Le récent arrêt n° 16576 du 1er mars 2023 de la Cour de cassation offre des éclaircissements importants en matière de délits fiscaux, en particulier concernant l'émission de factures pour des opérations inexistantes. Dans un contexte où l'évasion fiscale est un sujet de plus en plus pertinent, la Cour a établi qu'il est possible de caractériser le délit même en cas de facturation subjectivement fausse, c'est-à-dire lorsque l'opération fiscale a été effectivement exécutée, mais ne correspond pas au prestataire indiqué sur la facture.
La loi italienne, en particulier l'article 8 de la loi du 10/03/2000 n° 74, réglemente sévèrement les cas de fraude fiscale. La Cour a, en effet, réaffirmé que la facturation subjectivement fausse est punissable conformément à la réglementation en vigueur. Cela implique que même si le service a été fourni, mais que le prestataire indiqué sur la facture ne correspond pas à celui qui a réellement fourni la prestation, le délit est néanmoins caractérisé.
Émission de factures ou autres documents pour des opérations inexistantes - Factures "subjectivement" fausses - Délit - Caractérisation - Raisons. En matière de délits fiscaux, le délit d'émission de factures ou autres documents pour des opérations inexistantes est caractérisable même dans le cas de facturation seulement subjectivement fausse, où l'opération soumise à l'impôt a été effectivement exécutée et où il n'y a cependant pas de correspondance subjective entre le prestataire indiqué sur la facture ou autre document fiscalement pertinent et le sujet juridique qui a fourni la prestation, car, même dans ce cas, il est possible d'atteindre le but illicite indiqué par la norme, c'est-à-dire de permettre à des tiers l'évasion des impôts sur le revenu et sur la valeur ajoutée. (Dans la motivation, la Cour a précisé que le délit est caractérisé même dans le cas où le sujet qui a fourni la prestation n'a pas été identifié et dans celui où il n'a pas été établi qu'une évasion fiscale s'est concrètement produite).
Cette maxime souligne comment le législateur et la jurisprudence considèrent l'analyse du sujet qui émet la facture comme fondamentale, plutôt que de se limiter à vérifier l'exécution effective du service. En effet, le délit d'émission de fausses factures est caractérisé par le seul fait de permettre l'évasion fiscale, même en l'absence de preuves concrètes d'évasion de la part du sujet bénéficiaire.
L'arrêt n° 16576 de 2023 représente un pas en avant important dans la lutte contre l'évasion fiscale, en précisant que la responsabilité pénale pour l'émission de fausses factures ne dépend pas seulement de l'évasion effective, mais aussi de la simple possibilité de celle-ci. Pour les professionnels et les entreprises, il est crucial de prêter attention à l'exactitude des factures émises, afin d'éviter des sanctions pénales significatives et de garantir la conformité aux réglementations fiscales. La vigilance et la transparence dans les opérations commerciales n'ont jamais été aussi pertinentes.