Le droit pénal italien est un domaine en constante évolution, où l'interprétation des normes est cruciale pour la sécurité juridique. La Cour de Cassation, par son arrêt n° 32132 de 2025 (déposé le 26 septembre 2025), a apporté une clarification fondamentale en matière de délits liés à l'usage d'armes et de matières explosives. Cette décision aborde la question délicate de la 'continuité normative' entre une loi abrogée et une loi nouvellement introduite, un sujet de grande importance qui impacte directement l'application de la loi pénale dans le temps et le principe de légalité.
Le cœur de la décision de la Cour Suprême réside dans la récente évolution législative concernant les délits d'intimidation publique par armes ou explosifs. Précédemment, de tels comportements étaient sanctionnés par l'article 6 de la loi du 2 octobre 1967, n° 895. Le Décret-Loi du 15 septembre 2023, n° 123 (converti avec modifications par la loi du 13 novembre 2023, n° 159) a abrogé l'ancien art. 6 (art. 4, alinéa 2-quinquies) et a introduit dans le Code Pénal le nouvel article 421-bis (art. 4, alinéa 2-quater), intitulé 'Intimidation publique par usage d'armes ou de matières explosives'. Face à cette modification, la question s'est posée de savoir si les comportements auparavant punis par l'art. 6 étaient encore sanctionnables sous le nouvel art. 421-bis, ou s'il y avait eu une abolitio criminis, c'est-à-dire l'abolition du délit.
La Cassation, par son arrêt n° 32132 de 2025, a offert une réponse claire et définitive, affirmant la subsistance de la continuité normative. La Cour, présidée par G. R. et dont le rapporteur était E. T., a partiellement rejeté le recours présenté, confirmant l'orientation déjà exprimée par la Cour d'Appel de Naples. Voici le principe exprimé dans la maxime :
En matière d'intimidation publique par usage d'armes ou de matières explosives, il existe une continuité normative entre le délit visé à l'art. 6 de la loi du 2 octobre 1967, n° 895 et celui prévu par l'art. 421-bis du code pénal, car cette dernière norme incriminatrice, introduite par l'art. 4, alinéa 2-quater, du d.l. du 15 septembre 2023, n° 123, converti, avec modifications, par la loi du 13 novembre 2023, n° 159, reprend sans altération la conduite matérielle et le but spécifique de la première, concomitamment abrogée par l'art. 4, alinéa 2-quinquies, du même décret-loi.
Cette décision est cruciale car elle établit que, malgré le changement de dénomination et de localisation législative, la 'conduite matérielle' et le 'but spécifique' du délit sont restés identiques. L'essence de l'illicite pénal n'a pas changé. La Cassation a ainsi évité qu'un simple remaniement normatif ne se traduise par une impunité pour les faits commis sous l'ancienne loi, garantissant la pleine application des principes de légalité et de non-rétroactivité des normes pénales plus défavorables (art. 2 c.p. et art. 25 Cost.).
Les implications pratiques sont significatives :
L'arrêt n° 32132 de 2025 de la Cassation est un pilier interprétatif. Il confirme que l'analyse des modifications législatives en matière pénale doit privilégier la substance sur la forme. La claire affirmation de la continuité normative entre l'art. 6 de la L. 895/1967 et l'art. 421-bis c.p. réaffirme l'engagement de la jurisprudence à garantir la cohérence et l'efficacité du système pénal italien pour la protection de la sécurité publique.