Vol à l'étage : la poursuite d'office est constitutionnellement légitime. Arrêt Cour de cassation n° 22018/2025

Le vol à l'étage n'est pas seulement une violation du patrimoine, mais une profonde agression à la sphère intime et à la sécurité personnelle. L'arrêt de la Cour de cassation n° 22018 de 2025 aborde une question cruciale : la légitimité constitutionnelle de la poursuite d'office pour ce délit. Cette décision renforce la protection de l'environnement domestique, considéré comme un « sanctuaire » de la personne. Examinons les motivations.

Le Contexte et la Question Constitutionnelle

Le délit de vol à l'étage (art. 624-bis Code pénal) prévoit des peines sévères et la poursuite d'office, c'est-à-dire que l'État poursuit le délit indépendamment de la plainte. Ce choix, réaffirmé par la Loi n° 134 de 2021, a été contesté en référence à l'article 3 de la Constitution (égalité et raisonnabilité). On doutait que cette poursuite soit déraisonnable pour un délit à composante patrimoniale.

La Maxime de la Cassation : L'Intimité est Inviolable

La Cour de cassation, par l'arrêt n° 22018 de 2025 (Président R. P., Rapporteur R. G.), a rejeté l'exception, affirmant :

La question de la légitimité constitutionnelle de la combinaison des articles 1, alinéa 15, loi n° 134 de 2021 et 624-bis du code pénal, au regard de l'article 3 de la Constitution, en ce qu'elle établit la poursuite d'office du délit de vol à l'étage, est manifestement infondée. (Dans ses motivations, la Cour a précisé qu'il n'est pas déraisonnable que le législateur choisisse d'accorder une protection renforcée à un comportement agressif qui n'est pas seulement patrimonial, mais qui touche également à l'intimité de la personne à l'intérieur de son domicile, la mettant en danger).

Cette décision est fondamentale. La Cassation a déclaré la pleine conformité constitutionnelle de la poursuite d'office pour le vol à l'étage. La Cour a précisé qu'il n'y a pas de déraisonnabilité dans ce choix, car le vol à l'étage transcende le simple dommage économique. C'est une conduite qui viole la sphère la plus intime de l'individu : sa maison. La violation du domicile (art. 14 Cost.) génère un profond sentiment d'insécurité et de danger, justifiant une protection pénale plus énergique et la poursuite d'office. La maison est reconnue comme un lieu essentiel à l'épanouissement de la personnalité.

Pourquoi une Protection Renforcée ?

La décision de la Cour repose sur des motivations solides :

  • **Violation de l'intimité :** Elle touche à la sphère privée et personnelle, le « sanctuaire » domestique.
  • **Impact psychologique :** Elle génère un profond sentiment d'insécurité et de vulnérabilité.
  • **Danger potentiel :** Elle peut dégénérer en délits plus graves.
  • **Intérêt public :** La protection du domicile et de la sécurité est une valeur collective primordiale.

Cohérent avec la jurisprudence antérieure (Sections Unies n° 31345 de 2017).

Conclusions

L'arrêt n° 22018 de 2025 de la Cassation réaffirme un principe cardinal : la maison est inviolable et sa protection est une valeur primordiale. La poursuite d'office pour le vol à l'étage est un choix législatif raisonnable et constitutionnellement légitime. Elle garantit une protection robuste à un bien qui est bien plus qu'un ensemble de murs. Elle reflète la prise de conscience que la violation du domicile est une agression profonde à l'intimité et à la sécurité de la personne, qui mérite la plus grande attention et l'intervention nécessaire de l'État. Pour les citoyens, cela signifie une plus grande garantie que ceux qui commettent un tel délit seront poursuivis, renforçant le sentiment de justice et de protection au sein de leur propre foyer.

Cabinet d'Avocats Bianucci