Dans le paysage complexe du droit de la famille italien, la pension de divorce représente l'une des institutions les plus débattues et sujettes à des évolutions jurisprudentielles continues. Sa finalité, en effet, n'est pas purement d'assistance, mais assume souvent également un caractère indemnitaire-compensatoire, visant à rééquilibrer les disparités économiques qui peuvent découler de la fin d'un mariage. Dans ce contexte dynamique, l'Ordonnance de la Cour de cassation n° 15986 du 15 juin 2025 (rapporteur D. M. A.), tout en confirmant l'orientation consolidée, offre des précisions importantes sur la vérification rigoureuse des conditions préalables à son octroi, surtout lorsque la composante compensatoire ne peut être vérifiée ou n'existe pas.
La pension de divorce, prévue par l'art. 5 de la Loi n° 898/1970 (dite Loi sur le divorce), a subi au fil des années des interprétations significatives de la part de la jurisprudence. D'une vision initialement presque exclusivement d'assistance, on est passé, en particulier avec les arrêts des Sections Unies de la Cassation (comme le célèbre n° 18287/2018), à reconnaître une double fonction : celle indemnitaire-compensatoire et celle d'assistance. La première vise à indemniser l'ex-conjoint pour la contribution apportée à la vie familiale et à la formation du patrimoine commun ou de l'autre conjoint, y compris par des sacrifices personnels (par exemple, en renonçant à des opportunités professionnelles). La seconde, quant à elle, est destinée à garantir à l'ex-conjoint économiquement plus faible un niveau de vie adéquat, s'il n'est pas en mesure de subvenir à ses propres besoins.
La distinction entre ces deux fonctions est cruciale, car elle influe sur les conditions préalables à l'octroi et sur la quantification de la pension. La récente Ordonnance n° 15986/2025, dans l'affaire opposant F. S. à C., s'inscrit précisément dans cette lignée, en précisant comment procéder lorsque la composante indemnitaire-compensatoire n'est pas en jeu.
La Cour de cassation, par l'Ordonnance en question, a réaffirmé un principe fondamental : lorsqu'il n'est pas possible de constater, ou simplement lorsqu'elle n'existe pas, la composante indemnitaire-compensatoire liée à l'appauvrissement de l'ex-conjoint demandeur, l'attention du juge doit se concentrer, avec une rigueur particulière, sur la finalité d'assistance de la pension. Cela signifie que le tribunal doit vérifier attentivement si l'ex-conjoint se trouve dans une situation de non-autosuffisance économique effective et concrète, telle qu'elle l'empêche de subvenir à ses propres besoins.
En matière de pension de divorce, lorsqu'il n'est pas possible de constater, ou lorsqu'elle n'existe pas, la composante indemnitaire-compensatoire de l'appauvrissement survenu de l'ex-conjoint demandeur, s'impose la vérification rigoureuse des conditions fondamentales, avec un caractère de prévalence, la finalité d'assistance, qui existe en présence d'une non-autosuffisance économique effective et concrète de l'ex-conjoint demandeur, n'étant plus en mesure de subvenir à ses propres besoins, compte tenu de toutes les circonstances du cas concret, à évaluer avec des indices significatifs, de manière à pouvoir également exclure que tout lien avec l'histoire conjugale et familiale antérieure ait été irrémédiablement rompu ; dans ces cas, la quantification de la pension de divorce devra tendre à s'effectuer sur la base des critères de l'art. 438 du code civil, sauf adaptations appropriées, en fonction de l'importance plus ou moins grande des apports reçus ou bénéficiés par l'ex-conjoint débiteur.
Cette maxime est d'une grande importance pratique. La Cour souligne la nécessité d'une "vérification rigoureuse" de la "non-autosuffisance économique". Une simple disparité de revenus ne suffit pas, il faut démontrer une réelle incapacité à subvenir à ses propres besoins. Cette évaluation doit tenir compte de "toutes les circonstances du cas concret" et d'"indices significatifs".
Parmi ces indices, on peut citer :
Un aspect crucial souligné par la Cassation est la nécessité d'"exclure que tout lien avec l'histoire conjugale et familiale antérieure ait été irrémédiablement rompu". Cela signifie que, même s'il ne s'agit pas de compensation, l'histoire du mariage ne devient pas sans importance. Elle sert à comprendre si l'état actuel de non-autosuffisance est, d'une manière ou d'une autre, lié aux choix de vie faits pendant le mariage, influençant par exemple la capacité de gain actuelle.
En ce qui concerne la quantification, l'Ordonnance établit que, dans ces cas, la pension devra être déterminée "sur la base des critères de l'art. 438 du code civil". Cet article régit l'obligation alimentaire, qui vise à satisfaire les besoins primaires de la vie (nourriture, logement, vêtements, soins médicaux). Cependant, la Cassation précise que ces critères doivent être appliqués "sauf adaptations appropriées, en fonction de l'importance plus ou moins grande des apports reçus ou bénéficiés par l'ex-conjoint débiteur". Cela introduit un élément de flexibilité, permettant au juge de moduler le montant en tenant compte du contexte spécifique de la vie matrimoniale, tout en maintenant la finalité prépondérante de garantir le minimum indispensable.
Cette décision a d'importantes répercussions pour ceux qui sont confrontés à une procédure de divorce. Pour le conjoint qui demande la pension, il devient fondamental de produire une documentation exhaustive attestant non seulement de sa situation de revenus et de patrimoine, mais surtout de sa non-autosuffisance économique effective et concrète, en expliquant comment celle-ci se manifeste et pourquoi il ne lui est pas possible de subvenir à ses propres besoins. Pour le conjoint qui doit verser la pension, il sera crucial de contester la subsistance de cette non-autosuffisance, en fournissant des preuves démontrant la capacité de l'autre à subvenir à ses besoins ou que sa situation n'est pas liée à l'histoire conjugale antérieure.
L'Ordonnance n° 15986/2025 de la Cour de cassation confirme l'orientation qui voit dans la pension de divorce un instrument de protection pour le conjoint économiquement plus faible, mais en délimite clairement les frontières lorsque la finalité prépondérante est celle d'assistance. La décision souligne la nécessité d'une analyse rigoureuse et approfondie par les juges, basée sur des éléments concrets et sur l'évaluation de l'histoire conjugale. Pour naviguer dans ce scénario complexe, il est indispensable de s'adresser à des professionnels du droit de la famille, capables de construire une stratégie juridique solide et de représenter au mieux les intérêts de leurs clients, en garantissant le respect des droits et des besoins de toutes les parties impliquées.