Traitement médicamenteux forcé et liberté surveillée : l'arrêt 10777/2025 de la Cour de cassation

La Cour de cassation, par son arrêt n° 10777 du 3 décembre 2024 (déposé le 18 mars 2025), a rendu une décision cruciale. En rejetant un recours du Tribunal de surveillance de Cagliari, la décision aborde la légitimité de l'imposition d'un traitement médicamenteux et de ses modalités d'administration à des personnes souffrant de troubles mentaux en liberté surveillée. Un sujet qui met en balance la santé publique, la finalité de réinsertion et les droits fondamentaux.

Mesures de sécurité, pouvoirs du magistrat et cas spécifique

La liberté surveillée (art. 228 et suivants du Code pénal italien) est une mesure de sécurité personnelle non privative de liberté pour les personnes socialement dangereuses, même si elles ne sont pas imputables en raison d'une maladie mentale (art. 202 du Code pénal italien). Son objectif est de prévenir de nouvelles infractions et de favoriser la réinsertion. Le magistrat de surveillance veille au respect des prescriptions, y compris les obligations de conduite. L'arrêt, en se référant aux articles 199 et 232 du Code pénal italien, étend ces prescriptions aux traitements sanitaires. Le cas concernait D. P.M. S. D'A. P., placé en liberté surveillée, pour lequel le Tribunal de surveillance de Cagliari avait imposé non seulement le traitement, mais aussi son administration par voie injectable, compte tenu de sa réticence à l'administration orale. La Cour de cassation a confirmé la légitimité de la mesure.

En matière de liberté surveillée, la décision par laquelle le magistrat de surveillance, outre à imposer à une personne incapable de discernement et de volonté l'obligation d'un traitement déterminé, en fixe les modalités pratiques d'administration, est légitime. (Cas d'une décision qui, en raison de la réticence du sujet à prendre le traitement médicamenteux par voie orale, en imposait l'administration par voie injectable).

Cette maxime établit que le pouvoir du magistrat de surveillance s'étend à la définition des modalités concrètes d'administration du traitement, sans se limiter à la simple imposition. Ceci est crucial lorsque l'efficacité du traitement et la gestion de la dangerosité sociale dépendent de la modalité d'administration, en particulier pour les personnes incapables de discernement et de volonté qui s'opposent à la prise orale. La Cour a reconnu que la spécification des modalités (par exemple, injection) est essentielle pour garantir la santé de la personne surveillée et la sécurité sociale, en prévenant l'aggravation des conditions et la réapparition de la dangerosité.

Équilibre constitutionnel et conclusions

La décision soulève des questions d'équilibre entre le droit à la santé (art. 32 de la Constitution italienne) et la liberté personnelle (art. 13 de la Constitution italienne). Bien que la Constitution protège la liberté de choix concernant le traitement sanitaire, la jurisprudence admet des traitements obligatoires dans le contexte de mesures de sécurité et de dangerosité avérée liée à des pathologies psychiatriques. L'arrêt s'aligne sur les orientations précédentes, considérant la spécification des modalités comme une concrétisation nécessaire d'une obligation légalement imposée.

  • Incapacité de discernement et de volonté avérée.
  • Corrélation entre pathologie, absence de traitement et dangerosité.
  • Proportionnalité et adéquation du traitement.
  • Contrôle juridictionnel du magistrat de surveillance.

En résumé, l'arrêt 10777/2025 consolide le rôle incisif du magistrat de surveillance dans la gestion des mesures de sécurité pour les personnes atteintes de pathologies psychiatriques. La faculté d'imposer le traitement et ses modalités est un instrument indispensable pour l'effectivité de la mesure, équilibrant les soins, la réinsertion et la protection de la collectivité. Il souligne l'importance d'une approche multidisciplinaire, intégrant des aspects médico-scientifiques et juridiques, pour aborder la dangerosité sociale liée à la santé mentale, toujours dans le respect des principes constitutionnels.

Cabinet d'Avocats Bianucci