Le transport de numéraire ou de titres au porteur à travers les frontières nationales et européennes est une pratique strictement réglementée. Le non-respect des règles de déclaration peut entraîner des sanctions importantes. Souvent, cependant, la complexité des trajets aériens, notamment ceux avec des escales intermédiaires, crée des incertitudes quant au moment et au lieu exacts où l'obligation de déclaration prend naissance. La récente ordonnance de la Cour de cassation n° 17088 du 25 juin 2025 intervient pour clarifier ce point fondamental, en définissant de manière sans équivoque le concept de « point de passage douanier pertinent » en cas de vols internationaux avec escale en Italie.
La réglementation relative à l'importation et à l'exportation de fonds est dictée, au niveau national, par le décret législatif du 19 novembre 2008, n° 195, qui met en œuvre le règlement communautaire n° 1889 du 26 octobre 2005. Ces normes imposent l'obligation de déclarer aux autorités douanières les sommes en numéraire ou les titres au porteur égaux ou supérieurs à 10 000 euros lors de l'entrée ou de la sortie du territoire de l'Union européenne. L'objectif principal de cette réglementation est de lutter contre le blanchiment d'argent, le financement du terrorisme et d'autres activités illicites, en garantissant la traçabilité des flux financiers.
Cependant, la pratique a montré que la définition du « point de passage douanier pertinent » pouvait susciter des doutes, en particulier pour les voyageurs qui, avec un billet unique, entreprennent un vol international vers un pays hors UE, mais prévoient une escale intermédiaire à l'intérieur du territoire italien. C'est précisément sur ce cas spécifique que s'est prononcée la Cour suprême, résolvant une question d'interprétation de longue date.
En matière d'infraction relative à l'importation ou à l'exportation de numéraire ou de titres au porteur, en cas de vol international vers un pays hors UE résultant du billet unitaire, le point de passage douanier pertinent aux fins de la déclaration visée à l'art. 3 du d.lgs. n° 195 de 2008 doit s'entendre comme celui établi par notre État au premier embarquement, même s'il est prévu une escale intermédiaire en transit, à l'intérieur du territoire national.
Cette maxime, contenue dans l'ordonnance n° 17088/2025, rendue par la deuxième chambre de la Cassation avec le président M. B. et le rapporteur P. P., clarifie un aspect crucial. La Cour a rejeté la position précédemment adoptée par la Cour d'appel de Catane (arrêt du 23/04/2021) dans l'affaire opposant L. T. et l'Avvocatura Generale dello Stato (M. A. G. S.). La décision établit que, aux fins de l'obligation de déclaration prévue par l'art. 3 du D.Lgs. n° 195/2008, le moment et le lieu où le voyageur doit s'acquitter de cette obligation sont ceux du premier embarquement depuis le territoire italien, même si le vol prévoit une escale intermédiaire dans un autre aéroport italien avant de poursuivre vers la destination finale hors UE.
En d'autres termes, si un passager part de Rome à destination de New York, mais que son vol prévoit une escale à Milan, l'obligation de déclarer toute somme supérieure à 10 000 euros naît déjà à l'aéroport de Rome, au moment du premier embarquement. La logique sous-jacente à cette interprétation est de garantir l'efficacité des contrôles douaniers au point de sortie effective du territoire national (ou d'entrée, dans le cas inverse), en empêchant qu'une escale interne puisse être utilisée pour éluder l'obligation.
Cette ordonnance a des implications importantes pour tous les voyageurs et les opérateurs du secteur, en fournissant des orientations claires et en réduisant l'incertitude juridique. Voici quelques points clés à considérer :
L'ordonnance n° 17088 de 2025 de la Cour de cassation représente un point de référence essentiel pour l'interprétation de la réglementation sur les infractions de change. En clarifiant le concept de « point de passage douanier pertinent » pour les vols internationaux avec escale interne, la Cour suprême contribue à renforcer l'efficacité des contrôles et à protéger les intérêts publics liés à la prévention des activités illicites. Pour les citoyens, cette décision offre une plus grande certitude sur la manière de s'acquitter correctement de leurs obligations, en évitant des conséquences désagréables et en garantissant un voyage serein et conforme à la loi.