Le droit à l'allocation spéciale pour les "victimes du devoir", consacré par l'article 5, alinéa 1, de la Loi n° 206 de 2004, est un avantage crucial. Cependant, comme tout droit, il est soumis à des délais de prescription. Le récent Arrêt de la Cour de Cassation n° 17276 du 26 juin 2025 intervient précisément sur cet aspect, définissant clairement le point de départ du délai de prescription. Une décision essentielle pour les bénéficiaires et pour ceux qui opèrent dans le domaine juridique.
Les "victimes du devoir" sont celles qui, en service (par exemple, forces armées, forces de l'ordre), ont subi de graves blessures ou sont décédées dans des circonstances spécifiques. La Loi 206/2004 leur reconnaît une allocation spéciale, un soutien économique de solidarité, distinct de la réparation du préjudice. Cette somme, bien que pouvant être versée sous forme de rente viagère, est intrinsèquement une prestation "forfaitaire", dont le montant est prédéterminé. Sa nature particulière a été au centre du débat sur la prescription.
Le litige, entre M. (Avocature Générale de l'État) et T., portait sur le point de départ de la prescription pour cette allocation. La Cour d'Appel de Bolzano avait exprimé une orientation ensuite cassée par la Cour Suprême. La Cassation, par l'Arrêt 17276/2025, a réaffirmé un principe cardinal (cf. N° 24819 de 2024), clarifiant sans équivoque la nature et le point de départ du délai de prescription :
L'allocation spéciale pour les victimes du devoir, prévue par l'art. 5, alinéa 1, de la loi n° 206 de 2004, a la nature d'une obligation facultative et non alternative, même si elle est versée sous forme de rente viagère, car elle a pour objet une somme forfaitaire prédéterminée par la loi, avec la conséquence que s'applique la prescription décennale ordinaire, courant non à partir des arrérages individuels, mais à partir du moment où le bénéficiaire a eu connaissance effective des conditions substantielles de la prétention et, si elles se sont produites avant l'entrée en vigueur de l'art. 4 du décret présidentiel n° 243 de 2006, à partir de la date d'entrée en vigueur elle-même.
La Cassation établit que l'allocation est une obligation facultative, non alternative. La prestation due est unique (une somme prédéterminée), même si les modalités de versement peuvent varier. Ceci est fondamental : le droit à la somme globale se prescrit en un seul bloc, non fractionné par chaque échéance. La prescription est la prescription décennale ordinaire (art. 2946 c.c.), avec un point de départ fixé comme suit :
Ce principe est cohérent avec l'article 2935 du Code Civil, qui lie le début de la prescription à la possibilité de faire valoir le droit, garantissant la sécurité juridique.
L'Arrêt 17276/2025 de la Cassation est une référence essentielle pour les victimes du devoir. Il réaffirme que le délai de prescription décennale est unitaire et court à partir de la pleine connaissance du droit, et non de la perception des arrérages individuels. Pour les bénéficiaires, il est crucial d'agir rapidement pour protéger leur droit, éventuellement avec le soutien de professionnels du droit. Cette décision contribue à renforcer la protection des victimes du devoir, en garantissant la clarté dans l'application des normes.