Dans le paysage du droit processuel civil italien, les récentes réformes ont introduit des nouveautés significatives, générant souvent des interrogations quant à leur application dans le temps. La Cour de cassation, par son arrêt n° 14986 du 04/06/2025 (Président : D'Ascola Pasquale, Rapporteur : Fortunato Giuseppe), offre une clarification fondamentale concernant l'applicabilité de l'article 380-bis c.p.c., tel que modifié par le décret législatif n° 164 de 2024, aux litiges en cours. Cette décision est d'une importance cruciale pour comprendre l'orientation de la jurisprudence de légitimité dans l'interprétation des normes transitoires.
Les modifications apportées au Code de procédure civile, introduites par le décret législatif n° 149 de 2022 (la soi-disant Réforme Cartabia) et ensuite complétées par le décret législatif n° 164 de 2024, visent à rendre le procès civil plus rapide et plus efficace. En particulier, l'article 380-bis c.p.c. régit la procédure pour le traitement des recours en cassation en chambre du conseil. L'une des nouveautés les plus pertinentes, introduite par le décret législatif n° 164 de 2024, a concerné la suppression de la nécessité de délivrer une nouvelle procuration spéciale pour la demande de décision. Cette simplification a été pensée pour fluidifier davantage le parcours procédural, en éliminant une formalité qui, par le passé, pouvait générer des retards ou des complications. La question centrale, abordée par la Cour suprême dans le litige entre I. F. et A. B., était de déterminer si cette modification s'appliquait également aux recours déjà en cours.
La modification de l'art. 380-bis c.p.c. par le d.lgs. n° 164 de 2024 (qui a supprimé la nécessité de délivrer une nouvelle procuration spéciale aux fins de la demande de décision), en l'absence d'une disposition transitoire différente – laquelle ne peut être trouvée dans l'art. 7, alinéa 1, du d.lgs. précité ou dans l'art. 35, alinéa 1, du d.lgs. n° 149 de 2022, applicables aux seules modifications du jugement de première instance –, s'applique également aux jugements de cassation introduits par un recours notifié avant le 1er janvier 2023 pour lesquels, à cette date, l'audience en chambre du conseil ou l'audience publique n'avait pas encore été fixée, l'interprétation orientée à ne pas différencier l'entrée en vigueur des modifications adoptées par le d.lgs. 164 de 2024 par rapport aux prévisions correspondantes relatives au jugement de légitimité introduites par le d.lgs. n° 149 de 2022, auxquelles, pour leur fonction corrective et/ou complémentaire particulière, les premières sont destinées à se joindre, devant être privilégiée.
La maxime qui vient d'être citée représente le cœur de la décision de la Cour de cassation. En termes plus simples, la Cour a établi que la modification de l'article 380-bis c.p.c., qui supprime l'obligation d'une nouvelle procuration spéciale pour demander la décision, doit être appliquée immédiatement. Ceci vaut également pour les recours en cassation qui ont été présentés avant le 1er janvier 2023, à condition que, avant cette date, une audience ou une réunion en chambre du conseil n'ait pas encore été fixée. La raison de cette application extensive réside dans l'absence d'une norme transitoire spécifique qui limiterait l'efficacité de la modification aux seuls nouveaux litiges. La Cour de cassation a donc opté pour une interprétation qui harmonise les différentes réformes, en évitant les disparités et en favorisant une cohérence entre le décret législatif n° 164 de 2024 et le décret législatif n° 149 de 2022, les considérant comme faisant partie d'un unique projet de réforme.
Cette décision est un exemple frappant de l'approche de la Cour de cassation dans l'interprétation des normes procédurales dans une optique de fonctionnalité et d'adaptation aux exigences de justice. L'absence d'une norme transitoire spécifique pour l'article 380-bis c.p.c. a poussé la Cour à rechercher une interprétation systémique, qui ne créerait pas un double circuit procédural. La décision s'aligne sur des orientations antérieures (comme celles rappelées par la sentence elle-même, notamment les n° 32365 de 2024 et n° 10955 de 2024 des Sections Unies), visant à garantir la sécurité juridique et l'efficacité du jugement de légitimité. Concrètement, cela signifie que les avocats n'auront plus à se soucier d'une formalité supplémentaire pour les recours en cours qui entrent dans le cadre décrit, contribuant ainsi à fluidifier l'activité de défense et à accélérer la résolution des procès.
L'arrêt n° 14986 du 04/06/2025 de la Cour de cassation représente une pièce importante dans la mosaïque des réformes du procès civil. Par cette décision, la Cour suprême clarifie non seulement un aspect procédural spécifique, mais réaffirme également le principe selon lequel les normes de caractère procédural, surtout si elles visent à simplifier et à accélérer les jugements, tendent à avoir une application immédiate, sauf dispositions transitoires contraires spécifiques. Ceci contribue à renforcer la sécurité juridique et à promouvoir une efficacité toujours plus grande dans le système judiciaire, au bénéfice de tous les opérateurs du droit et, en fin de compte, des citoyens.