Peines Substitutives et Réforme Cartabia : La Cour de Cassation clarifie les délais de demande en appel (Arrêt n° 25199/2025)

La Réforme Cartabia (D.Lgs. n° 150/2022) a introduit une évolution importante dans le système pénal italien, élargissant les peines substitutives pour les condamnations à une peine de prison courte. Cet instrument, visant à favoriser la rééducation et à désengorger les prisons, a soulevé des interrogations quant à son application pratique, notamment en ce qui concerne les délais et les modalités de demande en appel. La Cour de Cassation, par l'arrêt n° 25199 de 2025, apporte un éclaircissement essentiel, définissant les responsabilités de l'accusé et les limites temporelles pour accéder à ces bénéfices.

Les Peines Substitutives dans la Réforme Cartabia : Un bref aperçu

Avec la Réforme Cartabia, les peines de prison allant jusqu'à quatre ans peuvent être remplacées par des sanctions alternatives telles que le travail d'intérêt général, la détention à domicile ou la liberté surveillée (art. 20-bis c.p. et suivants). L'objectif est d'offrir une alternative concrète à la détention, en promouvant des parcours de réinsertion sociale plus efficaces. L'accès à ces bénéfices, cependant, n'est pas automatique et nécessite des procédures précises, surtout dans les phases ultérieures du jugement.

L'Arrêt n° 25199/2025 : La charge de la demande de l'accusé en appel

La Cour de Cassation, par l'arrêt n° 25199 de 2025, a examiné le cas de l'accusé G. P. M. De M., clarifiant un aspect crucial pour l'application des peines substitutives dans le cadre du jugement d'appel, même lorsque l'appel a été interjeté par le Procureur. La Cour a rejeté le pourvoi, affirmant un principe fondamental, exprimé dans la maxime suivante :

En matière de peines substitutives aux peines de prison courtes, pour que le juge d'appel soit tenu de se prononcer sur leur applicabilité, conformément à la discipline transitoire contenue à l'art. 95 du d.lgs. 10 octobre 2022, n° 150 (dite réforme Cartabia), une demande en ce sens de l'accusé est nécessaire, même en cas d'appel interjeté par le procureur contre un jugement d'acquittement. Cette demande ne doit pas nécessairement être formulée dans l'acte d'appel ou dans la présentation de nouveaux motifs conformément à l'art. 585, alinéa 4, du code de procédure pénale, mais doit intervenir, au plus tard, au cours de l'audience de discussion de l'appel.

Cette décision est d'une extrême importance. La Cassation établit que l'application des peines substitutives en appel ne peut se faire d'office, mais requiert une demande explicite de la part de l'accusé. Cette charge persiste même si l'appel a été interjeté par le Procureur. Le délai est crucial : la demande n'est pas liée à l'acte d'appel ou à de nouveaux motifs, mais peut être formulée jusqu'à l'audience de discussion de l'appel. C'est un avertissement pour la défense afin d'être proactive et rapide, en exploitant la fenêtre temporelle accordée pour accéder à une alternative à la détention.

Implications pratiques pour la défense

La décision de la Cassation impose une considération attentive :

  • Initiative : L'accusé doit toujours demander les peines substitutives.
  • Délais : La demande est possible jusqu'à la discussion en appel.
  • Stratégie : L'évaluation et la demande doivent faire partie intégrante de la stratégie de défense.

Conclusions

L'arrêt n° 25199 de 2025 de la Cour de Cassation consolide l'application de la Réforme Cartabia. Il souligne la nécessité d'une action consciente et rapide de la part de l'accusé et de son défenseur pour saisir les opportunités offertes par le législateur pour une exécution de la peine plus axée sur la réinsertion sociale.

Cabinet d'Avocats Bianucci