La Cour de cassation, par son arrêt n° 31133 de 2025, a fourni une interprétation définitive sur la qualification juridique de la mélasse de tabac à narguilé, un produit qui a souvent généré des incertitudes réglementaires. Cette décision est cruciale pour les acteurs du secteur et pour les autorités, car elle délimite avec précision le champ d'application du délit de contrebande et les modalités de détermination du seuil de pertinence pénale.
L'affaire, qui a impliqué l'accusé I. A. A. M., s'est conclue par l'annulation avec renvoi de l'arrêt de la Cour d'appel de Rome. La question centrale portait sur la classification de la mélasse de narguilé dans la catégorie des "tabacs manufacturés" ou "produits assimilés", avec les implications fiscales et pénales qui en découlent.
La mélasse de tabac à narguilé est un mélange de tabac, de mélasse, de glycérine et d'arômes, destiné à être fumé via une chicha. Sa spécificité a rendu complexe sa classification selon la réglementation italienne. Les références clés sont le D.P.R. 23 janvier 1973, n° 43 (art. 291-bis, désormais remplacé par l'art. 84 D.Lgs. 26 septembre 2024, n° 141) et le D.Lgs. 26 octobre 1995, n° 504 (artt. 39-bis et 39-ter). Ces normes définissent les "tabacs manufacturés" et les "produits assimilés", catégories essentielles pour l'application des accises et la configuration du délit de contrebande.
La Cour suprême, par l'arrêt commenté, a levé tous les doutes, établissant un principe de droit sans équivoque. La maxime stipule :
En matière de délits de contrebande, la mélasse de tabac à narguilé, en tant que susceptible d'être fumée sans transformation industrielle ultérieure, entre dans la notion de produits assimilés aux tabacs manufacturés, prévue par les artt. 39-bis, alinéa 2, lettres d) et e), et 39-ter, alinéa 4, d.lgs. 26 octobre 1995, n° 504, de sorte qu'elle est pertinente aux fins de la configuration du crime de contrebande de tabacs manufacturés étrangers, visé par l'art. 291-bis abrogé du D.P.R. 23 janvier 1973, n° 43, remplacé par l'art. 84 du d.lgs. 26 septembre 2024, n° 141. (Dans la motivation, la Cour a précisé que la vérification du dépassement du seuil de pertinence pénale de 15 kilogrammes conventionnels, en l'absence d'unités minimales de conditionnement, doit être effectuée en procédant à la pesée de la substance et du pourcentage de tabac qu'elle contient).
Cette décision est d'une extrême importance. La Cour a établi que la mélasse de narguilé, étant prête à la consommation sans transformations industrielles supplémentaires et contenant du tabac, entre pleinement dans la catégorie des "produits assimilés aux tabacs manufacturés" selon le D.Lgs. n° 504/1995. Par conséquent, son introduction illicite sur le territoire national constitue le délit de contrebande de tabacs manufacturés étrangers.
Un aspect crucial clarifié est la méthode de calcul du seuil de pertinence pénale. Pour la mélasse, en l'absence d'"unités minimales de conditionnement" standard, la Cour a indiqué que le dépassement des 15 kilogrammes conventionnels doit être vérifié par la "pesée de la substance et du pourcentage de tabac qu'elle contient". Cette directive apporte uniformité et certitude aux autorités d'enquête.
L'arrêt n° 31133 de 2025 de la Cour de cassation représente un point d'ancrage essentiel, établissant que :
Cette décision est fondamentale pour lutter contre l'évasion fiscale et le marché illicite, en protégeant les intérêts du Trésor public et la concurrence loyale. Pour tous les opérateurs du secteur, il est impératif de se conformer scrupuleusement à la réglementation. Notre cabinet d'avocats est à votre disposition pour conseil et assistance en matière de droit pénal fiscal et douanier.