Lésions à mains nues et interrogatoire posthume : la Cassation, par l'arrêt n° 30640/2025, clarifie les limites de l'art. 291 c.p.p.

Dans le paysage du droit pénal et procédural italien, l'interprétation correcte des normes régissant les mesures cautélaires personnelles et, en particulier, l'interrogatoire du mis en examen, revêt une importance fondamentale pour la protection des droits et pour la bonne administration de la justice. L'arrêt n° 30640, déposé le 12 septembre 2025 par la Cour suprême de cassation, s'inscrit précisément dans ce contexte, offrant une clarification significative sur les limites d'application de l'interrogatoire posthume prévu par l'article 291, alinéa 1-quater, du Code de procédure pénale, notamment en relation avec les délits de lésions personnelles.

La décision, présidée par S. D. et rédigée par M. C., a annulé sans renvoi une décision du Tribunal de la liberté pour mineurs de L'Aquila, en se concentrant sur la distinction entre la brutalité d'une conduite et la qualification juridique nécessaire pour déroger à la règle générale de l'interrogatoire préalable.

L'Interrogatoire de Garantie : Préalable ou Posthume ?

Le cœur de la question réside dans la discipline de l'interrogatoire de garantie, un pilier du droit de la défense du mis en examen. L'article 294 c.p.p. établit la règle générale de l'interrogatoire préalable : le juge, avant d'émettre une ordonnance de détention provisoire, doit entendre le mis en examen. Cette procédure garantit que la personne faisant l'objet d'une enquête puisse fournir sa version des faits avant qu'une mesure restrictive de liberté personnelle ne soit adoptée.

Cependant, l'ordonnancement prévoit certaines exceptions. L'article 291, alinéa 1-quater, c.p.p., introduit pour faire face à des situations de particulière gravité et d'urgence, permet l'interrogatoire posthume, c'est-à-dire postérieur à l'application de la mesure cautélaire, pour les « graves délits commis avec usage d'armes ou d'autres moyens de violence personnelle ». Cette dérogation est conçue pour les infractions qui, en raison de leur dangerosité intrinsèque ou des modalités d'exécution, requièrent une intervention cautélaire immédiate. La Loi n° 114 de 2024 a précisé certains aspects, rappelant souvent l'article 362, alinéa 1-ter, c.p.p., qui énumère les circonstances aggravantes spécifiques pour lesquelles cette modalité exceptionnelle est prévue.

L'Arrêt n° 30640/2025 et la Qualification des "Moyens de Violence Personnelle"

La Cour suprême a été appelée à se prononcer sur un cas de délit de lésions personnelles (art. 582 c.p.) commis avec des modalités d'extrême violence : l'accusé, G. P.M. C. F., avait asséné de violents coups de poing au visage de la victime, lui causant la fracture des os nasaux avec altération du profil maxillaire et la fracture de deux vertèbres cervicales. Malgré la brutalité de la conduite et la gravité des conséquences, la Cassation a estimé que l'on ne se trouvait pas dans le cadre des infractions pour lesquelles l'interrogatoire posthume est autorisé.

En matière de mesures cautélaires personnelles, le délit de lésions commis à mains nues, bien que réalisé avec des modalités particulièrement brutales, en l'absence d'une des circonstances aggravantes indiquées par l'art. 362, alinéa 1-ter, cod. proc. pen., est exclu des infractions pour lesquelles l'accomplissement de l'interrogatoire posthume est exceptionnellement prévu en lieu et place de l'interrogatoire préalable, ne relevant pas du syntagme « graves délits commis avec usage d'armes ou d'autres moyens de violence personnelle » visé à l'art. 291, alinéa 1-quater, cod. proc. pen. (Cas concernant une conduite consistant à asséner de violents coups de poing au visage de la victime, lui causant la fracture des os nasaux avec altération du profil maxillaire et la fracture de deux vertèbres cervicales).

La maxime de l'arrêt clarifie de manière non équivoque que l'expression « graves délits commis avec usage d'armes ou d'autres moyens de violence personnelle » doit être interprétée de manière stricte. Les « mains nues », bien qu'elles puissent causer des dommages très graves, ne sont pas considérées par la norme comme des « armes » ni comme « d'autres moyens de violence personnelle » au sens qui autorise la dérogation à l'interrogatoire préalable, à moins que des circonstances aggravantes spécifiques prévues, par exemple, par l'art. 362, alinéa 1-ter, c.p.p. ne soient réunies. La Cour a souligné que la brutalité des modalités d'exécution du délit, à elle seule, n'est pas suffisante à justifier l'exception à la règle générale. Cela signifie que la simple gravité du dommage causé, bien que pertinente aux fins de la qualification du délit (par exemple, lésions très graves ex art. 583 c.p.) et de la peine, n'est pas le paramètre exclusif pour déterminer le calendrier de l'interrogatoire de garantie. Une évaluation rigoureuse des modalités instrumentales de la conduite est nécessaire, distinguant entre la violence intrinsèque à l'action et l'usage d'instruments qualifiés par la loi comme « armes » ou « moyens de violence personnelle » aptes à justifier la procédure d'urgence.

Implications Pratiques et Protection des Droits

Cette décision de la Cassation a d'importantes répercussions pratiques. Premièrement, elle renforce le principe de l'interrogatoire préalable comme garantie fondamentale de l'accusé, en limitant les exceptions aux seuls cas strictement prévus par la loi et interprétés de manière restrictive. Cela signifie que, même face à des délits de lésions d'extrême gravité, si des armes ou des moyens de violence personnelle spécifiques n'ont pas été utilisés (et qu'une des circonstances aggravantes ex art. 362, alinéa 1-ter, c.p.p. n'est pas réunie), le mis en examen doit être interrogé avant l'application d'une mesure cautélaire.

Pour les avocats de la défense, l'arrêt fournit un outil supplémentaire pour contester l'illégitimité de mesures cautélaires prononcées sans le respect de l'interrogatoire préalable, si la situation ne relève pas de l'exception de l'article 291, alinéa 1-quater, c.p.p. Pour le ministère public et les juges, il impose une plus grande attention dans la qualification des conduites et dans l'application des normes procédurales, garantissant l'équilibre entre l'exigence de répression des délits et la protection des droits fondamentaux.

Conclusions

L'arrêt n° 30640/2025 de la Cassation représente un pas en avant significatif dans la protection des garanties procédurales. En réaffirmant le caractère exceptionnel de l'interrogatoire posthume, la Cour a fourni une interprétation claire et rigoureuse des conditions de son application, empêchant que la simple brutalité d'une conduite ne puisse éluder les garanties fondamentales de la défense. Cette décision est un avertissement pour tous les opérateurs du droit à une scrupuleuse observation des procédures, au bénéfice de la certitude du droit et de la sauvegarde des droits constitutionnels de l'accusé.

Cabinet d'Avocats Bianucci