Défiscalisation environnementale et remboursements : les précisions de l'ordonnance n° 29703 de 2025 sur la forclusion

Le thème de la défiscalisation des investissements environnementaux, connue sous le nom de « Tremonti ambiente », continue de susciter d'importants débats jurisprudentiels concernant la ponctualité des demandes de remboursement présentées par les contribuables. La récente ordonnance n° 29703 du 10 novembre 2025 de la Cour de cassation intervient avec décision sur un point névralgique : le moment exact à partir duquel commence à courir le délai de forclusion pour demander le remboursement des sommes versées en trop.

Le litige naît du désaccord entre l'Administration financière et le contribuable E. P., concernant la possibilité de cumuler les avantages fiscaux pour les investissements environnementaux avec les incitations prévues par le « II Conto Energia ». La question centrale ne concerne pas seulement le bien-fondé du droit au remboursement, mais surtout sa recevabilité temporelle à la lumière des évolutions normatives.

Le délai de forclusion de 48 mois et l'art. 38 du décret présidentiel (d.P.R.) 602/1973

En matière fiscale, la sécurité juridique est garantie par des délais de forclusion précis. Pour les remboursements d'impôts sur le revenu, la norme de référence est l'art. 38 du décret présidentiel n° 602 de 1973, qui établit que la demande doit être présentée dans les quarante-huit mois suivant la date du versement. Dans l'affaire examinée par la Cour suprême, le contribuable soutenait que ce délai devait commencer à courir non pas à partir du moment du paiement de l'impôt, mais à partir de la publication du décret ministériel du 5 juillet 2012.

Ce dernier texte a en effet résolu une incertitude interprétative de longue date, en confirmant la cumulabilité entre la défiscalisation « Tremonti ambiente » et les tarifs incitatifs. Toutefois, les juges de légitimité ont rejeté cette interprétation extensive, ancrant le délai à la date objective du versement. Voici le principe exprimé par la Cour :

En matière de défiscalisation des investissements environnementaux, conformément à l'art. 6, alinéa 13 et suivants, de la loi n° 388 de 2000 (dite « Tremonti ambiente »), le délai de forclusion de quarante-huit mois pour la présentation de la demande de remboursement de l'impôt versé en excédent, prévu par l'art. 38 du décret présidentiel n° 602 de 1973, court à compter de la date dudit versement, sans que l'édiction du décret ministériel du 5 juillet 2012, qui a résolu l'incertitude normative antérieure dans le sens de la cumulabilité de l'avantage en question avec les tarifs incitatifs du « II Conto Energia », n'ait d'incidence à cet égard.

L'impertinence des nouveautés normatives sur le point de départ du délai

La décision de la Cour de cassation se fonde sur la distinction entre la naissance du droit et la simple levée d'une incertitude interprétative. Selon les juges, le droit au remboursement était déjà théoriquement exerçable dès le moment du versement indu. Le décret ministériel de 2012 n'a pas créé un nouveau droit, mais a simplement clarifié une situation normative préexistante. Par conséquent :

  • Le délai de 48 mois est péremptoire et n'admet aucune suspension fondée sur des doutes interprétatifs.
  • L'inertie du contribuable qui attend une clarification normative n'empêche pas le cours de la forclusion.
  • La date du versement demeure le seul marqueur temporel certain pour l'Administration et pour le citoyen.

Cette position s'inscrit dans la lignée de la jurisprudence des Chambres réunies (arrêt n° 13378 de 2016), qui souligne que l'incertitude sur la portée d'une norme ne constitue pas un empêchement juridique à la présentation de la demande de remboursement.

Conclusions

L'ordonnance n° 29703/2025 représente un avertissement important pour toutes les entreprises et les professionnels opérant dans le secteur des énergies renouvelables et de la protection de l'environnement. Pour ne pas perdre le droit au recouvrement des sommes versées en excédent, il est fondamental de surveiller avec une extrême attention les dates des versements fiscaux, sans attendre des clarifications administratives ou ministérielles qui pourraient intervenir alors que le délai de 48 mois est déjà expiré. La ponctualité de l'action légale et administrative demeure, par conséquent, l'exigence essentielle pour la protection de ses propres crédits d'impôt.

Cabinet d'Avocats Bianucci