Oblation spéciale et infractions alimentaires : la Cour de cassation n° 25812/2025 clarifie la non-alternativité

Le respect des réglementations dans le secteur alimentaire est crucial pour la santé publique et pour éviter les sanctions pénales. La Cour de cassation, par son récent arrêt n° 25812 de 2025, a apporté une clarification importante concernant deux instruments d'extinction des contraventions alimentaires : l'oblazione speciale (acquittement spécial) prévue par l'art. 162-bis du Code pénal et la procédure d'extinction prévue par la Loi n° 283 de 1962. Une décision qui apporte une plus grande certitude et une orientation stratégique pour les opérateurs et les défenseurs.

L'Arrêt de la Cour de cassation : Le Contexte et la Question

La question juridique soumise à la Cour suprême portait sur la relation entre l'oblazione speciale et la procédure d'extinction spécifique pour les contraventions alimentaires. L'affaire, impliquant l'accusé M. R., avait suscité des doutes interprétatifs quant à la possibilité de choisir librement entre les deux voies. La Section III Pénale de la Cour de cassation, présidée par le Dr G. Andreazza et dont le rapporteur était le Dr E. Gai, a résolu la question par une décision à fort impact pratique.

En matière de discipline pénale des aliments, la faculté de demander l'oblazione speciale consacrée par l'art. 162-bis c.p. n'est pas alternative à celle prévue par les art. 12-ter et ss. loi du 30 avril 1962 n° 283, car elle peut être exercée tant dans le cas où les conditions pour l'application de la procédure prescriptive-extinctive prévue par la loi spéciale ne sont pas remplies, que dans le cas où le contrevenant a décidé de ne pas s'en prévaloir.

Cette maxime de la Cour de cassation est d'une importance fondamentale. Elle clarifie que l'oblazione speciale (art. 162-bis c.p.), qui permet l'extinction du délit par le paiement d'une somme d'argent, n'est pas une alternative exclusive à la procédure d'extinction de la Loi n° 283/1962. Cette dernière, spécifique aux infractions alimentaires, prévoit l'accomplissement de prescriptions imparties par l'organe de contrôle pour régulariser la situation. La Cour a établi que le contrevenant peut se prévaloir de l'oblazione speciale soit lorsque les conditions de la procédure spéciale ne sont pas remplies, soit lorsqu'il a décidé, même si elles sont remplies, de ne pas l'engager. Cela élargit les options de défense et offre une plus grande flexibilité dans la gestion des contraventions alimentaires.

Les Implications Pratiques pour les Opérateurs et la Défense

La décision de la Cour de cassation a des conséquences directes pour les opérateurs du secteur alimentaire et pour les avocats. La non-alternativité des deux procédures signifie que :

  • Flexibilité Stratégique : Même si la procédure d'extinction de la Loi n° 283/1962 était disponible, le contrevenant peut toujours opter pour l'oblazione speciale, peut-être pour une résolution plus rapide ou pour d'autres évaluations de convenance.
  • Étendue des Options : L'oblazione speciale reste une voie praticable même si l'infraction n'est pas réparable par les prescriptions de la Loi 283/1962 ou si le sujet choisit délibérément de ne pas se prévaloir de cette voie.
  • Prévention des Irrecevabilités : La décision évite les interprétations restrictives qui pourraient préclure au contrevenant une opportunité d'extinction du délit, comme cela s'est produit dans l'affaire de Monza (GIP, 17/05/2023).

Cette interprétation favorise l'économie procédurale et le principe du favor rei, garantissant que les différentes opportunités offertes par l'ordre juridique soient pleinement explorables pour la protection des intérêts.

Conclusions

L'arrêt n° 25812 de 2025 de la Cour de cassation est une référence clé pour le droit pénal alimentaire. Il établit clairement que l'oblazione speciale ex art. 162-bis c.p. et la procédure d'extinction de la Loi n° 283/1962 ne sont pas des alternatives exclusives, mais des parcours distincts offrant des options stratégiques pour l'extinction des contraventions. Cette clarté est fondamentale pour les avocats et les entreprises, permettant une gestion plus efficace et informée des problématiques juridiques dans le secteur alimentaire. La consultation de professionnels experts est, plus que jamais, indispensable pour naviguer en toute sécurité dans ce paysage normatif complexe.

Cabinet d'Avocats Bianucci