Dans le paysage du droit pénal, la distinction entre les infractions poursuivables sur plainte de la partie lésée et celles poursuivables d'office est d'une importance fondamentale, déterminant l'ouverture et la poursuite de l'action pénale. Un récent arrêt de la Cour de Cassation, l'Arrêt n° 32021 de 2025, offre un éclaircissement crucial précisément sur cet aspect, avec une référence particulière au délit de dommage commis à l'intérieur d'un établissement pénitentiaire. Examinons ensemble les implications de cette décision et comment elle s'inscrit dans le cadre normatif actuel.
La question abordée par la Cour Suprême concernait le dommage causé à l'œilleton d'une porte blindée à l'intérieur d'une cellule de détention d'une maison d'arrêt. L'accusé, P. G., avait été impliqué dans une procédure qui avait conduit à une annulation partielle avec renvoi par le Tribunal de Tarente. La Cassation, par l'Arrêt n° 32021/2025, a eu l'occasion de réaffirmer un principe établi, mais qui nécessitait d'être réaffirmé à la lumière des récentes modifications législatives, en particulier le Décret Législatif du 19 mars 2024, n° 31.
Le point central était de déterminer si le dommage causé à un bien tel que l'œilleton d'une cellule était une infraction poursuivable d'office ou non. La Cour a répondu affirmativement, soulignant la nature particulière du bien endommagé.
Est poursuivable d'office le dommage causé à l'œilleton de la porte blindée d'une cellule de détention d'une maison d'arrêt, car commis au préjudice d'un élément structurel d'un établissement appartenant à l'administration pénitentiaire, destiné au service public. (Dans sa motivation, la Cour a également affirmé que l'extension du régime de poursuite sur plainte, opérée par l'art. 1, alinéa 1, lettre b), du d.lgs. 19 mars 2024, n° 31, relativement aux hypothèses prévues par l'art. 635, alinéa second, n° 1), du code pénal, est limitée aux faits commis sur des biens exposés par nécessité ou par coutume ou par destination à la foi publique, ex art. 625, alinéa premier, n° 7), du code pénal).
Cette maxime est éclairante. Elle nous dit que le dommage causé à un élément structurel d'une maison d'arrêt, étant un établissement de l'administration pénitentiaire et destiné au service public, relève automatiquement de la sphère des infractions poursuivables d'office. Cela signifie que l'État, par l'intermédiaire de ses organes (le Parquet), peut ouvrir une enquête et une procédure pénale sans qu'il soit nécessaire que la partie lésée (en l'occurrence, l'administration pénitentiaire) dépose une plainte.
L'arrêt de la Cassation est particulièrement important car il clarifie les limites d'application des récentes modifications normatives introduites par le Décret Législatif du 19 mars 2024, n° 31. Ce décret, à l'art. 1, alinéa 1, lettre b), a étendu le régime de poursuite sur plainte pour certaines hypothèses prévues par l'art. 635, alinéa second, n° 1), du Code Pénal (dommage aggravé).
Cependant, la Cour précise que cette extension est limitée aux faits commis sur des « biens exposés par nécessité ou par coutume ou par destination à la foi publique », comme prévu par l'art. 625, alinéa premier, n° 7), du Code Pénal. Cette distinction est fondamentale :
La Cassation a donc réaffirmé qu'un élément structurel d'une maison d'arrêt, tout en pouvant être considéré comme exposé à la foi publique au sens large, a une destination spécifique et une fonction intrinsèque liée à l'administration pénitentiaire et au service public. Par conséquent, son dommage relève de la qualification plus grave qui impose la poursuite d'office.
L'Arrêt n° 32021 de 2025 de la Cour de Cassation, sous la présidence de A. Pellegrino et avec le rapporteur G. Ariolli, offre un éclaircissement important sur la poursuivibilité du délit de dommage, en particulier lorsqu'il s'agit de biens appartenant à l'administration publique et destinés à un service public. C'est un avertissement clair que la protection du patrimoine public, et en particulier des structures essentielles comme les maisons d'arrêt, reste une priorité pour l'ordre juridique.
Cet arrêt souligne l'importance d'une analyse attentive de la nature du bien endommagé et de sa destination d'usage, des éléments qui peuvent faire la différence entre une infraction poursuivable uniquement sur l'initiative de la partie lésée et une qui engage directement l'État. Pour ceux qui se trouvent confrontés à des situations similaires, que ce soit en tant que victime ou accusé, il est toujours conseillé de s'adresser à des professionnels du droit spécialisés en droit pénal pour comprendre pleinement les implications et les stratégies procédurales les plus appropriées.