perdu ultérieurement. La règle générale, consacrée également par l'article 2033 du Code Civil, impose la restitution de ce qui a été reçu sans titre. Cependant, le droit de la sécurité sociale et de l'aide sociale, fort également des principes constitutionnels de solidarité et de protection sociale (art. 38 de la Constitution), introduit des exceptions, en particulier lorsque la confiance du bénéficiaire est en jeu.
La Cour de Cassation, par l'Ordonnance en question, a souhaité souligner que l'exigence de récupérer des sommes indues doit être mise en balance avec la nécessité de protéger le citoyen qui a fait confiance, de bonne foi et sans sa faute, à la légitimité de la prestation reçue. Ce principe n'est pas nouveau dans la jurisprudence de légitimité (voir par exemple les Maximes précédentes n° 24133 de 2021 et n° 34013 de 2019), mais il est ici réaffirmé avec force dans une situation particulière.
La clé de voûte de l'Ordonnance n° 17396/2025 est contenue dans sa maxime, qui mérite d'être analysée avec attention :
La répétition de l'indu de secours est exclue en présence d'une situation apte à générer la confiance du bénéficiaire, pourvu que le versement en question ne lui soit pas imputable. (Dans l'espèce, la S.C. a cassé avec renvoi l'arrêt de fond qui avait reconnu le droit de l'Inps à la répétition de l'allocation de secours pour absence ultérieure du requisito sanitaire, sans avoir préalablement vérifié la circonstance – pertinente quant à la subsistance de la confiance du bénéficiaire – qu'il lui avait été communiqué l'issue négative de la visite de révision).
Cette affirmation est d'une importance fondamentale. La Cour Suprême établit que l'INPS (ou un autre organisme versant) ne peut exiger la restitution d'un indu de secours si deux conditions conjointes sont remplies : premièrement, il doit exister une situation objective qui a généré chez le bénéficiaire une confiance raisonnable dans la légitimité de la prestation ; deuxièmement, le versement ne doit pas être imputable à une conduite dolosive ou fautive du bénéficiaire. Dans le cas spécifique objet de l'Ordonnance, l'INPS avait demandé la restitution d'une allocation de secours en raison de la perte ultérieure du requisito sanitaire. Cependant, la Cour Suprême a censuré la décision de fond qui avait reconnu le droit de l'INPS sans avoir d'abord constaté un élément crucial : si le bénéficiaire avait été informé de l'issue négative de la visite de révision. La non-communication d'un fait aussi pertinent, en effet, peut facilement engendrer une confiance légitime chez le citoyen, qui continue à percevoir la prestation en la considérant toujours due.
Cette décision met l'accent sur la transparence et la correction de l'action administrative, en ligne avec ce qui est également prévu par des réglementations telles que la Loi n° 88/1989 et le Décret-Loi n° 78/2010, qui régissent souvent les mécanismes de versement et de recouvrement des prestations. L'organisme public a le devoir d'informer rapidement et clairement le citoyen de toute modification ou cessation du droit à une prestation. Le non-respect de ce devoir peut avoir des conséquences directes sur la possibilité de récupérer les sommes versées. Pour le citoyen, cela signifie que sa bonne foi est une valeur protégée par l'ordonnancement juridique, à condition que l'erreur n'ait pas été causée par sa propre conduite. Voici quelques points clés à garder à l'esprit :
L'Ordonnance de la Cour de Cassation, section L, réaffirme ainsi un principe de civilisation juridique, protégeant la partie la plus faible de la relation – le bénéficiaire – des effets d'erreurs ou d'omissions imputables à l'administration.
L'Ordonnance n° 17396 de 2025 de la Cour de Cassation se configure comme un important avertissement pour les organismes versants et une réassurance pour les citoyens. Elle cristallise le principe selon lequel la bonne foi et la confiance du bénéficiaire représentent une limite infranchissable au droit de répétition de l'indu de secours, en particulier en l'absence d'une communication claire et ponctuelle de la part de l'administration. Cela signifie que, dans des situations similaires à celle examinée, le citoyen pourrait ne pas être tenu de restituer les sommes perçues s'il n'a pas été adéquatement informé de la perte de son droit. Il est fondamental, dans ces cas, de s'adresser à des professionnels experts pour évaluer sa situation et faire valoir ses droits.