Stationnement abusif : la Cour de cassation (Arrêt n° 24285/2025) clarifie les éléments constitutifs du délit

Le phénomène des "stationneurs abusifs" représente depuis des années un fléau pour nos villes, générant des désagréments, de l'insécurité et une atteinte évidente à la légalité et au décorum urbain. Souvent, la difficulté à poursuivre de tels comportements réside dans l'identification des éléments qui constituent le délit. La Cour de cassation intervient pour clarifier un aspect crucial avec l'Arrêt n° 24285 de 2025, déposé le 01/07/2025, qui a réaffirmé un principe fondamental relatif à l'infraction d'exercice abusif de l'activité de "stationneur", conformément à l'art. 7, alinéa 15-bis, du décret législatif n° 285 de 1992 (le Code de la route).

L'affaire G. V. et la position de la Cour de cassation

L'affaire judiciaire a impliqué l'accusé G. V., dont la situation a été examinée par la Cour d'appel de Palerme, qui avait déclaré le recours irrecevable. La question centrale, sur laquelle la Cour suprême s'est prononcée, concernait la nécessité ou non que le "stationneur abusif" reçoive une somme d'argent ou une autre utilité pour que le délit soit constitué. Le débat juridique a souvent tourné autour de cet élément, considéré par certains comme indispensable pour prouver la conduite illicite.

Avec l'Arrêt n° 24285/2025, la Quatrième Chambre pénale de la Cour de cassation, présidée par le Dr D. S. et dont le rapporteur et rédacteur était le Dr L. D., a fourni une interprétation univoque et claire, renforçant les outils pour lutter contre ce phénomène. Le Procureur général, le Dr E. A., avait exprimé un avis conforme.

Aux fins de la constitution de l'infraction d'exercice abusif de l'activité de "stationneur" visée à l'art. 7, alinéa 15-bis, du décret législatif du 30 avril 1992, n° 285, il suffit que le sujet actif, déjà sanctionné administrativement par une décision définitive, soit à nouveau surpris en train d'exercer l'activité, sans l'autorisation nécessaire, la réception d'une somme d'argent ou d'une autre utilité, en contrepartie de la prestation effectuée, n'étant pas un élément constitutif de la situation juridique.

Commentaire de la maxime : l'essence du délit de stationnement abusif

La maxime de la Cour de cassation est d'une importance fondamentale car elle clarifie que la perception d'argent ou de toute autre utilité n'est pas une condition essentielle à la constitution du délit. Même si le sujet ne demande pas explicitement d'argent ou ne le reçoit pas au moment de l'intervention des autorités, sa conduite peut néanmoins être considérée comme un délit.

Les éléments cruciaux, comme souligné par la Cour, sont deux :

  • que le sujet ait déjà été sanctionné administrativement par une décision définitive pour la même activité ;
  • qu'il soit à nouveau surpris en train d'exercer l'activité de "stationneur", sans l'autorisation nécessaire.

Cette interprétation souligne la nature de délit "à consommation répétée" de la situation juridique, qui passe d'une infraction administrative à un délit pénal en cas de récidive. La *ratio* est claire : ce n'est pas tant le profit économique immédiat qui est sanctionné pénalement, mais la répétition d'une conduite qui perturbe l'ordre public, occupe abusivement des espaces publics et génère souvent un sentiment d'intimidation. L'absence d'autorisation est le cœur du problème, tandis que la réception d'argent n'est qu'une conséquence, pas une condition préalable.

Le cadre normatif et les implications pratiques

L'article 7, alinéa 15-bis, du Code de la route (d.lgs. n° 285/1992) prévoit des sanctions administratives pour ceux qui exercent l'activité de "stationneur" sans autorisation. En cas de répétition des infractions, la peine d'emprisonnement et d'amende est appliquée. Cette progression de la sanction administrative à la sanction pénale en cas de récidive démontre la volonté du législateur de réprimer avec plus de fermeté les conduites persistantes.

Cet arrêt a d'importantes implications pratiques. Pour les forces de l'ordre, cela signifie une plus grande facilité à constater le délit, n'ayant pas nécessairement à attendre ou à prouver l'échange d'argent. Il suffira de documenter la récidive administrative et le nouvel exercice de l'activité non autorisée. Cela devrait rendre l'action de lutte plus efficace et dissuader les "stationneurs abusifs".

Pour les citoyens, la décision représente un signal positif. La clarté interprétative contribue à renforcer la perception de la légalité et à protéger ceux qui se trouvent dans des situations de détresse. Savoir que l'illégalité est poursuivie avec plus de rigueur, indépendamment de la transaction économique, peut contribuer à rétablir un sentiment de sécurité dans les espaces publics.

Conclusions : un pas en avant contre l'illégalité

L'Arrêt n° 24285 de 2025 de la Cour de cassation marque un point d'ancrage dans l'interprétation de la réglementation sur les "stationneurs abusifs". En réaffirmant que la réception d'argent n'est pas un élément constitutif du délit, la Cour suprême a fourni une arme plus affûtée aux autorités, en focalisant l'attention sur la répétition de la conduite non autorisée. Cette décision est un pas important dans la lutte contre un phénomène qui affecte négativement la qualité de vie urbaine et la perception de la sécurité, réaffirmant les principes de légalité et le droit des citoyens à jouir librement et en toute sécurité des espaces publics.

Cabinet d'Avocats Bianucci